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Voile courbe de béton blanc pour une médiathèque

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Voile courbe de béton blanc pour une médiathèque

Les ouvrants pompiers sont composés d’un parement en béton fibré ultrahautes performances de couleur blanche pour s’intégrer dans le voile (Ductal de Lafarge). Ils sont remplis de panneaux-sandwiches de 32 mm d’épaisseur en polystyrène extrudé recouvert de deux tôles d’aluminium prélaquées blanches (Sunclear). (Doc. Lisa Ricciotti.) Les ouvertures oblongues qui parsèment le voile sont constituées d’un double vitrage feuilleté autonettoyant de 28 mm d’épaisseur. (Doc. Lisa Ricciotti.) Des tours d’étaiements de 12 m de haut ont été nécessaires afin de réaliser la casquette en béton blanc destinée à coiffer le mur-rideau. (Mairie de Colomiers/Yann Gachet.)

La récente médiathèque de Colomiers, en Haute-Garonne, tranche avec l’architecture rigide environnante en se parant d’un voile périphérique de béton blanc tout en courbes et sinuosités.

Né de la volonté de la commune de donner l’accès à la culture au plus grand nombre, l’édifice regroupe désormais l’ensemble des quatre bibliothèques de Colomiers (31) et l’espace des arts pour ne former qu’un centre unique réunissant une médiathèque et un centre d’art contemporain. Construit sur une parcelle exiguë bordée de voies publiques sur trois faces, l’ouvrage se courbe pour en épouser les formes. « Le bâtiment aux lignes courbes trouve naturellement sa place dans la logique urbaine, en créant une relation immédiate et sensorielle avec son environnement », explique l’architecte Rudy Ricciotti.

L’édifice se caractérise par des murs donnant l’image d’une peau perforée qui se galbe et s’enveloppe. Les formes lisses en béton blanc unique, la façade en verre et la toiture percée d’une verrière, allient esthétique et technicité. S’inscrivant dans l’aménagement du parvis de l’hôtel de ville, la médiathèque de Colomiers est habillée sur les faces nord, sud et est d’un voile périphérique de béton blanc et d’une façade principale en verre à l’ouest donnant directement sur le parvis de l’hôtel de ville.
Organisé autour d’un atrium central surmonté d’une verrière et délimité par des poteaux mixtes métal-béton de grande hauteur (10,70 m), il dessert les différentes sections du bâtiment. D’une superficie totale de 5 830 m² hors stationnement, le bâtiment s’articule autour de 4 niveaux, dont 400 m² sont voués au centre d’art contemporain, 1 800 m² à la médiathèque, 300 m² aux espaces communs et 300 m² aux services internes.

Béton autonettoyant et autoplaçant

Les parties latérales de l’édifice forment un voile continu de 25 cm d’épaisseur, d’une surface de 1 920 m² aux formes courbes de 150 m de long sur environ 13 m de haut. La base du voile est linéaire et s’incline en hauteur dans les sens intérieurs et extérieurs de manière aléatoire, les plis oscillent de part et d’autre d’un axe vertical avec des faux aplombs pouvant atteindre les 2 m. Des ouvertures oblongues de tailles variées sont disposées de manière aléatoire sur la paroi et des portes en béton fibré ultrahaute performance de couleur blanche destinées à l’accès pompier épousent la forme du voile.
En raison des contraintes techniques, le choix s’est porté sur un béton autoplaçant et autonivelant brut de décoffrage. Ses avantages techniques et sa texture fluide permettent, en effet, de couler des voiles sur des linéaires et des hauteurs plus importants avec un parement soigné. Les coffrages sont ainsi remplis de manière plus homogène et particulièrement autour des mannequins. Le cahier des charges très précis imposait en outre que le rendu final soit lisse, uniforme et sans bullage. Laissé volontairement brut, le béton une fois coulé ne devait pas nécessiter de ragréage. Par ailleurs, les dimensions et la forme de l’ouvrage ne permettaient pas le recours à la vibration par aiguille de coulage. L’entreprise Lafarge a donc travaillé sur une formulation permettant une rhéologie maîtrisée du béton Agilia Vertical. Le coulage a été réalisé à la pompe en faisant passer le béton dans un tube plongeur inséré dans le ferraillage des voiles. Une fois l’opération terminée, le tube a été laissé en place dans la structure. Des capteurs de pression placés sur les banches ont permis de vérifier le bon déroulement de la mise en œuvre. Les propriétés autonettoyantes de ce béton blanc empêchent toute prolifération de matériaux organiques et limiteront dans le temps son entretien.

Mise en œuvre complexe

Le caractère unique de ce voile aux dimensions exceptionnelles a impliqué un coulage en quatre phases, séparées par un joint de dilatation allant de 26 m de long pour la levée la plus courte et 50 m de long pour la levée la plus longue. « La deuxième phase a été la plus complexe du fait de l’alternance des inclinaisons intérieures et extérieures, explique Michel Murat, conducteur de travaux principal chez Cari. Les caissons négatifs sur mesure ont donné la forme définitive du voile en laissant un vide d’une vingtaine de centimètres pour le coulage du béton. Le ferraillage a été calculé afin de rendre le voile autostable, une fois décoffré et après obtention de la bonne résistance du béton, à l’issue de quatre à cinq jours. » Après la mise en place des coffrages pour la face extérieure composés de négatifs en bois et de banches de 1,46 à 2,40 x 12,94 m (l x h), le ferraillage et les mannequins ont été posés. L’opération s’est achevée par l’installation des coffrages de la face intérieure avant le coulage du béton.
C’est l’entreprise Gradel, spécialisée dans les coffrages spéciaux en bois, qui a été sollicitée pour la réalisation des coffrages et des mannequins. Conçu pour supporter 15 t/m², le coffrage était constitué de 150 caissons adaptés à la largeur des banches de formes différentes, fixés sur 44 banches équipées. La face intérieure des caissons a été particulièrement soignée avec l’application de trois couches de résine pour un rendu lisse. Lors de la mise en place des coffrages, les joints d’assemblage ont été directement traités sur chantier.
Pour l’étaiement, le choix s’est porté sur des étais Triplex R et des étais classiques de Meva. Ainsi, 80 étais Triplex R de 10-11 m, 80 de 6-7 m et 80 étais classiques ont été nécessaires pour étayer les coffrages lors du coulage et soutenir les voiles inclinés après le décoffrage. Triplex R est un étai oblique tirant-poussant pour l’étaiement et l’ajustement d’un coffrage de grande hauteur (> 6 m). Il s’ajuste par assemblage de modules standard de longueurs différentes et peut être adapté en fonction des besoins du projet à la base de modules préassemblés ou de pièces de base.

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