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VERSAILLES Une bibliothèque universitaire lumineuse et transparente

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VERSAILLES Une bibliothèque universitaire lumineuse et transparente

À l’extrémité sud, l’une des deux failles, opérant un lien avec l’édifice fragmenté, est vitrée sur toute sa hauteur et sert d’espace d’accueil et de distribution vers les bureaux situés de chaque côté. (Doc. David Bourreau.)

Pour rendre attractif et convivial cet équipement culturel, les architectes ont conçu un volume unitaire et ouvert qui, baigné de lumière naturelle provenant des façades vitrées et des sheds de toiture, offre calme, sérénité et qualité d’accueil au public.

Située au cœur du campus de Versailles -Saint-Quentin-en-Yvelines (78), la bibliothèque universitaire des sciences et techniques a été dessinée par les architectes Marie-Hélène Badia et Didier Berger et a ouvert ses portes en janvier 2013. Cet équipement public se trouve sur une ancienne propriété ayant appartenu à la famille du constructeur d’automobiles Panhard.

L’édifice, qui prend place entre le parc boisé existant et des terrains de sports, permet d’articuler ces deux espaces entre eux. Mesurant 25 m de large par 60 m de long et 10 m de haut, le bâtiment parallélépipédique couvre une Surface hors œuvre nette de 4 011 m2, pour un coût d’investissement de 7,05 M€ HT.
Côté programme, l’ouvrage se compose de trois entités : l’accueil, les services et les salles de consultation. Si le rez-de-jardin comporte un premier plateau de lecture et des locaux techniques, le rez-de-chaussée abrite le hall d’accueil du public, ainsi qu’une mezzanine pourvue de postes de travail individualisés. Alors que le premier étage loge une seconde salle de lecture et des bureaux, et le dernier niveau les magasins et d’autres espaces tertiaires. L’équipement recèle 350 places assises et une soixantaine de postes informatiques en libre accès, ainsi que des espaces de détente et une cafétéria. À noter que les espaces intérieurs conviviaux et dominés par le béton clair et les plafonds blancs, sont baignés de lumière du jour. Malgré la place prépondérante des outils informatiques, la bibliothèque d’aujourd’hui demeure plus « un lieu de vie que de conservation de livres », où « l’ouverture et la variation des plateaux sont une garantie pour ménager toutes les évolutions futures », expliquent les architectes. Le fonctionnement interne de l’ouvrage se base sur la volonté de créer une « fluidité et souplesse » d’organisation des plateaux, ainsi qu’une lisibilité totale des espaces, dès leur accès.

Ossature mixte en acier et béton

Cela se traduit par la création d’un ample volume unitaire traité comme une grande nef, avec des espaces ouverts, en communication directe entre eux. Au sud, le parallélépipède est rompu par le déhanchement de deux volumes qui marquent l’entrée et l’accueil du public, tout en créant deux failles vitrées interstitielles de connexion. Le dernier étage du volume en porte-à-faux d’extrémité stocke d’ailleurs les livres de la bibliothèque.
Concernant la structure mixte en béton et acier du bâtiment, elle est atypique, de par le plateau de consultation de l’étage qui est suspendu, afin de libérer au maximum la surface du niveau bas de tout point porteur. Ce dernier, logeant l’autre plateau de lecture, se développe d’un seul tenant sur 10,80 m de largeur par 48,30 m de longueur. Le vaste volume est scandé par une ossature porteuse à lames de béton coulées en place, implantées selon une trame de 7,60 m et reliées entre elles transversalement par des mégapoutres. Celles-ci sont constituées de profils en acier préfabriqués à âme pleine de 20 m de portée. Des tirants de reprise des efforts sont accrochés à chacune de ces grosses poutres faisant partie de la charpente métallique. Quant aux façades, leur morphologie spécifique varie en fonction des orientations de l’ouvrage. La façade ouest, assez fermée et chahutée, est rythmée par une série de redents, traités comme « des alvéoles qui reprennent les sheds de toiture et apportent de la lumière tout en se protégeant de l’ensoleillement », selon les architectes. Un dispositif ingénieux qui opère des vues biaises et des cadrages lointains sur le paysage. Isolés par l’extérieur, les murs en béton de cette façade sont revêtus d’un bardage en aluminium anodisé de teinte nickel qui change de couleur au gré de la lumière et oscille entre doré, blanc, gris et vert.

Traitement différencié des façades

Soigneusement calepiné, ce matériau se retourne dans les parois des failles, sous la forme de panneaux perforés à absorption acoustique et à insertion des luminaires. Par souci de cohérence globale, les menuiseries extérieures sont également réalisées en aluminium de même nature. A contrario, la façade orientée à l’est, lisse et vitrée, qui présente un réticulage régulier, est naturellement protégée du rayonnement solaire par un rideau d’arbres. Le traitement des façades des deux extrémités, est, lui aussi, très différent et adapté aux fonctions abritées. La façade nord, plutôt opaque, est dotée de quelques percements correspondant aux salles de réunion et aux « carrels » glissés derrière, boxes de recherche dédiés aux chercheurs. Alors que la cimaise de la façade sud, incluant l’entrée, fait partie d’un dispositif particulier de maîtrise de consommation de l’énergie appliqué sur le bâtiment. Elle affiche un mur capteur composé d’un voile en béton lasuré de teinte bleu nuit, devant lequel est apposé un pan de verre sérigraphié. Celui-ci, composé d’un simple vitrage trempé et non-feuilleté pour éviter tout risque de choc thermique, est doté d’un facteur solaire de 0,55. Ce procédé de réchauffement de l’air extérieur capté, qui est utilisé en hiver et est neutralisé en été, diffère en réalité du mur Trombe qui gère plutôt l’air en circuit fermé. En été, le risque de surchauffe est limité par la présence d’un grand auvent en verre et tôle perforée qui permet d’ombrer la façade de manière variable, au gré de la course du soleil.
Quant à la ventilation des espaces internes, elle est assurée par trois centrales d’air (CTA). Si la première est implantée dans la zone des magasins soumise à des contraintes spécifiques (humidité, etc.), la deuxième CTA concerne la partie administrative des bureaux, tandis que la dernière se rapporte aux plateaux de lecture et aux salles de travail.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°325

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