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Verres décoratifs Bombé, teinté, imprimé, stratifié… : une multiplication des effets

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Verres décoratifs Bombé, teinté, imprimé, stratifié… : une multiplication des effets

Le verre décoratif quitte l’univers de l’aménagement intérieur pour être de plus en plus associé à des fonctions techniques : pare-feu, étanchéité des façades, pare-soleil, structures.

Même à peine modifié, un verre fonctionnel acquiert rapidement une fonction décorative. Dans le nouveau bâtiment du collège suisse de Fenin-Vilars-Saules, des fenêtres jaunes intégrées dans les cloisons séparent les couloirs des salles de classes et offrent une transparence dorée. Il s’agit ici d’une fabrication spéciale du verre de sécurité feuilleté Pyran L coupe-feu (de Schott) dans lequel est enfermé un film intercalaire jaune. De la même manière, dans le nouveau parking Rotonde à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), le vitrage coupe-feu Promat Systemglas constitue les parois de la trémie de l’ascenseur. Elles sont décorées de reproduction de détails d’œuvres de Cézanne, en donnant à chacun des 5 niveaux du parking une couleur différente choisie parmi ces toiles. Les ektachromes des œuvres ont été confiées à la miroiterie Lombard qui les a imprimées sur un film plastique PVB de 1 mm d’épaisseur, inséré entre 2 verres d’une épaisseur totale de 29 mm. Au total, 100 m² de vitrage Systemglas donnent à la cage de l’ascenseur cet effet cathédrale à l’esthétisme « cézannien » et lui confèrent un effet coupe-feu d’une heure. L’incorporation entre deux feuilles de verre d’un film, d’un treillis métallique, d’écorce, de liège, d’une fine tranche de marbre de moins de 3 mm d’épaisseur et d’autres matériaux inertes constitue l’une des principales solutions pour rendre le verre décoratif. En ce qui concerne les films, il est possible d’en incorporer deux différents pour fournir une décoration ou une signalétique distincte pour chaque face d’une cloison intérieure, par exemple. Stadip Color (Saint-Gobain Glass), par exemple, est un vitrage feuilleté coloré, composé de deux glaces assemblées entre elles par des films de PVB (butyral de polyvinyle) teintés. Chaque teinte est obtenue par un empilage spécifique de films colorés. La souplesse du procédé permet d’obtenir des teintes standard et des teintes particulières.

Une qualité esthétique supplémentaire

Au-delà de l’incorporation, les produits verriers décoratifs les plus fréquents sont le verre bombé, les verres teintés dans la masse, les verres stratifiés ou imprimés, les verres dont la surface a été travaillée à l’acide, par sablage, etc. Sans oublier les produits détournés de leur usage et utilisés comme décoration. Dans le domaine du bâtiment, un ouvrage en verre est décoratif parce qu’il est perçu comme tel. Cela signifie notamment que des produits de verres tout à fait classiques, mais détournés de leur usage habituel, peuvent être incorporés dans un ouvrage fonctionnel auquel ils confèrent une qualité esthétique inédite. Par exemple, l’architecte Eduardo Arroyo a utilisé des tubes de verre Schott en borosilicates juxtaposés pour créer les cloisons intérieures de la Caja de Arquitectos à Bilbao (Espagne). Ce produit est normalement consacré à la fabrication de conduits de fumées ou bien de panneaux solaires tubulaires. L’effet décoratif est amplifié par un éclairage avec programmation de séquences de différentes couleurs. Les traditionnels profils de verre en U, comme le Profilit T de Pilkington, le U-Glass de Saint-Gobain Glass ou le Linit de Lamberts Glas sont souvent utilisés autant à des fins fonctionnelles en bardages ou cloisons, qu’avec des ambitions esthétiques avouées. L’architecte Steven Hall a remporté le concours de l’extension du Nelson-Atkins Museum of Art (Kansas City) grâce à l’emploi exclusif de bardage Profilit pour les murs extérieurs des « lentilles » de 15 000 m² qu’il a créées sur la façade est du bâtiment initial. Durant la nuit, les façades blanches translucides en Profilit, éclairées de l’intérieur, donnent une incroyable légèreté à ces bâtiments. Les profilés ont été mis en œuvre tête-bêche pour fournir un effet double vitrage et augmenter la résistance thermique. Du polyméthylmétacrylate (PMMA) incorporé entre les profilés fournit une protection efficace contre les UV pour la préservation des œuvres d’art. ­Pilkington propose également une version colorée dans la masse : les Profilit T Color. Lamberts Glas, un industriel allemand, est capable de donner 6 aspects surfaciques différents à ses profilés Linit et de les teinter avec n’importe quelle référence RAL. L’emploi de verre en dalle de sol ou marche d’escalier constitue un autre exemple de détournement à des fins décoratives en permettant de voir à travers des ouvrages normalement opaques. Lite-Floor, de Saint-Gobain Glass, par exemple, est une dalle de plancher de sécurité qui se compose habituellement de trois vitrages constitutifs au minimum, dont deux au moins sont feuilletés. En fonction du domaine d’application et des valeurs de mise en charge, les vitrages utilisés sont trempés pour renforcer la résistance de la dalle. L’élément constitutif supérieur de contact porte en règle générale un revêtement antidérapant.

Verre bombé : il épouse la forme du moule

Le verre courbe ou bombé s’obtient en chauffant une feuille de verre plat jusqu’à atteindre son point de ramollissement. Classiquement, une feuille de verre plat repose sur un moule chargé à l’horizontale dans un four de courbage. Lorsque la température nécessaire est atteinte, par simple gravité, la feuille s’affaisse et épouse la forme du moule. Le verre doit ensuite être ramené à la température ambiante selon une courbe de refroidissement très précise, qui évite l’apparition de tensions dans la structure moléculaire du verre. Cricursa est l’un des maîtres de cet exercice en Europe, mais le français Tecni Bombage dispose d’une expérience étendue. Pratiquement, tous les verres plats du marché peuvent être courbés, y compris les verres armés. En ce qui concerne les verres réfléchissants, seuls ceux qui font appel à des couches non-pyrolitiques peuvent être courbés. Les limitations sont la surface et le rayon de courbure du verre : pour être courbé, un verre de grande surface doit afficher une épaisseur importante. En revanche, courber un verre selon un petit rayon requiert une épaisseur d’autant plus faible que le rayon de courbure est réduit. Quasiment toutes les opérations que l’on réalise avec du verre plat sont également possibles avec du verre courbé. À partir de verre courbés monolitiques, on construit des verres feuilletés, blindés, ou isolants. Après courbure, la plupart des traitements de surface sont possibles : perçage, sérigraphie, argenture et toutes sortes de façonnages. Les limitations maximales de fabrication des verres courbés sont données par les dimensions des fours de courbures. Pour l’instant, le record européen appartient à Cricursa qui est capable de courber des pièces de 5 800 x 2 400 mm pour leur donner une flèche maximale de 1 000 mm. Cricursa recommande, pour éviter toute casse une fois le verre courbe posé, d’éviter les efforts dus à des différences de dilatation entre le verre et les matériaux de son encadrement. L’idéal est d’utiliser à la fois des cales en néoprène et un scellement en silicone, de manière à ce que le verre flotte et que les efforts structuraux soient absorbés par l’association néoprène-silicone sans être transmis au verre. Les rayons de courbure du verre et les rayons de cintrage des profilés doivent coïncider et le verre courbe doit s’installer sans forçage, depuis l’extérieur des profilés.

Les traitements de surface décoratifs

L’impression sur verre ne signifie pas dépôt d’encre comme sur du papier. Le verre imprimé Decorglass de Saint-Gobain Glass, par exemple, translucide clair ou teinté, s’obtient par coulée et laminage du verre. Le motif gravé sur l’un des deux cylindres est imprimé en creux sur le verre lors de son laminage. Ce procédé permet de varier les décors et d’obtenir des effets décoratifs de toutes sortes, utilisés en aménagement intérieur ou en mobilier. L’autre traitement de surface classique est le laquage. Planilaque Evolution de Saint-Gobain Glass, par exemple, est une glace laquée dont l’aspect opaque et coloré est obtenu par dépôt et cuisson, sur l’une des faces du verre, d’une couche de laque particulièrement résistante. Ces panneaux sont utilisés en revêtement mural, revêtement de porte, etc.

La face laquée ne doit pas se trouver côté pièce mais côté mur pour être protégée par le verre. Le grand développement récent en matière de verre décoratif provient de l’incorporation de leds, comme dans le Glassiled d’AGC. Toutes les figures sont possibles : recréation du logo d’une entreprise, figures décoratives, etc.

Ces verres s’emploient aussi bien en cloisons intérieures qu’en façades.

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