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Vitrage : les VIR deviennent la norme

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Vitrage : les VIR deviennent la norme

© (Doc. Interpane/Siège d’Arte à Strasbourg.)

Augmenter les surfaces vitrées tout en respectant la réglementation thermique, une problématique qui suppose des vitrages de qualité générant économies d’énergie, quelle que soit la saison. Deux critères auxquels répondent les vitrages à isolation renforcée (VIR).

De tous les matériaux du bâtiment, le verre est l’un de ceux qui a le plus évolué ces dernières années. Effectivement, on exige de lui toutes les performances, si possible en même temps : transparence, thermique renforcée, mais aussi sécurité, fonctions autonettoyantes, acoustique et, de plus en plus souvent, contrôle solaire. Parallèlement, on assiste à une augmentation générale des surfaces vitrées, dans l’habitat comme dans le secteur tertiaire, et à un renforcement permanent des réglementations thermiques.

Action directe sur le rayonnement

Dans ce contexte, le vitrage à isolation renforcée (VIR), dénommé aussi vitrage peu émissif, a incontestablement un rôle à jouer. Ainsi, ses caractéristiques thermiques, jusque-là inégalées, sont quasiment identiques à celles d’un mur massif ou isolé. Il peut être jusqu’à trois fois plus performant qu’un vitrage isolant ordinaire. D’où des économies non négligeables, estimées entre 10 et 20 % de la consommation d’énergie habituelle (entre 800 et 1200 KWh selon le logement et la région). Selon le Cstb, la performance thermique des VIR permet d’augmenter d’un tiers la surface vitrée, pour une même dépense énergétique. Et selon les industriels, réunis depuis 1995 au sein du Groupement VIR, ce type de vitrage procure plus de liberté par rapport au taux de référence retenu par la réglementation RT 2000 en matière de surface vitrée : 50 % de la façade en tertiaire et 25 % en résidentiel. Économies d’énergie, augmentation de la luminosité et donc du confort, mais aussi éclairage naturel font de ces vitrages des systèmes qui s’inscrivent totalement dans une démarche environnementale de type HQE.

Cette technologie, qui date du début des années 80 et ne cesse d’évoluer, se caractérise par une action directe sur le rayonnement, un paramètre important de déperdition d’énergie. Un double vitrage n’agit que sur les pertes dues à la conduction et à la convection. En agissant sur le rayonnement, les VIR jouent sur les trois éléments fondamentaux de transfert d’énergie thermique.

Pour obtenir ces caractéristiques, ils sont composés d’une mince couche d’argent ou d’oxydes métalliques à base de nickel, déposées sur l’une des faces intérieures d’un double vitrage, le plus souvent la surface externe du vitrage intérieur. Deux procédés permettent d’effectuer le dépôt de cette couche : le dépôt pyrolytique à la sortie du four, à la température de 700°C (appelée couche dure), ou sous vide par bombardement électronique dans des enceintes spéciales (couche tendre). Ces couches font office de barrière thermique à l’intérieur même du double vitrage, en renvoyant la chaleur vers l’intérieur du bâtiment. Des performances accrues en remplaçant la couche d’air entre les deux vitres par un gaz rare comme l’argon. Ces gaz, insensibles aux rayonnements ultraviolets, présentent une meilleure résistance thermique que l’air.

Préserver le confort d’été

Mais les caractéristiques des VIR ne se limitent pas à leur qualité thermique pour le confort d’hiver. Ils jouent également un rôle important dans le confort d’été. En réduisant notamment les apports énergétiques excédentaires. Pour Sophie Brindel-Beth, architecte Dplg, chargée de la démarche environnementale des grands projets : « Les VIR peuvent associer l’intérêt d’une couche peu émissive, qui contribue au confort d’hiver, à un bon facteur solaire qui préserve le confort d’été, en la plaçant en face 2 du double vitrage, c’est-à-dire du côté extérieur de la lame d’air. En construction neuve comme en réhabilitation, il faut donc développer la stratégie suivante : pour les fenêtres exposées au soleil, la couche peu émissive est placée de préférence en face 3, si l’on veut utiliser le gain thermique. En revanche, les couches, qui associent les deux fonctions basse émissivité et facteur solaire bas, seront placées de préférence en face 2 pour limiter les apports de soleil. » Caractéristique importante quand on sait que la production d’une frigorie coûte six à sept fois plus cher que celle d’une calorie. Ce type de vitrage apporte donc une contribution non négligeable dans les bâtiments climatisés. Mais attention, il ne saurait se substituer à un contrôle solaire. Viennent alors en renfort les stores roulants et brise-soleil mobiles qui assurent protection contre le rayonnement donc économies.

Comme tous les doubles vitrages classiques, les VIR peuvent proposer d’autres fonctions complémentaires telles que renforcement de l’isolation acoustique, sécurité des biens et des personnes, protection contre l’incendie. Les contraintes croisées de type acoustique thermique et sécurité, c’est aujourd’hui la seconde grande tendance en matière de vitrage. Les nouvelles générations de vitrages acoustiques comprennent deux ou plusieurs feuilles de verre, assemblées par un ou plusieurs films PVB invisibles.

Pour les professionnels, comme pour les particuliers

Ces derniers, particulièrement tendres, agissent comme un amortisseur contre le bruit. Le tout sans altérer la transparence et la clarté du verre et, bien sûr, sans nuire à ses qualités thermiques. Montés en double vitrage pour des applications en façade, ils apportent, à épaisseur égale, un gain moyen acoustique Rw de 2 à 5 dB par rapport à un vitrage monolithique ou feuilleté classique. Ce type de produits assure en plus, via le film plastique, une protection contre les risques de blessure, ainsi qu’une barrière résiduelle en cas d’effraction. Préconisés pour les particuliers comme pour les professionnels, en double vitrage classique, à isolation thermique renforcée ou assemblés en double vitrage avec des verres de protection solaire, autonettoyants, colorés, décorés ou dépolis, ils s’adaptent à n’importe quel type de bâtiment.

Et comme tous les produits bâtiment, le verre n’échappe pas lui non plus à l’approche environnementale dans la conception et les modes de fabrication du produit. De nouvelles générations de vitrage, exemptes de plomb et de cadmium, sont des tentatives qui vont dans ce sens. Quoi qu’il en soit, le vitrage aura, dans l’avenir, une place prépondérante dans tous les domaines, y compris en structure.

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