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Trois solutions combinables pour économiser l’énergie

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Trois solutions combinables pour économiser l’énergie

Utilisation maximale de l’éclairage naturel, emploi de systèmes de gradation et équipement de sources peu consommatrices sont autant d’éléments qui concourent aux économies d’énergie. Des solutions qui, dans le tertiaire, ont du mal à se développer sans incitation volontariste auprès d’investisseurs qui ne sont pas gestionnaires de leur parc.

Globalement, la consommation dédiée à l’éclairage intérieur représente 10 % de la consommation totale d’électricité des bâtiments. Ce chiffre peut paraître minime comparé aux autres utilisations de l’électricité – notamment le chauffage – mais il existe au moins trois raisons principales pour rechercher des économies sur ce poste : les pointes de consommation d’énergie, l’augmentation des émissions de CO2, et l’existence de technologies pour réduire la consommation. Sans oublier que, pour satisfaire aux exigences de l’accord de Kyoto, il est demandé à l’ensemble des fournisseurs d’énergie – EDF, GDF, régies locales… – d’économiser 54 x 1 012 W/h sur une période de 3 années. En effet, l’utilisation de l’éclairage crée des pointes élevées de consommation d’une durée moyenne de deux heures par jour, à la tombée de la nuit. La réponse à ces besoins irréguliers entraîne un surdimensionnement du parc de production et, pour les centrales thermiques, une pointe d’émission de CO2. Alors que parallèlement, le choix de systèmes de gradation de l’éclairage mettant en œuvre des lampes à efficacité lumineuse élevée (rapport lumen par watt Lm/W) permet d’obtenir jusqu’à 80 % de réduction de consommation.

La réduction de la facture d’électricité commence par la prise en compte de l’éclairage naturel. Mais il est erroné de considérer l’éclairage électrique comme un éclairage d’appoint. L’expérience montre que l’homme ne sait pas correctement gérer le rapport entre lumière naturelle et lumière artificielle. Aussi, les systèmes proposés sont conçus pour garantir le niveau d’éclairement prévu par la norme pour un local ou un poste de travail – sans tenir compte des apports gratuits – et pour moduler ensuite l’apport de lumière artificielle complémentaire. La plage de réglage de l’apport « payant » pouvant être large (apport de 0 à 500 lux pour un bureau, par exemple), ces systèmes performants utilisent des lampes fluorescentes linéaires ou compactes alimentés par des ballasts électroniques. À elles seules, ces lampes, qui possèdent une efficacité lumineuse de 90 à 100 Lm/W, participent fortement aux économies d’énergie. Il suffit de les comparer à une lampe à incandescence classique d’efficacité comprise entre 15 et 17 Lm/W, dont 80 % du rayonnement est infrarouge (dégagement de chaleur) et 20 % seulement utilisé pour l’éclairement. Ces systèmes se trouvent surtout dans le tertiaire ou dans les bâtiments scolaires. Les lampes à décharge actuelles ne sont pas appropriées : leur réglage n’est possible que jusqu’à une baisse de la puissance d’alimentation de 30 % et les ballasts électroniques gradables associés ne sont pas encore au point. Les lampes à iodure, qui ont une luminance forte pour créer des taches lumineuses, ne sont pas non plus adaptées à des systèmes modulables qui modifieraient la couleur de la lumière émise.

Prendre en compte l’apport de lumière naturelle

Un système de gradation de la lumière artificielle comporte trois éléments : une commande, un luminaire doté d’un ballast électronique à gradation numérique et le boîtier gradateur. Quatre types de commandes sont proposés, et peuvent se combiner pour réaliser jusqu’à 80 % d’économie d’énergie par rapport à un système à ballasts ferromagnétiques non gradable. Le plus économique, le bouton-poussoir à l’entrée du local, permet (par un appui court) d’allumer ou d’éteindre les lampes et (par un appui long) d’augmenter ou de réduire l’intensité de la lumière. Plus confortable d’utilisation, la télécommande à infrarouge qui, en plus des fonctions précédentes, offre la possibilité d’enregistrer des scénarios pré­réglés déclenchables à partir d’une seule touche. Source d’économie évidente, le détecteur de présence fonctionnant en tout-ou-rien maintient l’éclairage uniquement en cas d’occupation du local. Enfin, pour tenir compte de l’apport de lumière naturelle, le capteur d’éclairement qui règle l’intensité de l’éclairage artificiel pour offrir le nombre de lux souhaité. Les fabricants dispensent des formations aux prescripteurs comme aux installateurs ou aux négociants pour faire connaître ces technologies. Lorsque le bâtiment est équipé d’une GTB (gestion technique du bâtiment), ces systèmes sont généralement couplés avec des programmes de gestion des ­stores ou des brise-soleil.

Un retour sur investissement toujours positif

Pour l’habitat, dans lequel ces technologies sont trop onéreuses pour être utilisées, les économies d’énergie sont réalisées avec des lampes fluocompactes, dont la puissance de 20 à 25 W offre un éclairement identique à celui d’une lampe à incandescence de 100 W, et en installant des variateurs sur les lampes halogènes dévoreuses d’énergie.

Le prix du kW/h étant moins élevé que chez nos voisins européens, le retour sur l’investissement d’un système réduisant la consommation électrique est plus long. Sachant que la durée de vie d’une installation électrique est de 12 à 15 ans, le retour est de 2 à 4 ans pour un système simple et économique et peut aller jusqu’à 5 ou 6 ans pour un système plus complet, voire 7 ou 8 ans pour un système de gestion sophistiqué. Mais un problème se pose du fait que le surcoût engendré par l’installation d’un tel système est imputé au propriétaire du bâtiment alors que la facture énergétique est à la charge du locataire utilisateur des locaux. Lorsque le propriétaire est également l’occupant – par exemple, dans une école communale – la notion de coût global incite naturellement à la mise en œuvre de solutions économes en énergie. Mais de nombreuses opérations immobilières ne s’inscrivent pas nécessairement dans ce cas de figure, et des actions sont mises en place pour inciter à investir dans des systèmes « économiseurs » d’énergie (voir encadré).

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