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Vers des bâtiments à la fois résilients et performants

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L’amplification des catastrophes naturelles, et les nombreux dommages au cadre bâti et aux infrastructures qu’elle cause, représente un défi pour les professionnels de la construction. En outre, le secteur est directement concerné par la lutte contre le réchauffement climatique.

Début décembre, Paris accueillera COP21, la 21e conférence des Nations unies sur les changements climatiques. L’origine du drame en cours est résumée par les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans son 5e rapport : « Les concentrations atmosphériques des principaux gaz à effet de serre [GES] ont augmenté pour atteindre des niveaux sans précédent depuis au moins 800 000 ans. » Et en particulier, le CO2, essentiellement en raison du recours aux combustibles fossiles, de la production de ciment et de la déforestation.

Multiplication des phénomènes extrêmes

Ces dernières décennies ont été marquées par l’amplification de phénomènes météorologiques extrêmes, liée en partie au changement climatique, à l’image des cyclones extra-tropicaux Lothar et Martin qui ont affecté l’Europe de l’Ouest, fin décembre 1999. Le sud de l’Europe et le pourtour méditerranéen sont quant à eux frappés par la sécheresse, mais également par des épisodes brutaux de pluie accompagnés de crues incontrôlables dus à la surchauffe de la Méditerranée. En témoigne la succession d’épisodes cévenols qui se sont abattus sur la région de Montpellier à l’automne.
Le 5e rapport du Giec le confirme : « Les années 1983 à 2012 constituent probablement la période de trente années la plus chaude dans l’hémisphère Nord depuis 1 400 ans. » Dans les pays développés, ces catastrophes de moins en moins naturelles entraînent d’importants dégâts : bâtiments et infrastructures inondées, toitures arrachées, etc. À ce changement global s’ajoutent des perturbations régionales, à l’instar des tempêtes de sable qui frappent le nord de la Chine, engendrées par la déforestation. Enfin, les îlots de chaleur urbains générés par l’activité humaine viennent amplifier les épisodes de canicule, en été.

Mesures gouvernementales

Les bâtiments représentent 42 % des consommations d’énergie et 25 % des émissions de GES. Le secteur de la construction est ainsi directement concerné par les plans climat, avec des objectifs de meilleure efficacité thermique, de moindre consommation énergétique et un usage accru des énergies renouvelables. Mais les conférences successives et plans climat peinent à aboutir à un ralentissement de la croissance mondiale des émissions de gaz à effet de serre. Pour l’heure, seules les crises économiques y parviennent. Aussi les États préfèrent-ils investir dans des mesures d’atténuation dites « sans regret », celles qui par exemple améliorent également la qualité de l’air, réduisent la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles, ou améliorent l’état sanitaire de la population.
Une autre réponse apportée par les gouvernements est d’aider les sociétés à s’adapter, en les préparant aux bouleversements attendus. C’est dans ce sens que le gouvernement français a lancé, en 2011, le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) [lire l’encadré ci-dessus]. De même, depuis la destruction de Port-au-Prince à Haïti en 2010, l’UNISDR - le bureau de l’ONU pour la réduction des risques de catastrophes - anime une campagne mondiale pour promouvoir les « villes résilientes » (lire l’encadré p. 38).
Le Giec a publié plusieurs rapports sur les impacts régionaux du changement climatique. Cet exercice difficile fonctionne sur la base de scénarios plus ou moins probables, avec un degré plus ou moins grand de fiabilité des prédictions. Il s’avère par exemple très difficile de prévoir les zones d’extension des cyclones ainsi que leur changement de trajectoires. Globalement, les zones les plus exposées aux risques sont les littoraux, les grands deltas et les montagnes.
En Europe, outre une intensification des précipitations extrêmes lors des tempêtes, les principales conséquences attendues sont les épisodes de canicule estivale dans les grandes villes et la sécheresse sur le pourtour méditerranéen. Le risque d’inondations et de crues urbaines pourrait s’amplifier, aggravé par l’urbanisation, l’élévation du niveau de la mer, l’érosion des côtes et l’augmentation du débit des cours d’eau (rectification des berges, disparition des espaces tampons naturels, etc.). L’été, le risque vient des vagues de chaleur plus fréquentes et des épisodes accrus de canicule, un risque renforcé par le phénomène de l’îlot de chaleur urbain. Dans le sud de l’Europe, l’amplification des épisodes de sécheresse est redoutée, combiné à une demande d’eau en hausse. Les conséquences sont diverses : feux de forêt plus fréquents, alors que les écosystèmes sont fragilisés, mais aussi répercussions sur les bâtiments et maisons individuelles présentant des fondations insuffisantes. Ce comportement géotechnique des sols de type retrait-gonflement des argiles se pose avec acuité en Île-de-France, notamment.

N°342

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