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Un matériau dont les champs d’application s’élargissent

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Le lamellé-collé ou bois lamellé est une technique de fabrication ancienne qui consiste à contrecoller des lames multiples de bois raboté. Plus que jamais d’actualité, cette technique perdure et évolue constamment.

Le lamellé-collé, qui repose sur l’idée d’assembler plusieurs morceaux de bois n’est pas nouveau, puisqu’il remonte avant la période chrétienne. Au Japon, les arcs étaient déjà réalisés selon cette technique sophistiquée.

En construction, elle apparaît au xvie siècle en France. Familier de la charpente marine, l’architecte Philippe Delorme conçoit en 1548 des arcs en bois constitués de plusieurs sections de bois solidarisées entre elles par des clavettes, afin d’ériger des charpentes à fermes cintrées. Ce nouveau procédé de lamellation évolue ensuite au contact d’architectes et d’ingénieurs imaginatifs. Au xviie siècle, le colonel Émy, directeur des fortifications de Bayonne (64), réalise des assemblages de planches en bois cintrées et fixées entre elles par des boulons et colliers de métal. À la fin du xviiie siècle, les militaires reprennent cette technique pour bâtir des casernes et des manèges et la modifient alors, pour réaliser des toitures plates aux couvertures simplifiées.

Puis, à la fin du xixe siècle, le charpentier allemand Otto Hetzer améliore le procédé en remplaçant les assemblages métalliques par de la colle caséine : la charpente en bois lamellé-collé est née. Entre 1906 et 1907, le brevet de ce nouveau matériau, déposé en Allemagne, en France et en Suisse, va littéralement révolutionner les pratiques traditionnelles de la charpenterie, en apportant d’autres dimensions à la structure et un haut degré de technicité. Cette technologie se développe largement par la suite dans les pays d’Europe, avec la construction, notamment, de hangars et de halls d’exposition de grande échelle. Si le Bois lamellé-collé ou « BLC » n’est pas le procédé le plus utilisé dans la construction en bois, il est toutefois en progression depuis cinq ans, à cause de ses multiples avantages et performances. À l’image d’un millefeuille géant, ce matériau unit plusieurs lamelles de bois massif, de 33 à 45 mm d’épaisseur en moyenne, par collage à plat et à fils parallèles.

Esthétique et liberté de formes

Le BLC permet surtout de fabriquer des pièces de grande dimension pour franchir d’imposantes portées, comme celles de 105 m pour le Palais des expositions d’Avignon (84), ou de 130 m pour le stade de Poitiers (86). C’est un procédé particulièrement fiable, puisque le bois employé, très résistant, est purgé, alors que le bois massif risque à tout moment de se fendre. Cette technique est très utilisée en charpente, pour les poutres notamment, où les possibilités de formes sont infinies. Les sections peuvent être parallélépipédiques, ovoïdes ou rondes et présenter une inertie constante (une même forme tout au long de la poutre) ou variable. Ainsi, la ligne directrice de la poutre peut être droite, brisée, dédoublée ou cintrée. Les poutres en lamellé-collé sont capables d’atteindre des portées gigantesques dépassant les 180 m, grâce à l’assemblage des pièces. Le BLC représente donc un outil créatif de premier ordre pour les architectes qui peuvent dessiner des géométries et configurations de charpentes en tout genre, à partir d’une écriture libre et contemporaine.

Par ailleurs, le lamellé-collé sert à former des dalles employées en plancher, en toiture et en mur et permet également de concevoir des systèmes constructifs variés « sur mesure ». En plus des poutres, le BLC peut être utilisé pour fabriquer des portiques, des fermes (sur piliers ou maçonnerie), des arcs (sur poteaux ou maçonnerie), des dômes, des systèmes tridimensionnels, des consoles ou encore des systèmes en porte-à-faux. La combinaison de ces éléments crée ainsi une grande diversité structurelle et architecturale. Ce matériau se prête aisément à son industrialisation, par la préfabrication légère et sèche des pièces de bois. En revanche, il ne fait pas[…]

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