Une double peau de métal et de verre

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Une double peau de métal et de verre

Cette structure « froissée », transparente et légère constitue la façade vitrine du siège du groupe Centre-presse. Une géométrie complexe qui a nécessité des repérages et des calculs très précis de mise en œuvre.

Le Groupe Centre-France, qui possède le quotidien régional La Montagne avait acheté à Clermont-Ferrand, un immeuble des années soixante-dix d’environ 50 m par 25 m et 20 m de haut, tramé et construit en béton. Ce bloc massif était constitué de grands plateaux organisés autour d’un noyau central. «A partir d’un programme relativement succinct, nous avons organisé un concours gagné par Laurent Gauvin, architecte de CRR Architectes. Nous avons programmé un recapotage complet de l’édifice, explique-t-il. La façade devait être constituée d’une double peau, la première assurant l’isolation de l’ancienne structure (un isolant et un bardage dont les performances thermiques suffisaient pour répondre à la réglementation), la seconde transparente et donc en verre à laquelle nous avons donné un aspect «froissé» destiné à rappeler le papier journal, symbole de l’activité du groupe. Bien évidemment un tel ouvrage ne pouvait être réalisé qu’en acier. Mais pour la réalisation de cette façade nous avons été soumis à des contraintes relevant à la fois du sismique et de l’incendie. »

Structure désolidarisée et autoportante

A l’époque de l’édification du bâtiment d’origine, aucune contrainte parasismique n’avait été imposée. La situation ayant évolué, il a fallu désolidariser la structure de façade de l’édifice lui-même et organiser un système de fondations totalement indépendant. « De façon caricaturale, remarque Laurent Gauvin, l’ancien bâtiment peut s’écrouler sous l’effet d’un séisme, pas la double-peau ! » Un grand escalier de secours également ajouté à l’édifice et qui comporte des ailerons de chaque côté a aussi fait l’objet d’une conception parasismique.

La nouvelle façade est fondée sur une trame de 3,60  m, matérialisée par des poteaux de 200 mm de diamètre remplis de béton pour répondre aux exigences de la sécurité incendie, recoupée tous les 1,2 m. Dès l’origine, les architectes ont souhaité donner à cet ouvrage une vocation de régulateur thermique. « Il s’agissait de faciliter la circulation d’air l’été et de la fermer l’hiver pour augmenter l’effet de serre. » Malheureusement, pour des raisons de sécurité incendie, cette option n’a pu être conservée. La façade double peau existe bien mais elle n’est fermée ni en haut ni en bas.

La structure métallique, disposée de façon irrégulière devant l’ancien bâtiment à une distance moyenne d’1,5 m, comporte également des galeries en caillebotis dont la vocation est multiple : servir d’échafaudage temporaire pendant le chantier, assurer la fonction de brise-soleil une fois l’ouvrage terminé, servir de circulation pour la maintenance.

Un relevé précis de l’existant

La conception comme la réalisation de cette façade ont été particulièrement complexes. « A cette occasion, nous avons pu mesurer les discordances entre logiciels utilisés par les architectes et les ingénieurs, relève Robert Spitzzi, ingénieur de ITC à Lyon. Il y avait des écarts jusqu’à 2 cm et pour affiner l’implantation de cet ouvrage irrégulier, il nous a fallu tout réadapter et définir la coupe de chaque travée. »

La nouvelle façade est solidarisée à la première par une série de petites consoles plus ou moins éloignées de la façade afin de respecter la géométrie froissée ; Ces consoles sont reliées via des attaches traversantes aux poteaux béton préalablement carottés de l’ancienne structure. Un travail extrêmement minutieux de confection et de réglages des attaches au cas par cas réalisé par l’entreprise Rudel de Riom. « Une fois chaque réglage effectué, poursuit Robert Spittzi, on pouvait procéder au soudage. »

La rigidité de la structure, indispensable pour éviter la rupture des verres, est obtenue à l’aide de tirants qui, accrochés à la poutre de faîtage, en descendent derrière les montants de la structure tubulaire. « Ce dispositif permet d’assurer une parfaite horizontalité des pièces ». « La fermeture est assurée par des éléments verriers selon une répartition aléatoire clair-opalescent, poursuit Laurent Gauvin. Le sommet de l’ouvrage est fermé à l’aide de polycarbonate. ». L’ouvrage comporte également un étage «directorial», structure métallique réalisée en toiture, à la place des édicules techniques.

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