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Ventilation, des solutions différentes en neuf et en réhabilitation

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Ventilation, des solutions différentes en neuf et en réhabilitation

1. Les fabricants commencent à proposer une offre de puits canadien packagée pour la maison individuelle : de gauche à droite la prise d’air extérieure, le raccordement avant l’échangeur double-flux avec sa purge pour capturer une éventuelle condensation, puis le bypass motorisé pour shunter la prise d’air extérieure et enfin la gaine qui constitue le conduit enterré.

© (Doc. Helios.)

Alors que trois méthodes corrigent l’insuffisance de la ventilation dans le logement existant, le double flux, complété par le puit canadien, répond aux exigences accrues de la réglementation thermique en construction neuve.

Depuis environ 30 ans, c’est la ventilation mécanique contrôlée (VMC) qui est la norme : des entrées d’air directes en façade (en général dans les huisseries), une extraction dans les pièces humides grâce à un groupe suspendu dans les combles en maison individuelle ou installé sur le toit en immeuble collectif. L’air froid étant introduit de l’extérieur sans préchauffage, une VMC mal conçue ou mal installée place les occupants des logements dans des courants d’air en hiver. Leur réaction immédiate consiste à boucher les entrées d’air pour supprimer ces courants froids. Ce qui diminue les débits de ventilation et fait apparaître moisissures et tâches d’humidité contribuant à la détérioration du bâti, des finitions du logement et de la qualité de l’air intérieur.

Un guide d’interchangeabilité

De plus, même bien conçue, la VMC doit être entretenue : les entrées d’air et les bouches s’encrassent, les bouches hygroréglables perdent leur réactivité et se bloquent – au mieux en position ouverte, au pire en position fermée – le réseau se comble ou perd son étanchéité… Et les moteurs des groupes doivent être remplacés, les fabricants évaluant à 16 ans leur durée de vie moyenne. Mais cet entretien n’est pas évident, car son installation en logement social implique souvent que l’on fasse l’impasse, pour des raisons de coût, sur des éléments clés qui permettent son entretien normal : pas de trappes de visite des conduits, ni de pot en pied de colonne de ventilation pour leur nettoyage, groupes difficilement accessibles en toiture…

La rénovation débute par une inspection de l’installation pour établir un diagnostic, parfois même par la pose de trappes de visite pour accéder au réseau. Des endoscopes portatifs ou des systèmes autopropulsés peuvent respectivement explorer des réseaux de quelques mètres voire de plusieurs dizaines de mètres de longueur. Concernant le remplacement des entrées d’air et des bouches d’extraction, Anjos a édité un guide d’interchangeabilité : « La rénovation en habitat collectif » (1). Comme Anjos fournit en entrées d’air toutes les marques françaises (sauf Aldès) depuis environ 30 ans, ce guide couvre une bonne proportion des installations existantes.

La création d’une VMC dans un logement individuel ou collectif qui en est dépourvu (et qui ne comporte pas non plus de ventilation naturelle) est toujours possible.

Des gaines en PVC auto-extinguible ou en métal existent (de section rectangulaire de 55 x 110 mm) qui se posent en apparent si nécessaire, dans les sols si l’on refait les chapes ou sous un faux plafond de faible hauteur (12 cm) pour créer un réseau. Ainsi que des groupes de ventilation extraplats (H : 10 à 15 cm) pour être montés en combles ou en faux plafonds.

Pour rénover et moderniser une ventilation naturelle existante, deux industriels français, Astato et Multitromb, ont mis au point et perfectionné la ventilation « mécanostatique ». Ses conduits de maçonnerie sont complétés par une petite tourelle d’extraction en toiture. Lorsque la ventilation naturelle n’assure pas le débit hygiénique, les (ou la) tourelles se mettent en route et extraient l’air par effet venturi, grâce à un ventilateur de très faible puissance. Cette mise en œuvre implique des modifications par rapport à l’installation précédente : suppression des entrées d’air dans les pièces humides, obturation des pieds des conduits d’amenée d’air, étanchéité de la porte palière et de celles donnant sur l’extérieur et ajout de nouvelles entrées d’air dans les séjours et les chambres.

La VMR, encadrée par un label

Astato recommande d’installer ces entrées près du plafond : l’air est introduit dans la couche la plus chaude et bénéficie de l’effet de succion de la paroi qu’il longe (effet Coanda), ce qui supprime l’effet de courant froid.

Lorsqu’il est impossible de profiter d’anciens conduits de ventilation naturelle, ou si le logement est totalement dépourvu de ventilation – ce qui est fréquent dans le parc ancien, même collectif – la ventilation mécanique répartie (VMR) offre une réponse possible. Elle crée et maintient une ventilation permanente et générale à partir d’aérateurs individuels placés dans les pièces humides. Les caractéristiques très précises de ces appareils sont définies par le cahier des charges VMR du label Promotélec Habitat existant. Celui-ci impose au minimum deux aérateurs indépendants pour assurer le renouvellement d’air du logement, et interdit le refoulement d’air extrait dans un conduit collectif commun à plusieurs logements. Promotelec distingue 5 types d’aérateurs A à E (selon leur raccordement) et décrit 30 logements-types, du studio au 7 pièces, dont « 13 configurations principales ». La description porte sur la configuration du logement et sur l’équipement à mettre en place (puissance, débit, forme des extracteurs…). Un produit est reconnu comme VMR s’il répond à des exigences électriques, aérauliques et acoustiques, et couvre au moins 8 des 13 « configurations principales ». Deux marques seulement en proposent, Atlantic Climatisation & Ventilation avec Airea et Vortice avec VMR Habitat.

En construction neuve, l’hygroréglable s’est imposé sous le ­régime de la RT 2000. Il apporte une meilleure performance thermique pour un surcoût dérisoire et sans modifier les habitudes de chantier.

Trois familles de centrales double flux

Les solutions Hygro sont sous Avis technique, une quarantaine d’Atec « valides » regroupant 12 marques différentes étant répertoriées par le Cstb. L’hygro B (entrée d’air et extraction hygroréglables), qui fut longtemps un brevet Aldès, est tombé dans le domaine public et toutes les marques de VMC proposent désormais de l’hygro A (bouches d’extraction seules hygroréglables) et B. Avec la RT 2005 et les durcissements annoncés ultérieurement, pour tenir compte du classement des voies de circulation en fonction du bruit et des obligations de protection acoustiques que cela entraîne, l’hygroréglable peut ne pas convenir : entrées d’air en façade qui laissent passer les bruits extérieurs, performance thermique insuffisante. Et devrait faire place au double flux à récupération de chaleur. Trois grands types de double flux sont destinés au logement. Les caissons traditionnels à échangeurs à flux croisés atteignent des rendements de récupération de l’ordre de 50 à 70 %, tandis que les plus récents, équipés d’échangeurs à contre-courant, les portent à 80/90 %. Le modèle Atmos 175 DC, de l’allemand Paul Wärmerückgewinnung, affiche un taux de 88 % minimum. Ce qui signifie que la température de l’air insufflé dans le logement n’est jamais inférieure à 16,5°C, pour un débit de 175 m3/h, une température intérieure de 20°C et une température extérieure de –10°C. Cet appareil coûte environ 2 500 e HT, contre moins de 1 500 e HT pour un double flux classique de 150 m3/h. Enfin, les systèmes thermodynamiques, tels Températion d’Aldès et Équinoxe de France-Air, ajoutent chauffage et rafraîchissement à la fonction ventilation.

Il n’existe pas encore de norme d’essai ou d’Avis technique pour les centrales double flux. Le rendement annoncé est le rendement de récupération de chaleur de l’échangeur : rien ne précise la consommation globale du groupe en faisant le bilan de la chaleur récupérée et de l’électricité consommée par ses ventilateurs.

Le puits canadien commence à compléter les offres de double flux sur le marché français. Aldès et Atlantic offrent pour l’instant une solution packagée en maison individuelle, Hélios s’étendant aussi au collectif (voir encadré). Il n’existe pas encore de méthode française ou européenne de calcul et de dimensionnement d’un puits canadien. Une norme DIN (en allemand) a été traduite dans un programme de simulation (2), et une méthode de calcul suisse (3) est utilisée dans le cadre du mouvement Minergie (construire des bâtiments très faiblement consommateurs en énergie). Le fabricant Rehau propose un système préfabriqué de puits ­canadien ­Awadukt avec un logiciel de calcul en ­allemand.

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