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VRD Assainissement autonome par lit de roseaux

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VRD Assainissement autonome par lit de roseaux

5. La SIR (station intermédiaire de relevage) est fournie par Salmson complètement équipée avec la panoplie hydraulique nécessaire et les deux pompes de relevage : active et secours.

Dans les ensembles de bâtiments tertiaires, la solution d’épuration sur lit de roseaux contribue à la protection de l’environnement et fait partie intégrante de la démarche HQE.

Jusqu’à présent, la gestion des eaux usées par assainissement autonome n’était justifiée que dans le cas de sites non-raccordables au réseau public. Depuis que les réseaux collectifs atteignent souvent la limite de leur capacité, les choses évoluent. En effet, étendre ces mêmes réseaux génère des investissements publics majeurs et requiert du temps. Cette réalité se traduit par l’évolution à la hausse continuelle depuis 10 ans des taxes affectées au traitement des eaux usées. Cela constitue aussi un signal financier pour les maîtres d’ouvrage : réduire les rejets d’eaux usées soulage les réseaux et peut conduire à une réduction négociée des taxes afférentes. D’autre part, la démarche HQE (haute qualité environnementale) valorise l’assainissement autonome à travers sa cible 5.3 Gestion des eaux usées. Enfin, il devient évident qu’une construction ne peut être bioclimatique et respectueuse de l’environnement en étant totalement isolée. Son efficacité énergétique et la maîtrise de ses nuisances environnementales dépendent aussi de son implantation et de tous ses rejets.

Cinq fois moins de surface qu’une lagune

L’épuration des eaux usées sur lits de roseaux offre une solution élégante d’assainissement autonome grâce à sa totale intégration dans le paysage. Elle s’avère peu coûteuse, l’économie étant de 20 à 30 % sur les coûts d’investissement par rapport à une station d’épuration intensive classique, et de 40 à 50 % sur les frais de fonctionnement. Pratiquement sans entretien et sans nuisance olfactive, elle consomme nettement moins de surface que le lagunage, autre solution douce fréquemment utilisée. Le système traite les affluents domestiques, à l’exclusion des pollutions spécifiques d’origine agricole (élevages, etc.) ou industrielle. Adaptable à tout ensemble tertiaire, même avec cuisine collective et buanderie : parc d’entreprises, ensemble d’immeubles de bureaux, zone artisanale ou d’activité, hôpital, etc. Il est d’habitude retenu par des petites communes aux moyens financiers réduits, comme celle de Roffiac (Cantal) qui ne compte que 560 habitants.

Techniquement, les eaux usées traversent, en les irriguant, les filtres à roseaux et un lit de graviers. Elles subissent un triple traitement physique, chimique et biologique appelé « phytoépuration ». Une fois filtrées, absorbées et décomposées par cet écosystème, les eaux retournent à la nature par infiltration dans le sol. Elles sont alors à un niveau de qualité « eaux de baignade » ou D4. C’est-à-dire « acceptable par le milieu naturel », aux termes de la Directive cadre eau, transposée en droit français par la loi du 21 avril 2004. Les bassins plantés de roseaux sont étanchés pour éviter les fuites et contrôler la qualité des eaux rejetées. Cette station d’épuration à filtres plantés de roseaux et à flux vertical est constituée de deux étages en série, eux-mêmes composés de quatre et deux filtres en parallèle, fonctionnant en alternance. L’objectif de l’alternance est de minimiser le colmatage du filtre en ménageant des phases de repos qui permettent une minéralisation de la matière organique accumulée. Le temps de repos nécessaire au premier étage est d’environ deux fois le temps de fonctionnement. Il est donc composé au moins de trois lits en parallèle. Pour le second étage, les temps de repos et de fonctionnement sont équivalents : deux lits suffisent.

Un entretien majeur tous les 15 ans

La surface de roseaux à prévoir est de 2 à 3 m² par « équivalent-habitant ». Un équivalent-habitant représente un débit d’eaux usées de 150 l/jour. Pour un ensemble tertiaire de bureaux, sans cuisine collective, ni buanderie, on compte classiquement 30 l/jour par occupant. Avec une cuisine collective, on atteint 50 l/jour et 80 l/jour avec cuisine et buanderie dans le cas d’un hôpital, par exemple. Donc, pour un ensemble de bureaux de 1 000 personnes sans cuisine, la surface de roseaux nécessaire pour une épuration efficace serait de 1 000 m², avec cuisine elle atteindrait 1 600 m².

La station de Roffiac a été dimensionnée pour 450 équivalent-habitants et comporte deux étages de champs de roseaux, d’environ 1 000 m² chacun. Pour la même efficacité, une lagune aurait occupé une surface supérieure à 1 ha (10 000 m²). La commune a investi au total 455 000 e dans son aménagement, mais seulement 280 000 e HT pour la station sur lit de roseaux proprement dite. Le reste a été consacré à la réfection et à la réorganisation du réseau communal d’eaux usées.

Cette réfection comporte l’aménagement de 2 410 m de canalisations gravitaires, de 38 regards de visite, de 23 branchements de particuliers qui n’étaient pas encore raccordés au réseau collectif, de deux postes de refoulement, de 375 ml de canalisations de refoulement et d’un déversoir d’orage. Pour cette chaîne d’assainissement, Salmson a équipé 3 postes avec des stations intermédiaires de relevage (SIR) : 2 postes de collecte des effluents provenant des zones d’habitation pour les rapprocher de la station de traitement (SIR Delta Polyester et SIR Polyéthylène) et 1 poste d’arrivée des effluents en tête de station avant traitement (SIR Delta Polyester). Les SIR Salmson mises en place sont des cuves de grande capacité incassables et résistantes, dotées de pompes et de flotteurs. Elles relèvent les eaux usées de la station. Chaque poste comporte 2 pompes : 1 pompe de marche et 1 pompe de secours. Les SIR sont dotées de flotteurs réglables selon les effluents. Des coffrets de commande et de protection Salmson gèrent les pompes par microprocesseur, surveillent les niveaux et protègent les moteurs contre les surintensités, les surcharges thermiques et la marche à sec. L’épuration est réalisée par aérobie dans des milieux granulaires fins (sables) à grossiers (graviers). On ne procède pas au renouvellement régulier du massif filtrant, ni à son lavage pour l’évacuation des boues biologiques produites au sein des filtres. Ces boues déshydratées sont évacuées tous les 15 ans environ, au moment de la replantation des roseaux. Les boues produites en amont des filtres à roseaux, sur le premier radier de la station, par exemple, sont recueillies et évacuée. Hormis ces évacuations, deux types d’entretien sont nécessaires : premièrement, celui des pompes et des stations de relevage de l’installation ; deuxièmement, le désherbage des lits de roseaux. Ils peuvent en effet avoir tendance à être colonisés par des plantes hydrophiles dont l’accumulation réduit l’efficacité de la filtration. Le désherbage se réduit à un arrachage, aucun pesticide n’est utilisé. L’ensemble du processus est parfaitement neutre vis-à-vis de l’environnement et produit une eau suffisamment propre pour qu’elle puisse retourner à la nature par infiltration dans le sol.

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