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Une montagne transformée en centrale solaire

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Une montagne transformée en centrale solaire

Cette serre géante modulaire, sans impact environnemental, est capable de produire de l’électricité via des turbines exploitant le gradient de pression généré par les variations thermiques.

Produire de l’électricité à partir d’une gigantesque serre construite à flanc de montagne. L’idée pourrait amuser si elle n’emanait d’un des plus importants bureaux d’ingénierie français, en l’occurrence OTH. Ou plutôt d’Elitoh, un département fondé spécialement par OTH pour fédérer les compétences et stimuler les projets à caractère innovant, à la croisée de multiples domaines techniques : simulation, façades, structures spéciales, expertises environnementales…

Et c’est précisément le cas de ce projet emblématique qui implique une réflexion poussée sur les structures ultralégères, ainsi que le développement d’une enveloppe aisément démontable, nécessitant peu d’entretien, transparente et efficace en terme d’isolation. « J’ai toujours été fasciné par le concept de tour solaire, mais les projets réalisés ou imaginés (voir encadré) sous-tendent des difficultés techniques et constructives énormes, eu égard aux dimensions requises », avoue Raphaël Ménard, le jeune directeur d’Elioth. La puissance de l’installation est en effet, grosso modo, proportionnelle à la hauteur de la cheminée et à la surface du collecteur (sans parler, bien entendu, du potentiel solaire). Les cheminées géantes doivent donc être capables d’encaisser les contraintes de vents et de résister à d’éventuelles sollicitations sismiques. D’où l’idée d’exploiter les reliefs naturels en bâtissant une tour géophysique. En d’autres termes, « construire une serre de 2 à 6 m de hauteur, implantée à flanc de montagne, la cheminée exploitant la topographie en s’élevant le long de la pente ». Corollaire environnemental : un impact visuel très limité, l’ouvrage ne s’apparentant pas à un OVNI géant dressé dans le désert !

Une structure modulable, sans impact sur l’environnement

Sur le plan structurel, le projet Elioth vise à réduire au maximum l’impact écologique de ses matériaux constitutifs sur l’environnement, « le système se devant d’être modulaire afin de pouvoir croître ou décroître selon les besoins énergétiques », précise Raphaël Ménard. Dans la pratique, la structure, entièrement démontable, sera constituée d’une membrane en ETFE (Ethylène Tetrafluoroéthylène), un polymère organique (dérivé de l’industrie spatiale) léger, transparent et beaucoup moins onéreux que le verre. Cette enveloppe ultramince (300 micromètres maximum) sera supportée par des poteaux gonflables, type boudin de Zodiac. Aucune fondation, la stabilité aux efforts de soulèvement étant assurée par des membranes synthétiques, sorte de bouillottes géantes, gonflées d’eau (récupérée des précipitations pluviales). « Ces ancrages, qui assurent également la résistance aux charges horizontales par le frottement de leur base, ont aussi une fonction d’accumulateur thermique », souligne Raphaël Ménard. Grâce à leur couleur noire, ils pourront emmagasiner la chaleur diurne afin de la restituer la nuit et permettre ainsi le fonctionnement nocturne. La méthode constructive pourrait s’apparenter au schéma de croissance des nénuphars. Chaque module de couverture (12 x 12 m) pourrait être quasiment transporté dans un sac à dos – les seuls acheminements lourds étant les turbines et les postes de transformation – les éléments préalablement montés servant à collecter l’eau pluviale pour les suivants. En cas de crevaison d’un poteau ou d’un lest, la production d’énergie serait toujours assurée car le désordre reste local, eu égard au choix du schéma statique. Côté coût, Elioth s’est fixé l’objectif de « 1 e investi pour 1 watt installé » pour des puissances supérieures à 400 MW (entre 1 et 5 e pour des centrales plus modestes). À comparer aux 7 à 10 e par watt du photovoltaïque et aux 1,5 milliard d’euros par tranche nucléaire de 1 000 MW… gestion des déchets et coût de démantèlement bien évidemment non compris…

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