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Ventilation de confort et désenfumage : deux incontournables

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Bouche d’évacuation du système de désenfumage sur le toit du Room Club, à Poitiers.

© Doc. Cyrille Maury

Lieu confiné rassemblant un large public, la boîte de nuit doit tout à la fois assurer confort, par le renouvellement d’air, et sécurité, par le désenfumage pour l’évacuation des personnes en cas d’incendie.

Il n’existe pas d’architecture type d’une boîte de nuit. En la matière, tout est possible : bâtiment construit pour cet usage ou issu de la réhabilitation d’un autre édifice existant, situé en ville ou à la campagne, dont les formes et les volumes peuvent être très différents, avec des demi-niveaux, des mezzanines, des sous-sols… Cette diversité se traduit par une grande variété de systèmes de ventilation et de désenfumage.

La ventilation, tout d’abord, constitue bien sûr un équipement indispensable à ce type d’établissement. Confinée et généralement de grand volume, la boîte de nuit est un ERP de type P (salles de danse et salles de jeux, article GN 1 du règlement de sécurité incendie) dès lors qu’elle réunit au moins 20 personnes en sous-sol, ou 100 personnes en étage, ou 120 personnes au total. Contrairement à l’habitat, il n’existe pas de débit hygiénique réglementaire à respecter : c’est bien d’une ventilation de confort dont il s’agit. « Les textes prévoient, en considérant une discothèque comme un local à usage sportif, une occupation de quatre personnes pour une surface de 3 m2 avec un débit d’air neuf au moins égal à 25 m3/h par occupant », précise Olivier Robinot, directeur de la promotion et des grands projets de France Air. Pour le calcul du débit d’air neuf, « on part de 30 m3/h par personne lorsqu’on dimensionne les installations de traitement d’air », explique Laurent Loos, responsable produit désenfumage d’Aldes. L’objectif est bien sûr d’assurer un renouvellement d’air pour évacuer l’air vicié, mais aussi les odeurs corporelles. L’une des autres caractéristiques des boîtes de nuit est leur occupation variable : les équipements mis en place doivent permettre une modulation du débit d’air pour un fonctionnement plus économique. « L’installation ne fonctionne pas en continu, il faut de la souplesse et de la régulation », indique Laurent Loos. Les ventilateurs peuvent notamment être pilotés par des capteurs d’humidité ou de CO2.
Une des solutions est l’installation, en local technique ou plus simplement en toiture, d’une centrale double flux qui assure un préchauffage de l’air avant l’ouverture de l’établissement (en hiver), puis le rafraîchissement (du fait de la forte charge thermique interne) et le renouvellement d’air quand celui-ci accueille les danseurs. Quand il est possible, le fonctionnement en free-cooling contribue aux économies d’énergie.
Pour la diffusion d’air, plutôt que le mélange traditionnellement utilisé (insufflation au plafond et mélange avec l’air ambiant), France Air met l’accent sur le déplacement d’air. « Le déplacement d’air se prête mieux aux boîtes de nuit que la diffusion de type mélange, dont le débit très élevé présente un risque d’inconfort, note Olivier Robinot. Il consiste donc à insuffler de l’air à basse vitesse en pied de mur. Cet air, légèrement plus frais que l’ambiance, va pousser l’air plus chaud vers le haut pour être extrait. Cela évite les courants d’air et permet de traiter plus efficacement la partie basse, où se tiennent les danseurs. » Toute la zone doit être maillée pour assurer un balayage efficace de l’air. Le réseau aéraulique, du fait du fort volume sonore, doit bien sûr faire l’objet d’une attention particulière au niveau acoustique (voir notre encadré).

Sécurité des personnes

Le réseau de ventilation peut également contribuer au désenfumage. « Il faut alors des conduits adaptés (souvent floqués) et prévoir un jeu de by-pass (clapets coupe-feu, volets de désenfumage) afin d’isoler le réseau de traitement d’air de la partie purement désenfumage », explique Laurent Loos. Mais, dans la plupart des cas, ventilation et désenfumage sont distincts.
Dans les dispositions particulières aux bâtiments de type P, l’article P 14 précise les zones où le désenfumage est obligatoire : salles de danse avec mezzanines ou niveaux partiels, escaliers encloisonnés desservant des sous-sols, couloirs longs de plus de 5 m. « Ces locaux ont souvent des configurations très spéciales. Il est donc primordial d’intégrer le bureau de contrôle dès le début de l’étude », prévient le responsable produit. En France, l’incendie de la boîte de nuit le 5/7 à Saint-Laurent-du-Pont en Isère, en 1970, qui a fait 146 morts, a amené une révision importante de la réglementation incendie (décret du 31 octobre 1973 puis arrêté du 25 juin 1980). Un sinistre en Roumanie, cet automne, rappelle que 80 % des décès lors d’un incendie sont causés par les fumées et non la chaleur. D’où l’importance du désenfumage pour créer un cheminement vers la sortie et permettre l’auto-évacuation des danseurs avant l’arrivée des pompiers.
Les débits de désenfumage sont donnés par l’IT 246 (12 volumes/heure pour les grands volumes, par exemple). Le désenfumage peut être naturel, mais il faut alors faire entrer autant d’air qu’on en extrait. Il est généralement plutôt mécanique. « Le débit d’insufflation est alors égal à 0,6 fois le débit d’extraction pour créer une dépression, précise Olivier Robinot. Quand la boîte de nuit est d’une superficie supérieure à 1 000 m2, elle doit par ailleurs être découpée en cantons. »
Concernant le matériel, on peut en trouver une grande variété en fonction du type de bâtiment : ventilateurs hélicoïdes, ventilateurs en caisson pour montage en local technique, volets tunnels pour les sous-sols, volets à portillon pour les couloirs. Tous les ventilateurs doivent résister à une température de 400 °C pendant une durée de deux heures.

N°348

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