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Interview

"Vers une nouvelle façon de construire et de mesurer l’efficacité du bâtiment et du coût global" Pascal Asselin, président de l'Untec

Stéphanie Obadia

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© Untec

Le congrès de l’Untec, qui se tient au Palais des Congrès de Paris les 31 mai et 1er juin, a pour thématique le coût global et l’analyse de cycle de vie. Un sujet que Pascal Asselin, président de l’Untec et réélu lors de ce congrès, estime comme crucial pour le modèle économique du bâtiment de demain. Il revient à cette occasion sur les évolutions du métier d’économiste de la construction et l'actualité de l'Untec. 

L’analyse de cycle de vie et le numérique sont les thématiques principales de ce congrès. Pourquoi ?

Les questions de l’analyse du cycle de vie des bâtiments, du coût global, du BIM et du numérique me tiennent à cœur et devront être prises en compte dans nos bâtiments de demain, voire d’aujourd’hui. Faire qu’un édifice soit intelligent et vertueux implique une nouvelle façon de construire et de mesurer l’efficacité du bâtiment et du coût global. Tous les acteurs de la construction se saisissent de ces questions aujourd’hui. Nous travaillons sur ces sujets avec nos confrères, tout comme l’expérimentation E+C-, la future RT 2020. Thématiques sur lesquelles nous proposons des formations. En 2017, nous avions mis en place un MOOC « Prescrire et estimer à l’heure du BIM ». Il a été suivi par 7 000 apprenants, dont 60% d’économistes. Une belle surprise. Nous ne nous attendions pas à de tels chiffres. Cinq autres MOOC sont programmés pour cette année, dont un sur comment « Prescrire selon le cycle de vie des produits et des bâtiments ». Cela permettra aux prescripteurs et économistes d’intégrer les indicateurs carbone dans leurs méthodes de travail. 

Le métier d’économiste de la construction évolue. Quels sont les grands changements ?

Être économiste demande aujourd’hui une technicité plus grande et exige une montée en compétence. Il y a trente-cinq ans, un CAP construction suffisait. Désormais, il faut des connaissances plus techniques et mises à jour régulièrement. Le métier évolue, comme tous ceux de la construction. Avec des similitudes parfois. Il ne serait d’ailleurs pas incohérent d’envisager un tronc commun autour des outils numériques les deux premières années de la formation des architectes, économistes et ingénieurs. Autre évolution notable : l’intervention des économistes en tant que conseil à la maîtrise d’ouvrage et ce dès la conception ou le début d’un projet. L’étude de coût global apporte une approche financière fiable et une aide à la décision. Elle peut aussi intervenir en comparaison de deux solutions. Le maître d’ouvrage pourra comparer ses projets sous l’angle du coût global et non plus seulement sous celui des mètres carrés. Afin de faire dès le départ l’investissement le plus intelligent avec une performance optimale du bâtiment en fonction de son contexte et ses usages. 

"Les économistes interviennent désormais comme conseil à la maîtrise d'ouvrage dès la conception d'un projet."

L’assemblée générale de l’Untec s’est tenue le premier jour du congrès, le 31 mai matin. Vous avez été réélu pour un mandat de trois ans à la quasi-unanimité. Quelles seront vos prochaines actions ?

Continuer ce que l’on a déjà engagé. Tout d’abord poursuivre le rapprochement de branche de l’Untec avec l’Unge. Il s’inscrit dans le cadre de la volonté du gouvernement d’abaisser le nombre de branches professionnelles. Nous travaillons de concert pour fusionner les conventions collectives. Des compromis restent à trouver avec les différents syndicats. Un accord de branche devrait être signé pour cet automne, il nous restera cinq ans pour harmoniser toutes les dispositions de la convention collective. Ce rapprochement est une logique de filière. Nous avons déjà mis en place des formations communes et cela devrait se renforcer, notamment en région. 

Pascal Asselin (à g.) et Régis Lambert, président de l'Unge, syndicat des géomètres-experts.

Ce congrès est pour la première fois international. Pourquoi cette ouverture ?

Le 58e congrès de l’Untec a ouvert ces portes dans un contexte économique favorable. Les milieux d’affaires sont plus détendus, même s’il reste des disparités entre les grands centres urbains et la province. Nous avons souhaité pour cette édition offrir une ouverture à l’international. Cela est tout à fait légitime et va dans le sens des deux standards internationaux créés en 2015 : l’International construction measurement standards (ICMS) et l’International property measurement standards (IPMS). Plus de 120 pays les ont ratifiés. Ces standards sont un langage commun qui permet de rassurer le marché et d’élaborer un comparatif entre le standard international et la norme nationale. 

Le prochain congrès est-il déjà planifié ?

Oui. Il se tiendra les 20 et 21 juin 2019, à Avignon, et sera axé autour de l’intelligence artificielle et du big data. Un train peut en cacher un autre. Ces deux évolutions risquent de bousculer certains outils que nous mettons au point aujourd’hui. 

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