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Vidéosurveillance La révolution des caméras pilotées à distance

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Vidéosurveillance La révolution des caméras pilotées à distance

(Docs. Axis Communications,Altetia, Grindig.)

Investir dans un système de vidéosurveillance urbaine, à la fois robuste et intelligent, demande de bien définir ses besoins et de ne pas négliger la phase d’études.

Ces dernières années, le développement de la vidéosurveillance urbaine a été encouragé par le Gouvernement français. La loi a en particulier défini des obligations minimales de qualité des enregistrements, y compris nocturnes et de mise à disposition des images stockées, associées à des informations précises sur la date et le lieu d’enregistrement.

Ainsi, la loi du 14 mars 2011 indique que le format d’image doit posséder une résolution supérieure ou égale à 704 x 576 pixels, ou permettant l’extraction de vignettes de visage d’une résolution minimum de 90 x 60 pixels, et ce, avec une fréquence minimale de douze images par seconde. Techniquement, la révolution est venue des caméras numériques, pilotées à distance sur réseau IP et dotées de fonctions dites « intelligentes » de traitement de l’image et du son, par exemple pour la reconnaissance de plaques d’immatriculation ou la détection d’une intrusion dans un lieu interdit au public.

Sur le terrain, les besoins diffèrent entre les grandes agglomérations et les petites municipalités qui ne peuvent ni investir dans un réseau filaire, ni financer un centre de surveillance en continu.

« Tout projet démarre par une définition correcte des besoins : veut-on procéder à une levée de doute, exercer une surveillance continue, ou programmer des patrouilles vidéo aléatoires ? Ou encore asservir l’enregistrement à la détection d’un événement, résume Francis Serrano de Securitas Alert Services. Dans nos prestations, la vidéo­surveillance est utilisée en complément d’un système d’alertes, par exemple la détection automatique d’une effraction déclenche une alarme et transmet une vidéo, permettant de déterminer quelle attitude prendre et éventuellement de prévenir les forces de l’ordre. »

Tout système de vidéo-surveillance urbaine doit avant tout stocker les enregistrements, afin d’aider à l’élucidation des infractions en temps différé. Plus coûteuse à mettre en place et plus complexe à organiser, la vidéoprotection des personnes et des biens passe par un CSU (Centre de supervision urbaine) organisé pour traiter en temps réel les alertes.

Les yeux de la Toile

Le numérique a bouleversé les habitudes d’un secteur qui a longtemps misé sur la robustesse de l’analogique. La définition des capteurs CMOS des dernières générations de caméras digitales se mesure en MegaPixels (plusieurs millions de pixels) et peuvent fournir soit des images à très haute résolution mais à très faible cadence, soit un flux vidéo HD (Haute définition) ou SD (Définition standard) à 25 ou 30 images par seconde. Le processeur interne de la caméra compresse le flux, afin de réduire la bande passante nécessaire à sa transmission, ainsi que la volumétrie du stockage.

La guerre des formats continue à faire rage entre les principaux codecs, H.264, MPEG-4 ou MJPEG. L’offre commerciale est très étoffée avec en particulier Sony, Panasonic, Pelco de Schneider Electric, Bosch, Grundig, JVC, Vicon, Samsung, Sanyo, Axi ou Mobotix... Certains comme Nexvision, qui fabrique des cartes, sont capables de proposer du sur-mesure, d’autres investissent un créneau à l’instar de Storvision, dont la caméra Roburcam particulièrement résistante peut être placée à hauteur d’hommes ce qui facilite la reconnaissance des visages. Les caméras peuvent être classiques ou sous dômes, fixes ou mobiles motorisées, avec une optique à plus ou moins longue focale et un zoom plus ou moins puissant, un chauffage interne pour résister au froid, une haute sensibilité nocturne avec un éclairage infrarouge intégré, un pilotage à distance. Enfin, les fonctions peuvent être évoluées, masquage de zones, alertes automatisées, détection de visages ou de mouvements...

En extérieur, la caméra doit absolument posséder une classe de protection IP66 et fonctionner jour et nuit. Le dôme, de par sa robustesse et sa maintenance réduite, est très apprécié. Mais attention met en garde Patrice Ferrant, directeur commercial de Mobotix France : « De nombreuses collectivités sont mécontentes, car elles ont installé des dômes motorisés, avec un angle de prise de vue de 40°, et l’opérateur dégrade le contenu en déplaçant l’axe ou en zoomant. Or, les enregistrements doivent pouvoir servir a posteriori. » La solution préconisée est d’installer des caméras avec des angles de prise de vue assez larges, et de se déplacer et de zoomer dans l’image numériquement et non avec l’optique.

Une bonne réponse est aussi celle apportée par la caméra Sony DH260. Avec son capteur de 3 mégapixels, elle peut en sortie délivrer en parallèle deux flux vidéo standards SD, un de l’image dans sa globalité et un de la partie zoomée numériquement. « Trois points importants sont prioritaires à mes yeux, milite Dominique Legrand, président de l’AN2V (Association nationale de la vidéoprotection). La vision doit être à 360° avec une très haute résolution et des fonctions de détection en temps réel. Une résolution insuffisante de l’image ne permet ni de zoomer, ni de reconnaître les visages... »

L’intelligence vient aux caméras

Les caméras se sont enrichies de toute une batterie de fonctions de correction de l’image en temps réel, comme la correction du grain ou le rehaussement du piqué de l’image..., ainsi que le masquage de zones, afin de respecter laloi et d’exclure les zones privatives comme les fenêtres d’habitation.Un peu plus sophistiquée, la détection de mouvements est pratiquée dans les ruelles peu passantes de petites communes, de préférence la nuit ou pour protéger l’accès à un bâtiment. Son intérêt est double. Le premier est d’optimiser la bande passante et la volumétrie du stockage, et le second d’alerter. L’enregistrement des images est continu, mais en cas de détection d’un mouvement, le système augmente automatiquement la qualité des images et leur fréquence. L’analyse peut aussi être comportementale, afin de détecter et de prévenir les actes délictueux, agressifs, voire suicidaires sur les ponts ou en haut des tours. Le son peut aussi être analysé. La jeune société francilienne Orelia s’est ainsi spécialisée dans la détection de bris de verre, d’aboiements, de hurlements ou de coups de feu. Les fabricants de caméras ne pouvant d’ailleurs pas assumer seuls le fait de répondre à l’ensemble des besoins (détection d’intrusion, d’agression, de départ d’incendie, lecture automatisée des plaques d’immatriculation, reconnaissance faciale...), certains comme Mobotix ou Axis ouvrent leurs caméras aux développeurs de sociétés tierces.

La souplesse du réseau Ethernet

Les caméras numériques avec leurs adresses IP se connectent sur n’importe quel réseau Ethernet, filaire ou sans fil. Le pilotage des caméras et le visionnage des images peuvent ainsi se faire à distance depuis n’importe quelle station (ou terminal mobile) connectée au réseau de manière sécurisé. Dans ces conditions et comme le Gouvernement impose un stockage digital des images, les collectivités équipées en analogique basculent progressivement vers le numérique, avec en phase de transition des systèmes hybrides. Pour construire le réseau par lequel transitent les flux vidéo jusqu’à leur lieu de stockage et de visionnage, les grandes agglomérations jouent la fiabilité avec des fibres optiques. Les petites municipalités qui hésitent à effectuer de coûteux travaux de génie civil, se tournent soit vers le réseau ADSL existant, soit vers un réseau radio léger à déployer de type Wi-Fi ou WiMAX (Alvarion, Motorola...).Plus souple et moins coûteux, le sans fil est néanmoins plus complexe à configurer, à fiabiliser, et l’extension ultérieure du réseau nécessite de garder le matériel du même fabricant. De plus, il faut prévoir une alimentation électrique pour chaque caméra, alors qu’un réseau Ethernet filaire permet d’alimenter les caméras par PoE (Alimentation par Ethernet).

La surveillance... sans la protection

Avec la transmission radio, la bande passante n’est de plus pas garantie et les conditions atmosphériques peuvent perturber le signal. Patrice Ferrant concède ainsi que : « plus de 30 % de nos réseaux sont sur ondes radio, pouvant être, en effet, brouillées. Mais, en cas de perte de la transmission, les images sont bufférisées, et stockées temporairement sur la carte mini SD de la caméra.

Par défaut, la mémoire de la caméra est de 4 Go, mais peut monter jusqu’à 64 Go, assurant une autonomie de trois jours d’enregistrement en continu ».

Les flux vidéo captés par le réseau de caméras sont transmis sur le serveur d’un local technique centralisé et sécurisé, où les images sont conservées au moins trois jours, en moyenne une semaine.

Les fabricants de caméras fournissent maintenant presque gratuitement ou presque leur solution logicielle de gestion, d’enregistrement et de visionnage des flux vidéo, installée sur le PC d’exploitation.

Il existe des alternatives inter-opérables avec toutes les caméras compatibles ONVIF (Open Network Video Interface Forum) comme RSM (Real Shot Manager) ou Milestone. « Il est indispensable d’installer sur le serveur un logiciel ouvert, confirme Gérard Klein, directeur service clients chez ECS (Groupe Resadia), selon que l’utilisateur souhaite un dôme mobile ou fixe, de nuit ou de jour, à contre-jour. Des marques différentes peuvent répondre au mieux, ce qui demande une ouverture du système de gestion. Milestone, par exemple, a l’avantage d’être un système interconnectable avec tous types de caméras, contrairement à certains produits qui ne fonctionnent qu’avec des marques données. »

Ceci pour l’enregistrement. Seules les municipalités les plus importantes peuvent dégager les moyens financiers et humains, pour payer du personnel formé et habilité, afin de demeurer derrière les écrans du CSU (Centre de surveillance urbain). Pourtant, pour passer de la surveillance à la protection, il faut se donner les moyens de pouvoir intervenir rapidement à la suite d’une alerte.

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