Un jeu de matières et de lumières ravive la pierre

Sujets relatifs :

PHOTO - 883825.BR.jpg

Un important travail sur les façades intérieures apporte une note contemporaine et ludique à cet ensemble immobilier du siècle dernier nouvellement accessible au public.

La réhabilitation des Docks de Marseille, signée des architectes Alfonso Femia et Gianluca Peluffo, de l’agence italienne 5+1AA, concerne le réaménagement des espaces du rez-de-chaussée et du sous-sol d’un édifice emblématique du port. Construit au XIXe siècle, ce vaste entrepôt de 365 m de long avait été réhabilité dans ces 7 étages en 1995 pour accueillir des bureaux. Restait à traiter la base du bâtiment, et notamment les quatre grandes cours intérieures, pour achever la reconversion du lieu et ménager des espaces intimistes au milieu de commerces et services.

Avec beaucoup de poésie et d’imagination, le traitement des façades raconte une histoire différente dans chacune des cours : « bleu de la Méditerranée », « feuilles de céramique verte », « palmiers et jasmin », et « voiles ». S’appuyant sur les parois existantes, les nouvelles façades habillent partiellement la pierre et masquent les organes techniques apparents (gaines techniques de désenfumage, ventilation, escaliers de secours, ascenseurs). La matière est mise en scène de manière à susciter l’étonnement. Très présente, la céramique fait l’objet de plusieurs techniques de pose selon les espaces. Dans la cour « bleu de la Méditerranée », sa mise en œuvre relève du trencadis ou pique-assiette, une technique selon laquelle la céramique est utilisée sous forme d’éclats dans sept nuances de bleu. Les parties en applique sont collées sur un support en tôle zinguée, rivetée sur une ossature acier. Dans la cour « feuilles de céramique verte », les carreaux sont fixés sur une résille en aluminium ancrée dans les murs. La végétation participe également au traitement architectural, qui associe grillages métalliques et pots suspendus pour permettre à des plantes de grimper sur les façades. A l’extrémité nord du bâtiment, des suspensions en tubes acier et tissu métallique jouent sur les volumes et filtrent la lumière de la cour des « voiles ».
Cette transformation des Docks, qui a d’ailleurs requis plus de deux années de travaux, est le fruit d’un « circuit vertueux », qui, comme le résume Alfonso Femia a consisté à « faire travailler ensemble un artiste (Danilo Trogu), des artisans, des industriels et une entreprise. Relever et remporter les défis de la bureaucratie, de la technique et de la culture ».

N°348

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°348

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2016 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Nous vous recommandons

Aquarel empile ses bureaux en porte-à-faux

Aquarel empile ses bureaux en porte-à-faux

La morphologie particulière de ce bâtiment a nécessité la mise en œuvre de deux techniques atypiques de reprise des porte-à-faux. Situé en bordure de Seine et en face du parc de l'île[…]

22/06/2017 | Gros oeuvreChantier
Reconversion d'envergure à Charenton-le-Pont

Reconversion d'envergure à Charenton-le-Pont

Dalles post-contraintes pour parking aérien

Dalles post-contraintes pour parking aérien

L’hippodrome de Longchamp monte ses tribunes

L’hippodrome de Longchamp monte ses tribunes

Plus d'articles