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Vitrines : combiner transparence et protection

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Vitrines : combiner transparence et protection

Pour un éclairage de nuit, un vitrage clair est particulièrement efficace.

© (Doc. Saint Gobain Glass.)

Le choix d’une vitrine est soumis à différents impératifs, comme la nature du commerce ou l’emplacement du magasin. Si la transparence est une qualité première du verre, il faut aussi prendre en compteles aspects de réflexion et de sécurité.

Les vitrines de magasins ont comme objectif premier la mise en valeur des marchandises. Elles doivent donc offrir une parfaite transparence, sans déformation. Mais leur rôle s’étend aussi à la protection climatique comme sécuritaire. « En revanche, elles sortent complètement des exigences de la réglementation thermique », explique Olivier Douard, délégué technique de la FFPV (Fédération française des professionnels du verre). « Pour autant, les déperditions qu’elles génèreront devront être compensées par d’autres dispositions de chauffage ou de refroidissement selon les saisons. Il est évident qu’un double vitrage augmenterait les risques de réflexion et brouillerait la vue de l’extérieur vers l’intérieur. » Par ailleurs, la nature du commerce aura une certaine importance dans le choix du vitrage qui pourra répondre à des exigences spéci­fiques. Dans le cas des fleuristes, il est possible de faire appel à des verres chauffants afin d’éliminer la condensation, comme dans les piscines. C’est un complément efficace à la ventilation qui permet de ne pas « surdimensionner » celle-ci. Globalement, les vitrages auront essentiellement à répondre à des exigences de transparence et de sécurité contre les accidents autant que contre les effractions.

Vitrage ou VEA

Couramment, la vitrine de ­magasin est constituée d’une ou de plusieurs vitres dont les dimensions maximales sont fixées par les possibilités des fours industriels (un maximum de 6 x 3,21 m). L’épaisseur dépend de la nature du verre lui-même. L’ensemble des caractéristiques du produit fait l’objet de définitions très précises indiquées dans le DTU 39 qui indique également les modes de pose réglementaire et les prescriptions à suivre pour l’étanchéité, la signalisation. La tendance à créer de grands halls d’exposition (fréquents, par exemple, pour les concessions automobiles) a généré l’utilisation des façades-vitrines en VEA (verre extérieur agrafé). Il s’agit de structures métalliques de câbles tendus sur lesquels sont fixés des verres et qui obéissent aux règles professionnelles de montage de ce type d’ouvrage. Les dimensions y sont très variables et peuvent être supérieures à celles des vitrines classiques. Les épaisseurs sont comprises entre 6 et 25 mm. Et il est même possible d’obtenir des VEA bombés. Dans tous les cas, la recherche de la plus grande transparence passe par celle de la plus grande dimension possible des vitrines, en évitant tout élément de montage intermédiaire, poteau ou traverse. C’est là que le VEA a sa place car les câbles tendus qui soutiennent les vitrines sont quasiment imperceptibles.

Recherche de transparence et luminosité

Certaines vitrines présentent des qualités de transparence exceptionnelles. Elles les doivent à des vitrages extraclairs qui sont obtenus à la fabrication par l’utilisation de la silice dans laquelle on a retiré les oxydes ferriques et ferreux qui donnent habituellement la couleur verte, repérable dans les verres en forte épaisseur. On obtient ainsi des transmissions d’environ 90 % de la lumière quand un verre ordinaire ne laisse passer que 80 à 85 %. Ces verres – également exploités dans des installations coupe-feu – ont une épaisseur de 6 à 7 cm et leur surcoût (en fourniture seulement) est d’environ 40 %. Mais la transparence est aussi obtenue en diminuant l’effet de réflexion. Il existe des produits de très haute gamme (souvent beaucoup plus coûteux) souvent feuilletés pour éviter la réflexion de part et d’autre de la paroi vitrée. Avec du verre standard, il existe une disposition particulière, utilisée par les miroitiers, qui permet non pas de supprimer la réflexion mais ses effets. Elle consiste simplement à donner à la vitrine une ­légère inclinaison vers le bas. En milieu urbain où les trottoirs sont souvent de couleur sombre, c’est le sol qui se reflète, pas la vitrine illuminée du magasin d’en face. Face au ­soleil, les grandes surfaces vitrées présentent deux inconvénients majeurs : l’échauffement dû à la lumière et le fanage de certaines marchandises sous l’effet des ultraviolets. Le verre feuilleté permet de pallier cet inconvénient en stoppant 90 % des UV. Un résultat qui peut aussi être obtenu, cette fois à 100 %, avec des films spécifiques appelés films PVB (butyral de polyvynil). C’est au stade de la conception qu’il faut prévoir les dispositions pour éviter la « casse thermique », c’est-à-dire la rupture du verre sous l’effet de dilatations différentielles. Pour cela, le repérage des zones d’ombres est nécessaire (y compris les ombres portées comme ­celles des arbres). On évitera aussi l’installation de dispositifs de chauffage puissants à proximité de zones exposées. La « casse thermique » peut aussi avoir pour cause des peintures temporaires (en particulier au moment des fêtes de fin d’année). Dans les zones de fortes expositions, le passage au verre trempé s’impose.

Protection et antivandalisme

La protection des personnes consiste essentiellement à choisir un verre qui ne blesse pas en cas de bris de glace. Trempé ou feuilleté, le verre de sécurité remplit cette fonction. Sa présence est obligatoire dans les zones ­dites à risque comme à proximité des portes du magasin. Paradoxalement, il est plus difficile de lutter contre le vandalisme ou les agressions. Le vandalisme se traduit par des jets d’objets ou par des rayures. L’agression par des tentatives de bris de verre pour pénétrer dans le magasin. Contre les rayures, il est difficile de trouver des parades. Aucun verre ne présente de qualité suffisante de résistance en surface. Le polissage est praticable mais la qualité optique après intervention ne sera jamais à la hauteur de celle de la vitre neuve. Il existe aussi des films plastiques protecteurs qui encaissent tout ou partie de la rayure. Mais à chaque dégradation, il est ­nécessaire de remplacer le film. Contre la tentative d’effraction, la seule solution réside dans le verre retardateur, presque systématiquement employé en vitrine. Les caractéristiques en sont définies par la norme EN 356 et et dépendent du degré de protection attendu. Dans ce domaine, il existe une offre importante en verre feuilleté dont les épaisseurs vont de 10 à 27 mm.

De la taille de la vitrine, ou plus exactement de la dimension et donc du poids de la plaque de verre et de l’esthétique choisie, dépendent la nature de son cadre et le mode de fixation. Si le poids est important, l’acier sera favorisé, mais il est possible d’utiliser l’aluminium ou le bois dès lors que les charges sont ­suffisamment reprises. Les profils utilisés qui appartiennent aux gammes classiques des gammistes sont des profils à parclose, clipsés ou serrés. Pour laisser la dilatation libre, l’ossature est ­généralement fixée en partie haute et la partie basse peut évoluer librement grâce à des fixations à trous oblongs. Pour des raisons de facilité de mise en œuvre, la grande majorité des vitrines est parclosée par l’extérieur.

Cela pourrait paraître contraire à la sécurité en facilitant le démontage. Mais, en réalité, un joint silicone est réalisé par dessus et le retrait rend quasiment impossible une dépose rapide et discrète. Cette disposition est presque meilleure pour l’étanchéité à l’eau. Il est aussi possible d’avoir des parcloses des deux côtés. Les installations font appel à de plus en plus de moyens techniques sophistiqués. Pour donner un exemple, une entreprise qui change une série de panneaux de 5,35 x 2,95 m, ­pesant environ 590 kg, utilise deux échafaudages, deux nacelles, une grue et un palonnier à ventouse. Six compagnons (quatre miroitiers, un soudeur et un grutier) travaillent sur ce chantier.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°273

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