Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

Une salle d’immersion multisensorielle

Sujets relatifs :

Une salle d’immersion multisensorielle

Basée sur le couplage de la représentation visuelle et de la simulation, la salle Le Corbusier du Cstb permet de placer un projet de construction en immersion multisensorielle et de naviguer en temps réel.

Réalisée dans les locaux du Centre scientifique et technique (Cstb) de Sophia-Antipolis, la salle immersive Le Corbusier est le premier aboutissement du projet EVE (environnement virtuel enrichi), initié en 2002 par le Cstb en partenariat avec l’Inria (1). Destinée à renforcer la coopération entre maîtres d’ouvrage, architectes, ingénieurs et entrepreneurs, dès le début du processus de conception et aux différentes étapes d’un projet, elle offre une vision claire et objective de sa réalisation in fine, partageable par tous, y compris avec les futurs utilisateurs. Donc, sans rupture entre les phases de programmation, conception, réalisation et exploitation. Tous les paramètres étant modifiables en temps réel à la demande des intervenants, la salle immersive peut être utilisée pour tester l’impact du bâtiment et son insertion dans le site, affiner les choix architecturaux et les performances techniques, étudier les variantes et leur incidence, optimiser l’exploitation et la maintenance.

Un processus en six étapes

La salle est équipée des technologies les plus avancées. À savoir, un centre de calculs dédié, des logiciels de simulations scientifiquement validés, et une salle de restitution visuelle et sonore en 2D ou 3D. Les données numériques du projet et de son environnement sont récupérées sous forme de plans informatisés directement issus des logiciels de CAO pour l’ouvrage, et de photos aériennes ou satellite, des plans IGN ou cadastraux, pour le terrain. Elles permettent d’adapter la maquette numérique du projet et d’y insérer les caractéristiques modélisées des matériaux, types de sources sonores, conditions climatiques, orientation, exposition au vent, pollution, apports solaires, etc. Le centre de calcul synthétise la maquette, puis traite les modifications en temps réel avant de restituer les résultats sur un écran panoramique conique. Le défi ? Intégrer tous ces paramètres issus de sources diverses dans une même interface de référence, garantissant la cohérence des résultats entre eux ! À noter, des modes de représentation symbolique ou explicite par codes couleur (température), flèches, indices, rubans (écoulement d’air), etc. complètent les moyens d’appréciation. On peut ainsi pénétrer à l’intérieur du bâtiment préfiguré avec ses façades, constater la vue sur l’extérieur à partir d’une fenêtre, recréer les ambiances des espaces intérieurs, et comparer les différents niveaux de performance atteints.

Une pluralité d’outils pour anticiper les ambiances

Les outils de simulation autorisent des croisements variés : acoustique intérieure et extérieure, éclairage, thermique ou aéraulique, etc. La modélisation de la lumière réelle prend ainsi en compte toutes les sources naturelles ou artificielles et leur réflexion sur les parois. L’ambiance acoustique, face au bruit extérieur dans un logement, est restituée avec son 3D, en fonction du type de vitrage ou de la fenêtre choisi. De la même façon, l’étude du confort thermo-aéraulique est visualisée selon les sources de chauffage et de rafraîchissement, les apports solaires et l’apport thermique dû aux occupants, avec le calcul des consommations énergétiques correspondantes. La comparaison de variantes aide alors à dimensionner le système de climatisation adapté, voire à minimiser les apports solaires grâce à des protections solaires. Quant à l’analyse des flux aérauliques extérieurs et intérieurs, elle permet de visualiser la pollution de l’air, simuler la diffusion des fumées dans le bâtiment en cas d’incendie et modéliser le comportement des personnes, etc. Pour les industriels, cet outil virtuel constitue une contribution plus rapide et économique à la conception de leurs produits ou systèmes, mettant l’accent sur l’insertion des composants dans l’ouvrage et leurs performances à la fois techniques et sensorielles. Enfin, en favorisant la visualisation d’un projet d’urbanisme ou d’aménagement du territoire, ces techniques peuvent également faciliter le débat entre les collectivités territoriales, les citoyens et les associations. D’autant que le système de visioconférence est d’ores et déjà envisagé pour visualiser les images à distance via une liaison haut débit !

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°256

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2005 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news hebdo Cahiers techniques du batiment

Nous vous recommandons

Signature de la charte de mobilisation des acteurs relative au permis d'expérimenter

Signature de la charte de mobilisation des acteurs relative au permis d'expérimenter

Lors du marché international des professionnels de l'immobilier (MIPIM), le ministre de la Ville et du Logement a signé ce jeudi 14 mars au côté des foncières, des établissements publics[…]

18/03/2019 |
 Le bois acétylé apte à la fenêtre

Le bois acétylé apte à la fenêtre

Constance de Batz prend la direction des opérations chez MBACity

Constance de Batz prend la direction des opérations chez MBACity

Legendre signe un contrat cadre avec Resolving sur la gestion documentaire

Legendre signe un contrat cadre avec Resolving sur la gestion documentaire

Plus d'articles