Un jardin vertical planté dans des tubes perforés

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Lorsque le jardin Verticale est installé à l’extérieur, l’arrosage est assuré par un système de goutte à goutte classique au cœur du tube intérieur. Il peut également être opéré par un système de brumisation, afin de réduire le dépôt de poussières sur les plantes. L’eau excédentaire est récupérée au bas de l’installation.

© Doc. HDE

Une nouvelle technique de murs végétalisés réduit les coûts d’entretien, en s’affranchissant des contraintes liées au géotextile. Le système, commercialisé sous le nom de « Verticale », est mis en œuvre à Paris par les ingénieurs des Jardins d’Île-de-France.

Élégants et naturels, les jardins verticaux ont la faveur du public. Autant pour habiller de nature un espace extérieur que pour décorer de verdure un mur intérieur, voire pour réaliser des cultures, installer un potager domestique, planter un jardin botanique. Il existe bien des murs de salades en Nouvelle-Zélande, ou de fraisiers en Allemagne.

Si l’imagination des concepteurs et des architectes est sans limites, ce n’est pas le cas des coûts d’installation et de maintenance, qui demeurent élevés : l’entretien de l’emblématique jardin vertical de 800 m² du musée du quai Branly, à Paris, est de l’ordre de 35 à 40 € HT/m² (lire Les Cahiers techniques n° 316, p. 44).
Jusqu’ici les concepteurs utilisaient des techniques de pose mettant en œuvre un géotextile comme soutien et humidifiant, en forme de poches (tiroirs) ou de panneaux. Mais, à l’usage, ce support s’abîme rapidement : lorsqu’une plante est retirée ou remplacée, son système racinaire arrache le substrat et déchire le géotextile. La durée de vie de ce dernier est donc limitée. Cela peut poser problème, puisque les murs végétaux sont considérés comme un tableau, au même titre qu’un bien mobilier. Ils ne sont donc pas soumis à la garantie décennale.

Une pose réalisée à sec

C’est pour réduire les coûts et s’affranchir de cette fragilité que les ingénieurs des Jardins d’Île-de-France (JIDF) ont inventé le concept « Verticale ». Ils sont partis d’une idée simple et économique : l’alignement vertical de tubes. Le brevet a été validé le 22 mars 2013 par l’Inpi. Il couvre le principe d’une structure tubulaire double (support) prenant en sandwich une chaussette en géotextile qui assure la répartition de l’humidité. En usine, les doubles tubes sont perforés transversalement, afin de constituer les zones où seront plantées les pousses. Sur le chantier, la pose est simple. Elle est réalisée à sec et les tubes sont mis en forme, de manière à épouser de nombreuses configurations : en entourage de fenêtre, en flûte de Pan, en paroi verticale ou inclinée. Les tubes sont disposés un par un, puis remplis d’un substrat composé de terre allégée, déposé directement par l’intérieur. Un réseau de goutte à goutte a été installé au préalable pour être opérationnel au centre du dispositif.

Du composite pour une portée de 20 mètres

La première mise en œuvre a été effectuée chez Eurosites, gestionnaire de salles, avenue Georges-V à Paris (8e arr.). C’est la seule réalisation avant la mise en production industrielle du procédé. Le système a été installé par trois personnes en quinze jours. Composé de quatre éléments (chacun de 2,5 m de hauteur et 2 m de largeur), il mesure 5 m de hauteur par 4 m de largeur (20 m²). Les tubes sont rigidifiés par des boulons en inox fixés sur un cadre métallique. Le mur végétal est maintenu verticalement par une embase en béton qui fait également office de caniveau de réception des eaux résiduelles. Le bloc est autoporteur et placé à une distance de 30 cm du support, afin d’assurer une bonne ventilation. Et des bouchons obturent la partie haute des tubes, pour que la pluie ne vienne pas perturber l’équilibre hydrique du substrat.
Pour cette installation test, les tubes utilisés sont en PVC et d’une hauteur de 2,5 m maximum. « Mais ces éléments sont finalement assez lourds, ce qui limite leur hauteur, observe Hervé Raulin [lire ci-dessous], directeur général des JIDF. La version commercialisée est en matériau composite, moins dense, ce qui permet d’atteindre des portées jusqu’à 20 m verticalement, sans intermédiaires de liaison. De plus, un simple système de câblage en inox suffit à les maintenir en place. »

N°341

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