Une rénovation salutaire

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Emblématique de l’œuvre corbuséen, la Cité de Refuge a été conçue au début du xxe siècle pour offrir une structure d’accueil et de réinsertion aux plus démunis. Une réhabilitation était nécessaire à la poursuite de son projet social, dans le respect de sa dimension patrimoniale. C’est chose faite.

Paris 13e. Dans une rue paisible, à quelques mètres seulement du vaste laboratoire constructif qu’est la ZAC Rive Gauche, se dresse un imposant paquebot de béton repérable à sa façade tricolore. La Cité de Refuge, livrée par Le Corbusier et Pierre Jeanneret en 1933, était protégée à l’origine par un mur-rideau en verre, fortement endommagé en 1944. Elle a fait l’objet d’une seconde intervention de l’architecte entre 1948 et 1952, qui lui a notamment substitué des châssis vitrés sur allèges pleines, munis de brise-soleil en béton (inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1975, de même que la couverture, le hall et l’escalier du bâtiment).

Notablement dégradé, l’édifice a fait l’objet d’une ambitieuse restauration menée par François Gruson (Opéra Architectes, mandataire) et François Chatillon, architecte en chef des monuments historiques (associé), sous la maîtrise d’ouvrage de Résidences Sociales de France (groupe 3F/Action Logement). Restauration conduite en deux temps : d’abord le Centre Espoir, bâtiment collatéral conçu par Georges Candilis et Philippe Verrey en 1978 pour augmenter la capacité d’accueil de l’établissement, puis la Cité de Refuge proprement dite. « Nous nous sommes alors retrouvés en présence d’un objet architectural composé de différentes strates, ce qui rendait impossible le retour à un état de référence, résume François Gruson. Néanmoins, les arbitrages entre souci de conservation et adaptation aux nouveaux usages ont été effectués de manière collégiale et validés par un comité de suivi archéologique, scientifique et technique formé pour l’occasion. »

Restituer les fondamentaux corbuséens

Pas de modification de la structure existante, mais un travail de revalorisation de la façade principale et une épuration menée à l’intérieur pour libérer les espaces par suppression des cloisonnements et des remaniements venus s’y greffer au fil du temps. Le réaménagement des plateaux a offert des conditions d’accueil plus adaptées aux résidents : aux dortoirs des années 1930 et hébergements individuels de 11 m2 aménagés par la suite se sont substituées des unités de vie améliorées. Trois chambres d’origine forment désormais deux logements équipés de sanitaires et de cuisinettes.
Quant aux exigences réglementaires, notamment au niveau de la sécurité incendie, elles ont fait l’objet de nombreuses études, menées en concertation avec les sapeurs-pompiers, pour éviter de dénaturer la cage d’escalier du hall principal par des écrans de cantonnement des fumées. Aucune gaine de ventilation, aucun faux plafond apparent. « Et pour cause, explique l’architecte mandataire, toute la “technique” de la Cité de Refuge se loge dans le Centre Espoir, adossé à son pignon nord. Une opportunité qui permet au programme, considéré dans son ensemble, d’atteindre les objectifs du “Plan climat” de la ville de Paris. » Ce chantier d’envergure (mené qui plus est en site occupé) aura duré quatre ans, pour un coût de 1 986 € HT du mètre carré.

N°349

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