Une piscine naturelle de 1 820 m2

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1. Piscine extérieure 2. Canalisation d’évacuation 3. Jardin filtrant (début du cycle) 4. Bassin planté (fin du cycle de traitement) 5. Canalisation d’alimentation de la piscine en eau filtrée Les flitres plantés ont nécessité l’utilisation de plantes locales pour assurer un traitement poussé sur les différents paramètres ; la combinaison de tout un panel de végétaux épurateurs favorise une grande biodiversité au niveau de la faune et de la flore. Toutes les eaux en provenance de l’aire de baignade sont traitées dans un réseau de filtres et de jardins plantés, le volume de la piscine étant intégralement renouvelé toutes les six heures.

© Docs. Phytorestore

Le traitement des eaux de baignade par l’intermédiaire de plantes locales réduit l’impact environnemental et les coûts de fonctionnement, tout en garantissant le confort des utilisateurs. Pour son village de Guilin, en Chine, le Club Med a inauguré 1 820 m2 d’aire de baignade naturelle.

Considérée comme la ville la plus pittoresque du pays et l’un des plus beaux endroits du monde, Guilin est située dans le nord-est de la Chine au milieu d’immenses rizières. En ouvrant ce village de vacances qui cible une clientèle haut de gamme, l’objectif du Club Med était donc de préserver ce décor paradisiaque particulièrement sensible aux problèmes de pollution, notamment de type organochlorés, et aux micropolluants dont il faut impérativement éviter le transfert dans la chaîne alimentaire. D’où le choix d’une technologie environnementale innovante, introduite pour la première fois en Chine : une piscine naturelle fonctionnant sans produit chimique, l’eau étant traitée au moyen de plantes par le biais de la rhizosphère. « Avec ses 1 820 m2 d’aire de baignade naturelle, il s’agit de la plus grande installation de ce type en Asie », se félicite Thierry Jacquet, fondateur de Phytorestore. Et les eaux usées du site font l’objet d’un traitement à base de jardins filtrants (lire l’encadré page suivante).

« Le concept de piscine naturelle est né dans les pays nordiques, poursuit Thierry Jacquet, avant de s’étendre aux grandes villes d’Allemagne et d’Autriche qui sont toutes dotées d’installations publiques. » Seuls les Anglo-Saxons semblent, pour l’heure, hermétiques à ce type d’équipement, « sans doute en raison d’une approche culturelle quelque peu différente en matière d’hygiène ». Autrement dit : pour que ce soit propre, il faut que ça sente le chlore ! Avec toutes les conséquences environnementales qu’impliquent les produits chimiques et les problèmes d’inconfort qu’ils peuvent générer chez l’usager (irritations cutanées, picotements des yeux, etc.).
Dans l’Hexagone, on recenserait une dizaine de piscines publiques naturelles, l’absence de cadre réglementaire expliquant, peut être, cette frilosité. « Il existe un projet d’arrêté national, mais qui n’a pas encore abouti, commente Thierry Jacquet. La réalisation de ce type d’installation, dont la fréquentation peut être soumise à un arrêté préfectoral, repose uniquement sur des préconisations de l’Anses [*]. »
Techniquement, les contraintes s’apparentent à celles des aires de baignade naturelles. Sur le plan sanitaire, les résultats sont plus difficiles à obtenir puisqu’il s’agit de milieux fermés, sans renouvellement naturel de l’eau (à Guilin, le volume est renouvelé intégralement toutes les six heures), dans lesquels les baigneurs sont susceptibles d’apporter des germes ou des bactéries. Cette solution, qui favorise la reconstitution de la biodiversité locale se révèle par ailleurs économique, du fait d’un entretien simple et rustique.

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