Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

Dossier

Un aménagement d’espace lié au projet pédagogique

Sujets relatifs :

Un aménagement d’espace lié au projet pédagogique

La façade sur cour en forme d’équerre, qui ouvre sur les cours de récréation et le jardin attenant, empile trois strates d’espaces différenciés.

Que ce soit pour une école maternelle ou une crèche, la répartition des espaces tient compte d’une programmation pointue issue des exigences des utilisateurs et de la commune, confrontés aux particularités du site d’implantation.

Lécole maternelle, qui accueille des enfants de 2 à 6 ans, constitue le socle éducatif et pédagogique sur lequel s’appuient et se développent les apprentissages (1). Le décret du 6 septembre 1990 précise l’organisation en trois cycles pédagogiques : le cycle 1 des apprentissages premiers à l’école maternelle, le cycle 2 des ­apprentissages fondamentaux qui commence à la grande section et le cycle 3 d’approfondissement qui se prolonge en primaire. De plus, la généralisation de la scolarisation d’enfants de plus en plus jeunes (moins de 3 ans) conduit à créer trois niveaux liés à l’âge : la petite section (PS) pour les 2 à 3-4 ans, la moyenne section (MS) pour les 3 à 4-5 ans et la grande section (GS) pour les 5 à 6 ans.

Ces évolutions ont entraîné de multiples incidences sur l’organisation des espaces. Et avec l’apparition du décret du 1er août 2000, une réglementation des lieux d’accueil des enfants de moins de six ans voit le jour. Celle-ci traite de la conception architecturale et du projet pédagogique. Sachant que chaque commune française définit son programme spécifique d’école.

Une programmation rigoureuse

A Paris, la Direction des affaires scolaires (Dasco), qui fait construire, équiper et entretenir les bâtiments scolaires, a établi un cahier des charges d’aménagement spécifique aux écoles maternelles et primaires. Il énumère les divers types de locaux à prévoir, en fixe leurs surfaces et préconise leur implantation. À savoir que l’espace de base et charnière de l’école demeure l’entrée et son hall qui doivent être facilement accessibles. Implantée en rez-de-chaussée et sur la rue, l’entrée dessert plusieurs locaux et espaces. Ainsi, ce hall doit être contigu à la loge du gardien prolongée par un logement de type 4 pièces qui possède un accès direct sur la rue. La porte de la loge est vitrée, afin d’assurer un contrôle visuel sécurisé.

Espaces dévolus à des activités

Doté d’un espace d’attente, le hall ouvre sur le bureau de la direction chargé de l’administration et de la gestion. Un local de rangement de fournitures, stockant la papeterie et l’équipement audiovisuel, jouxte ce bureau. De plus, le hall dessert le cabinet médical, dans lequel le médecin et l’assistante sociale reçoivent, ainsi qu’un sanitaire pour adultes et une douche. Le hall a aussi pour rôle de permettre une circulation aisée des enfants et des enseignants vers la cour de récréation et la salle de jeux (ou préau). D’une hauteur sous-plafond minimale de 3,50 m, le préau, dégagé de tout poteau, est isolé acoustiquement et bien éclairé. À vocation polyvalente et doté d’un local de rangement du matériel, il offre la possibilité d’y pratiquer des activités collectives (ronde, parcours de motricité, petits spectacles, séances de cinéma). À côté de cet espace de détente, se trouve un local affecté au centre de loisirs du mercredi. Il permet la tenue d’ateliers artistiques (peinture, poterie, etc.), ainsi que le stockage du matériel et des travaux d’élèves. Accessible de la cour de récréation, la salle à manger est reliée à la cuisine (avec laverie). À proximité, se trouvent des sanitaires et un ­espace « porte-manteaux » de 2 m/classe. Les salles d’exercice sont réservées à l’enseignement proprement dit. Communiquant entre elles par une porte, les classes doivent se situer prioritairement au rez-de-chaussée, notamment pour les petites sections. Chaque salle, ­attribuée à une maîtresse, accueille entre 25 et 30 élèves. Ces classes permettent la pratique d’une activité unique (musique, poésie, etc.) ou de plusieurs activités réalisées simultanément en petits groupes (peinture, lecture, jeux calmes, etc.). De plus, la salle de repos, qui doit jouxter les sections des petits, est ­positionnée entre deux classes. Elle sert à la sieste des plus jeunes enfants. Concernant les salles de propreté, elles aident les enfants à acquérir des habitudes d’hygiène. Plusieurs sanitaires doivent être prévus à proximité des classes, du centre de loisirs, de la cour de récréation et du réfectoire. Quant à l’espace récréatif externe, il doit se trouver au rez-de-chaussée et de plain-pied, sur la totalité de sa surface. Si ce n’est pas le cas, un complément de surface, correspondant à 30 ou 40 % de la superficie globale, peut être aménagé en terrasse.

Répartition des enfants en trois secteurs

Ce lieu bien ensoleillé offre aux enfants l’occasion de bouger et jouer, pendant les récréations. Une partie abritée doit être prévue pour les protéger les jours d’intempéries. Par ailleurs, plusieurs accès sont à prévoir, en rez-de-chaussée, sur la partie du bâtiment longeant la rue. Le ­logement de fonction du directeur doit aussi posséder un accès particulier. De plus, un autre accès, proche de l’aire de livraison et menant au local poubelles et à la cuisine, est nécessaire (denrées, repas). Enfin, un dernier accès, doté d’un portail, permet l’entrée d’un véhicule chargé d’entretenir le jardin de l’école. Quant à l’organisation d’une crèche, elle varie suivant son type : crèche collective, parentale ou familiale. La crèche parentale est gérée par une association de parents qui assure la garde de leurs enfants (de 16 à 20) et y consacrent au minimum une demi-journée par semaine.

Alors que la crèche familiale regroupe des assistantes maternelles agréées qui gardent les enfants chez elles. Enfin, la crèche collective, qui dépend des municipalités, peut être de type multi-accueil, avec une partie temporaire en halte-garderie, ou bien de type permanent avec un accueil continu. Cette dernière, ouverte de 7 h 30 à 18 h 30, reçoit entre 30 et 60 enfants. Elle est dirigée par une puéricultrice encadrant un personnel qualifié, dont le nombre est réglementé : une personne pour 5 enfants qui ne marchent pas et une pour 8 qui marchent. La répartition des enfants se faisant par classe d’âge, suivant trois secteurs : secteurs des petits, enfants de 3 à 15 mois ; secteur des moyens, enfants de 15 à 24 mois ; secteur des grands, enfants de 24 à 36 mois.

L’atrium, pivot du schéma fonctionnel

Quoique pour des petites crèches, les enfants peuvent être mélangés. Pour le programme, la Direction de la famille et de la petite enfance (Dfpe) établit, pour la Ville de Paris, un référentiel, en liaison avec des professionnels de la petite enfance. Ce document définit en détail les différents espaces (surfaces et fonctions), avec leur implantation souhaitée.

À partir de ce cahier des charges, des variantes peuvent apparaître, (type de crèche, nombre de berceaux, statut de garde, et particularités propres au site et aux besoins de la commune). Pour une crèche collective de 60 berceaux, fréquente à Paris, l’espace central est l’atrium (50 m2). Il prolonge souvent la zone d’accès et celle du jardin, associée à une salle de jeux d’eau et à une autre d’expression (peinture, etc.). Le bureau de direction, doté d’une zone d’attente (13 m2), se trouve en façade et à proximité de l’entrée, pour assurer au chef d’établissement un contact visuel constant. A côté, le bureau polyvalent (12 m2), cellule de soutien des enfants et des parents, accueille un médecin et un psychologue pour des visites médicales, ainsi que les membres de l’équipe d’encadrement. De plus, un ­local voitures d’enfants (20 m2), d’une capacité de 40 poussettes, doit être positionné près de l’entrée, ainsi qu’un sanitaire public (4 m2), accessible aux parents et aux handicapés.

Quant aux unités d’accueil (ou sections), obligatoirement situées en façade pour bénéficier d’un bon éclairement, elles sont à proximité de l’atrium et du jardin. Chacune, (qui reçoit de dix à douze enfants et deux adultes) représente un espace convivial d’accueil des parents qui accompagnent leurs enfants. D’une même surface pour les trois sections (60 m2), chaque unité comprend un espace d’éveil (31 m2), une salle de sommeil (24 m2) et un poste de change (5 m2) : ces deux derniers espaces étant ouverts sur la salle d’éveil. Le sanitaire affecté aux plus grands doit être cloisonné par un vitrage. Ces unités étant presque systématiquement groupées par deux (120 m2), pour chaque tranche d’âge.

De plus, la biberonnerie (5 m2) doit être contiguë à l’unité des petits. Et un local à balais (3 m2) de dépôt du matériel de nettoyage doit être positionné à proximité des unités de vie. En ce qui concerne les locaux de service, leur implantation est proche de l’entrée. D’où le fait que la cuisine et ses réserves (30 m2), ainsi que la buanderie (11 m2), la lingerie (11 m2) et le local poubelles (5 m2), possèdent souvent un accès direct sur l’extérieur, pour la livraison notamment.

Les locaux du personnel, tels que les vestiaires, les sanitaires (18 m2) et la salle de détente (15 m2), sont situés à l’écart des secteurs d’enfants. Quant aux pièces de rangement, stockant le matériel et les produits d’entretien (10 m2), et les fournitures courantes (20 m2), ils peuvent être aveugles et se situer non loin de l’entrée. Enfin, un local de rangement des jouets (5 m2) peut être intégré à l’atrium ou faire partie du jardin, sous la forme d’un cabanon. (2)

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°264

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2006 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news hebdo Cahiers techniques du batiment

Nous vous recommandons

IGH (2/6) - L'heure des restructurations

Dossier

IGH (2/6) - L'heure des restructurations

Des programmes d'envergure apportent un nouveau souffle à des IGH vieillissants tout en les adaptant à l'évolution des exigences et des usages. Façades mal isolées, parfois en simple vitrage,[…]

14/03/2019 | Chantier
IGH (3/6) - Des consommations optimisées

Dossier

IGH (3/6) - Des consommations optimisées

IGH (4/6) - Mieux protéger du feu en résidentiel

Dossier

IGH (4/6) - Mieux protéger du feu en résidentiel

IGH (6/6) - Du vert en hauteur

Dossier

IGH (6/6) - Du vert en hauteur

Plus d'articles