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Interview

« Un micro-phasage fin pour accompagner la reprise des chantiers »

Félicie Geslin

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« Un micro-phasage fin pour accompagner la reprise des chantiers »

© Ingérop

Alors que les chantiers reprennent progressivement, Ludovic Vaz, directeur délégué de l’activité Bâtiment et Équipements d’Ingérop, revient sur les changements induits par la crise sanitaire du Covid-19.

CTB : Comment s’est organisée l’activité d’Ingérop pendant le confinement, et après ?

Durant la période de confinement, comme la plupart des acteurs de l’ingénierie, nous avons poursuivi notre activité de conception de manière dématérialisée, grâce à une infrastructure informatique efficiente, et suspendu la supervision des chantiers en cours du fait de leur arrêt. Mais depuis la publication du guide de l’OPPBTP et le début du mois de mai, les entreprises sont de retour sur les chantiers et nous les accompagnons dans le redémarrage des opérations. On distingue deux cas de figure : les chantiers qui, avant le confinement, commençaient (où en étaient au stade du gros œuvre), de même que les chantiers en phase de réception ou pour lesquels s’effectuaient les dernières levées de réserves, ont pu reprendre relativement aisément, dans la mesure où ils ne présentent pas de problèmes de densité ou de proximité des compagnons en milieu confiné. La reprise est plus progressive sur des chantiers en pic d’activité, impliquant des effectifs en pointe que le dimensionnement des bases vie ne permet pas d’absorber dans le respect des contraintes de distanciation. Cela entraîne des pertes de rendement, une prolongation des délais contractuels et des coûts supplémentaires induits par le plan général de coordination (PGC). Par ailleurs, sur de tels chantiers, la chaîne d’acteurs est plus importante, incluant sous-traitants et fournisseurs ; les recommandations de l’OPPBTP et le PGC étant assez générales pour ne léser personne, toutes les entreprises n’appliquent pas les mêmes mesures, notamment en ce qui concerne le port du masque. Notre rôle consiste donc, en concertation avec le référent Covid-19 – qui est souvent le coordonnateur SPS – et les entreprises, à proposer un micro-phasage dans lequel nous rentrons encore plus finement dans l’ordonnancement des tâches, afin que les différents intervenants puissent œuvrer sur le chantier sans risque de se côtoyer. L’enjeu étant de passer du théorique à des mesures de sécurité applicables concrètement par tous sur le terrain. C’est le cas notamment sur le chantier de rénovation de l'ex-siège de PSA au 75, avenue de la Grande-Armée.

CTB : Quels premiers enseignements tirer de cette crise ?

En termes de conception, je pense que cela va renforcer le rôle de conseil de l’ingénierie. De la même manière que nous avons intégré dans notre stratégie la prise en compte du facteur environnemental et la nécessité de décarboner la construction, nous allons désormais devoir composer avec le risque sanitaire. Dans la conception de logements par exemple, et particulièrement dans les métropoles, il faudra sans doute prévoir systématiquement des balcons ou des terrasses… De même que dans la fabrique de la ville, on va en venir à requestionner l’espace alloué à la voiture. Le bureau devrait connaître lui aussi des évolutions. Tout laisse à penser que ce ne sera plus tant un lieu où l’on travaille qu’un lieu de rencontre et de créativité partagée. Chez Ingérop, la situation a donné un grand coup d’accélérateur à la pratique du télétravail, qui n’était jusqu’alors qu’occasionnelle. Nous avons pu éprouver la fiabilité et le potentiel des outils collaboratifs qui nous ont permis de poursuivre notre activité, et cela aura des incidences sur nos manières de travailler à l’avenir. Le temps de présence au bureau va vraisemblablement diminuer au profit de moments plus qualitatifs, car dans nos métiers, nous avons malgré tout besoin de nous retrouver pour interagir sur des projets. En tous les cas, le digital va sortir grandi de cette crise !

CTB : Est-ce que cela pourrait conduire à une supervision des chantiers plus dématérialisée, à l’aide de caméras ou de drones par exemple ?

Pour le moment, ce n’est pas notre priorité, la présence terrain restant indispensable à nos yeux, d’autant qu’elle peut tout à fait s’organiser dans le respect des mesures barrières. Nous n’avons pas encore franchi l’étape de la dématérialisation de l’ingénieur sur le chantier…

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