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Toits verts : quelles conditions pour l’existant ?

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© Doc. Topager

Structure porteuse, membrane d’étanchéité, accès, sécurité et points d’eau figurent parmi les points clefs à valider lors d’un projet de transformation d’une toiture-terrasse existante en terrasse végétalisée ou terrasse jardin.

Pour renforcer la part du végétal en ville, lutter activement contre le phénomène d’îlot de chaleur et la saturation des réseaux d’assainissement lors de forts épisodes pluvieux, nombreuses sont aujourd’hui les métropoles qui soutiennent d’ambitieux programmes de végétalisation des bâtiments existants. A l’origine d’un plan de 100 hectares sur les murs et les toits d’ici 2020, la Ville de Paris en est l’un des exemples les plus récents. Dans ce cadre, les toitures terrasses représentent le gros des surfaces disponibles. A Paris, l’Apur a identifié 460 hectares de toitures plates brutes.

Assurer la capacité de portance et l’étanchéité

Conduire un projet de végétalisation sur l’existant appelle toutefois à la prudence. Comme le rappelle Raphael Lamé, gérant de la société Le Prieuré et président de l’Adivet, « le premier frein à lever concerne à la fois l’aptitude de la structure à supporter une surcharge de 100 kg/m2 a minima dans le cas d’un système extensif, 150 à 300 kg/m2 pour un complexe semi-intensif et plus de 500 kg/m2 pour un jardin, et le fait qu’il est très difficile de mettre la main sur les notes de calcul des bâtiments de plus de 25 ans ». Pour Ismaël Baraud, spécialiste toiture et étanchéité au CSTB, « si les toitures-terrasses avec dalle en béton armé sont les plus à même de répondre à de telles contraintes sans impliquer de lourds travaux de reprise de charges, les éléments porteurs en bac acier ou bois peuvent faire l’objet d’une étude particulière se limitant cependant aux systèmes de végétalisation les plus légers ».
Une fois réglée la question de la structure porteuse, se pose celle de l’adéquation du complexe d’étanchéité avec la végétalisation. « Quand bien même l’étanchéité existante serait récente et en bon état, elle doit être mise en conformité avec les textes en vigueur sur les toitures végétalisées qui exige une fonction antiracines », remarque François Lassalle, directeur R & D de Sopranature. Rares sont les solutions qui consistent à conserver l’étanchéité existante et à mettre en œuvre sur le dessus un nouveau complexe d’isolation et d’étanchéité. L’interposition d’un film antiracines seule n’est par ailleurs pas admise aujourd’hui en France. Cela suppose la plupart du temps de déposer l’ancien complexe et de le remplacer par un revêtement adapté. « Mais la réfection de l’étanchéité est aussi l’occasion d’améliorer l’isolation thermique de la toiture », constate Michel Cossavella, directeur de la direction clos et couvert au CSTB. Difficile à supporter en période de décennale, le surcoût engendré peut cependant être envisageable en fin de vie de l’étanchéité. L’aménagement d’une surface végétalisé sur des toitures ou terrasses existantes implique une mise en sécurité des usagers et du personnel d’entretien (garde-corps permanent, rehausse des relevés d’acrotère) ou individuels (ligne de vie, garde-corps provisoire) pour prévenir le risque de chute, selon l’usage et le caractère accessible ou non de la toiture.

Sécurité et entretien

Les contraintes d’entretien renvoient à la question des accès. Parfois inexistants ou peu satisfaisants du point de vue de la sécurité (lanterneaux, échelle à crinoline...), ceux-ci méritent pourtant une attention particulière pour permettre l’accès des personnels, des outils et l’évacuation des tontes d’entretien et déchets de taille. «Les évacuations d’EP doivent être protégées par des regards accessibles avec grille ou une zone stérile de 40 cm en minéral le long des acrotères », note Carmen Carboneras, directrice technique et commerciale chez Optigreen. En revanche, nul besoin d’en créer de nouvelles dans la mesure où une toiture végétalisée va naturellement stocker l’eau de pluie. Enfin, sur la question de l’eau, l’expérience montre que l’arrosage peut s’avérer nécessaire et qu’« il faut prévoir un ou plusieurs points d’eau dimensionnés à la taille de la terrasse : en nombre, en débit et en pression dynamique », souligne Carmen Carboneras.

N°345

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