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TRIPLE VITRAGE Une technique adaptée au bioclimatisme

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TRIPLE VITRAGE Une technique adaptée au bioclimatisme

Doté de verres à couches peu émissifs et d’intercalaires garnis de gaz argon, le triple vitrage recèle de grandes qualités en termes d’isolation thermique renforcée, de confort visuel et phonique, mais aussi de pérennité.

Si le double vitrage est devenu d’usage courant en menuiserie, le triple vitrage prend doucement son essor en France. Mais il est depuis longtemps largement utilisé dans d’autres pays européens. Dans les pays scandinaves, au climat rude, le triple vitrage équipe environ 100 % des bâtiments, alors que l’Allemagne l’utilise un peu moins (80 % environ). Ici, de plus en plus de fabricants de produits verriers, développant le double vitrage, étendent leur production au triple vitrage, à raison de 10 à 15 %. En effet, le multivitrage, formé de l’addition de plusieurs parois, permet d’augmenter les performances d’isolation, en créant des espaces hermétiquement clos entre les faces extérieure et intérieure du vitrage. Selon les lois physiques, chaque espace fermé contient un air sec et immobile, qui, dénué d’échanges gazeux, acquiert naturellement un bon pouvoir isolant. Celui-ci varie et dépend de la quantité d’air emprisonné et de l’épaisseur de la lame d’air ménagée entre les plaques de verre. À partir de ce principe, le triple vitrage, doté de deux interstices successifs entre les trois parois, offre une meilleure isolation que le double vitrage. Comme ce dernier, il peut utiliser un remplissage en gaz rare, afin de perfectionner ses ­qualités d’isolation. Ce type de gaz possède les propriétés suivantes : renforcement de l’isolation thermique des verres, limitation des déperditions de chaleur inhérentes aux lames d’air et diminution de la conductibilité. D’où une réduction des pertes par convection, due au ralentissement des déplacements gazeux à l’intérieur des lames. L’emploi généralisé de l’argon dans les doubles et triples vitrages est justifié. Ce gaz, plus isolant que l’air, représente, à ce jour, le meilleur rapport qualité-prix. Il existe également le gaz krypton, plus performant, mais plus rare et plus onéreux. Un autre procédé permet d’accroître le pouvoir isolant du vitrage en diminuant son émissivité.

Garantie de pérennité

Pour restreindre ce phénomène de transmissions thermiques par rayonnement infrarouge, il suffit d’avoir recours aux revêtements transparents à faible émissivité. Ces derniers sont constitués d’une fine couche d’oxyde métallique qui laisse passer les ondes courtes des rayons solaires et fait écran à une partie de la transmission de la chaleur issue d’ondes plus longues. Ce type de revêtement est apposé sur deux des faces internes du triple vitrage, en faces deux et cinq. Son application sur la vitre la plus proche de l’extérieur limite les apports de chaleur, en cas de fort ensoleillement en été. Tandis que sa mise en place sur le verre situé le plus à l’intérieur restreint, au contraire, les pertes de chaleur la nuit en hiver. Ainsi, le fabricant Saint-Gobain propose un verre à couche haute performance, le SGG Planitherm Max, conçu pour le triple vitrage, soit la gamme SGG Climatop à isolation thermique renforcée. Composée d’atomes de métaux déposés par pulvérisation sous vide, cette couche limite les déperditions de chaleur en réfléchissant les infrarouges vers l’intérieur. De même, le fabricant AGC Flat Glass offre le Planibel Tri, triple vitrage au facteur solaire élevé, doté de deux couches isolantes à faible émissivité déposées sur des vitrages float clair ou extra clairs spécifiques. Avec un facteur solaire g de 60 % qui devient 63 % avec des verres extraclairs, les apports solaires gratuits augmentent. Voué au secteur résidentiel, ce produit permet de réduire la consommation de chauffage de près de 10 %, par rapport à un vitrage classique. En variante, le fabricant VIT propose d’insérer, au milieu du triple vitrage, un verre retardateur d’effraction, les trois verres pouvant aussi être trempés. En fait, il est possible de créer une multitude de combinaisons de verres, adaptées à des formats et fonctions donnés. Néanmoins, le vitrage ne peut pas à lui seul garantir un haut degré isolation. Il est recommandé de bien étancher les menuiseries, par des joints, et d’ajouter des volets concourant à renforcer l’isolation globale.

Bien que plus coûteux, le triple vitrage recèle de nombreux avantages, comme sa grande transparence conservée et son bon rendu de couleurs. Son pouvoir isolant (thermique et phonique), qui semble être trois fois supérieur à celui du double vitrage, limite les pertes énergétiques.

Approche environnementale incontournable

De plus, il accroît le confort des espaces intérieurs, en hiver, et minimise la surchauffe en été. Ce matériau performant et durable, voué à une faible consommation, est donc adapté à l’habitat passif neuf bien isolé et étanche et à celui à énergie positive. Le triple vitrage est également intéressant pour la rénovation lourde de maisons, dans lesquelles l’ensemble de l’enveloppe est traitée thermiquement et phoniquement, par une surisolation des murs et de la toiture. En revanche, il présente certains désagréments, comme son épaisseur accrue qui augmente son encombrement et son poids. Ce qui complique sa manipulation obligeant à recourir à des menuiseries adaptées, dotées d’huisseries plus épaisses, la charge supplémentaire ayant tendance à endommager les charnières des ouvrants. Et si son surcoût représente un frein à son développement, il peut être compensé par des économies de chauffage non négligeables, liées à la prise en compte d’apports solaires réduisant la facture énergétique globale. Dans le cas d’une construction neuve, l’orientation de l’habitation est primordiale pour bien implanter les pans vitrés et bénéficier au maximum du rayonnement solaire. Cette approche ­bioclimatique devenue incontournable peut être facilement mise en œuvre, en fonction de la région d’implantation. En France, les régions du nord et de montagne, au climat froid, sont les plus appropriées, avec une orientation plein nord privilégiée.

Dernières innovations et tendances

Le triple vitrage n’était, jusqu’à présent, conseillé que pour les façades exposées au nord, celles-ci ne bénéficiant pas du rayonnement solaire. Leur transmission lumineuse et leur facteur solaire étant médiocres, ils n’apportaient que peu de gains de consommation énergétique. Avec les dernières recherches menées sur les verres à couches, l’emploi d’un verre extrablanc très transparent, comme verre intermédiaire, offre une pénétration accrue de lumière naturelle, l’apport solaire étant équivalent aux doubles vitrages les plus performants. Il est désormais possible de mettre en œuvre des menuiseries à triple vitrage en façade sud, tout en réduisant la taille des ouvertures. Pour Nelly Philipponnat, directrice du marketing chez AGC Flat Glass Europe, « l’innovation porte sur la production d’un nouveau verre à couches plus efficace, le triple vitrage Planibel Tri qui, lancé en début d’année, est doté de deux couches peu émissives spéciales et d’intercalaires à gaz argon. Le facteur de ­transmission thermique Ug est amélioré et atteint 0,6 ou 0,7 W/m2.K, alors qu’il n’était auparavant que de 1 W/m2.K. Le facteur solaire g, quant à lui, s’élève à 60 %, voire 63 %, lorsqu’est inséré un verre ­central extraclair. Ce système génère d’importants apports solaires gratuits et par conséquent des économies de chauffage essentielles ». Et si la transmission lumineuse augmente et oscille entre 70 et 74 %, selon les cas, l’isolation thermique est optimisée et se trouve être supérieure d’environ 30 % par rapport à un double vitrage VIR (vitrage isolant renforcé). Pour Nicolas Riou, directeur du groupe éponyme, « le triple vitrage, doté d’intercalaires TPS thermoplastiques, est de plus en plus performant et ne transmet pas le froid. Bien que plus onéreux, il représente un marché en devenir répondant à la RT 2012 et à d’importantes économies d’énergie. »

Tableau des fabricants

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