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Vers des ciments bas carbone

Stéphanie Obadia

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Vers des ciments bas carbone

La norme européenne EN 197-1 qui régit la composition des ciments ouvre la voie à fabriquer de nouveaux ciments. L’évaluation en France pour l’adapter à l’EN 197-1 relance les débats.

La norme européenne EN 197-1, qui régit la composition, la spécification et les critères de conformité des ciments courants, pourrait ouvrir la voie à de nouvelles générations des ciments bas carbone avec des teneurs en clinker beaucoup plus faibles. En effet, les ciments les plus massivement utilisés (CEM II), contiennent plus de 65 % de clinker, le « principe actif » des ciments, en combinaison avec un ou plusieurs autres constituants principaux comme le calcaire, le laitier de haut-fourneau vitrifié, les cendres volantes ou encore les pouzzolanes. Depuis novembre 2018, le Comité des normes de la Commission européenne a reconnu deux nouvelles familles de ciments dites ternaires : les CEM II/C-M et les CEM VI à teneur réduite en clinker (entre 35  et 65 %). Ces ciments associent le clinker à deux autres constituants classiques (calcaire + laitier ou cendre, ou pouzzolane) et dont les performances répondent aux résistances mécaniques et de durabilité nécessaires pour les applications courantes.

Reste qu’en France, l’évaluation des normes harmonisées par le biais des consultants de la commission est en cours. Pour Laurent Izoret, directeur délégué produits et applications de l‘association technique de l’industrie des liants hydrauliques (ATIHL), bien souvent, ces évaluations se soldent par une réponse négative aboutissant à un blocage généralisé : pour trente normes harmonisées validées en 2016, seulement trois l’ont été en 2018 ! « Le hiatus se place entre la sémantique juridique chère à la commission et les termes techniques consacrés de la norme. L’EN 197-1   n’échappe pas à la règle ! », poursuit-il. L’enquête publique sur la question, qui s’est clôturée le 29  janvier, relance les débats. « Des discussions fructueuses sont actuellement en cours entre les différents acteurs (CEN, Commission, Consultant et CEN/TC51) pour trouver rapidement une solution de compromis avec l’espoir toujours vivace de publier la norme en juillet prochain avec une citation au Journal officiel de l’Union européenne en décembre prochain», précise Laurent Izoret. Cette citation est d’autant plus importante qu’elle conditionne les certifications CE et NF qui autorisent la mise sur le marché. « Tous les acteurs espèrent que les forts enjeux climatiques (réduction de CO2) associés à la révision de la norme EN 197-1 guideront les discussions. »

Un plaidoyer a été lancé

Le clinker étant le principal porteur de la charge en CO2, ces nouveaux ciments sont donc considérés comme « à bas impact environnemental » : comparés à un CEM I (clinker pur additionné de 5 % de gypse), la réduction d’empreinte environnementale de ces ciments est de l’ordre de 40 à 60 % selon la composition et ce dès l’application de la norme. Les producteurs de ciment sont donc dans les starting-blocks pour mettre sur le marché ces ciments « bas carbone ». Notamment la start-up 2170 – marque de JPS Granulats qui a lancé un plaidoyer d’intérêt général dans le cadre de l’urgence climatique en faveur de la nouvelle norme EN-197-1 (600 signataires à ce jour). Cet industriel bourguignon du BPE, qui substitue 100 % des granulats alluvionnaires par des matériaux du concassage, a été le premier a lancer, grâce à un process de mélange innovant, son propre ciment de type CEM II, moins riche en clinker, moins émetteur de CO2 grâce à son usine de micronisation de filler calcaire ultrapur. Il produit aujourd’hui un ciment d’une teneur de 75 % de CEM I et de 25 % de filler calcaire d’une fine 0/63µm. certifié NF depuis février 2018 « Nous sommes la petite PME qui aura réussi à modifier l’ancestral référentiel NF ciment, pour qu’il intègre notre innovation, sans pouvoir en avoir l’usufruit, car c’est la loi du genre dans le normatif. Mais nous sommes très heureux d’avoir fait homologuer et de promouvoir un process sociétal, qui va permettre à l’industrie cimentière de s’impliquer d’une nouvelle façon pour l’enjeu climatique », explique Olivier Stocker. Rappelons que la fabrication de ciment génère 5 % des émissions de CO2 sur la planète du fait de la production de clinker, son principal constituant. Au niveau national, cela représente au moins 15 millions de tonnes d’émissions de CO2 chaque année ; l’équivalent des émissions de 5 milliards de litres de diesel.

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