Une piscine comblée et rénovée au béton léger

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Un additif liquide pour bétons et mortiers permet, grâce à son effet « agent moussant » de fabriquer des bétons à faible densité (masse volumique de 500 à 1 800 kg/m3). Il ne génère aucune pollution additionnelle, simplifie les contraintes de stockage et facilite les conditions de mise en œuvre.

La piscine municipale des Mées, construite il y a plus de quarante ans, comprenait une fosse à plongée que la ville a décidé de supprimer afin d’obtenir un bassin à fond plat. Pour ce faire, l’entreprise en charge des travaux devait donc combler la fosse de 1,60 m et ce, sans alourdir la structure existante. « La solution qui consistait à remplir purement et simplement l’ouvrage de béton ou de granulats était, en effet, impossible, explique Bernard Mostacchi, le responsable de la centrale Perasso Alpes (Groupe Colas Midi Méditerranée). Le risque était de voir la piscine s’ouvrir en deux sous l’effet des contraintes de surcharge. » La densité du matériau de remplissage devait donc s’approcher autant que faire se peut de celle de l’eau, à savoir 1, la solution de base préconisant ainsi l’utilisation d’un béton léger à base de billes de polystyrène.

Stockage et fabrication simplifiés

« Comme nous avions déjà employé le Sika Betomouss, dans le cadre de petits chantiers de rénovation, nous avons eu l’idée de proposer cette solution à l’entreprise Cosepi France », poursuit Bernard Mostacchi. À la clé : économies de matière, transport, stockage et fabrication simplifiés, la mousse homogène et stable produite venant se substituant aux billes de polystyrène. « Avec 0,6 litre de produit, nous pouvons produire environ l’équivalent de 450 à 500 litres de billes, explique Patrick Rey, responsable technique de chez Sika. D’où des contraintes de stockage allégées au niveau de la centrale et une grande facilité de mise en œuvre. »
Autre avantage : aucune des pollutions additionnelles, sur centrale ou sur chantier, habituellement rencontrées lors de l’emploi des billes de polystyrène. Dans la pratique, il s’agit de la première utilisation à grande échelle (230 m3 de béton) de cet additif initialement conçu pour améliorer l’isolation thermique globale du bâtiment lors de l’utilisation de béton de remplissage ou de ravoirage allégé (la solution est compatible avec la RT 2012).
En termes de fabrication, le béton allégé résultant (de 500 à 1 800 kg/m3) peut être élaboré de deux façons : par incorporation directe de l’additif dans le malaxeur ou en introduisant la mousse produite par l’intermédiaire d’une lance génératrice spécifique (type Sika SG70, avec 4 bars de pression d’eau) dans la toupie, où elle est ensuite homogénéisée. C’est cette deuxième méthode qui a été employée sur le chantier des Mées, « la puissance de malaxage ne permettant pas de générer autant d’air et donc le volume souhaité », explique Patrick Rey (la densité varie en fonction du ratio quantité de mousse/mortier).

Une formulation modulable

À noter que la teneur en bulles d’air offre au béton une bonne maniabilité, mais qu’il est toujours possible d’utiliser un adjuvant ad hoc afin d’accroître la fluidité, voir rendre la formulation autonivelante. La première phase de travaux, initiée en mars 2015, a consisté à rénover les canalisations, une double nappe de treillis soudés étant ensuite posée avant de procéder au coulage à proprement parler. « L’opération s’est déroulée en moins d’une journée, entre 7 heures et 13 heures, précise Bernard Mostacchi. L’objectif étant d’atteindre une résistance suffisante pour pouvoir circuler sur l’ouvrage dès le lundi. » Le fond du bassin a ainsi pu être comblé en une demi-journée, le Sika Betomouss permettant d’éviter les 300 manipulations de sacs qui auraient été approximativement nécessaires pour fabriquer un béton léger équivalent de type billes de polystyrène.
La formulation (en l’occurrence type Sika Level Chape) devait en outre garantir une bonne fluidité, afin de permettre la mise en œuvre par pompage. « Elle devait également être suffisamment liquide pour assurer une bonne planéité, précise Bernard Mostacchi. Le béton ne pouvant pas, bien entendu, être tapé classiquement », eu égard à la hauteur mise en œuvre qui interdisant, évidemment, toute possibilité d’intervention manuelle. Une dalle en béton traditionnelle de 20 cm d’épaisseur a ensuite été coulée afin de rattraper les niveaux et garantir la résistance générale (notamment en termes de poinçonnement même si aucune sollicitation de ce type est a priori envisagée), cette dernière étant ensuite recouverte d’une membrane d’étanchéité synthétique (Sikaplan WP 310-15R) offrant une forte résistance au vieillissement, à l’eau chlorée et à une température d’eau pouvant atteindre 32 °C.

N°351

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