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Système constructif polyvalent à panneaux en bois massif

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Système constructif polyvalent à panneaux en bois massif

2. Autour de la cage d’escalier et du mur refend montés en béton préfabriqué, viennent se greffer les murs, le plancher haut et la charpente, tous réalisés en panneaux de bois multicouches.

© (Docs. Dunoyer Charpente.)

Employés verticalement et horizontalement, comme murs porteurs et planchers, des panneaux modulaires multicouches ont assuré facilement la superstructure d’un ensemble de chalets de montagne.

Les Refuges des Outalays est un programme de sept chalets collectifs et un individuel en cours de réalisation dans la station du Grand-Bornand (Haute-Savoie). Chaque immeuble doit accueillir entre six et dix appartements. L’ensemble des 40 logements, totalisant une surface hors œuvre nette de 2 500 m2, représente un coût de construction d’environ 1 900 e HT du m2. Le principe constructif retenu, traditionnel dans son concept, consiste à réaliser un soubassement en béton et une superstructure en bois, ce dernier ayant été choisi pour ses vertus environnementales. Pour chaque chalet, la partie basse se compose de deux niveaux enterrés insérant des parkings pour les grands chalets, ou d’un rez-de-chaussée habitable pour les petits bâtiments. Sur cette assise, viennent se superposer deux ou trois niveaux en bois massif. Le système constructif adopté pour réaliser cette superstructure est un procédé autrichien en bois massif Santner, commercialisé en France par l’entreprise ­savoyarde Les Hommes du Pays. L’adaptation au projet de ce système composé de panneaux multicouches a nécessité une étude rigoureuse menée par le bureau d’études intégré à l’entreprise de charpente Dunoyer Charpente, conjointement avec l’architecte local Jean-Philippe Besson. Pour chaque niveau de chacun des chalets, il a fallu établir des plans précis de calepinage, à partir de dessins en 3D, des différents panneaux, comme les murs, dalles et charpentes. Ceci afin de répertorier et numéroter, pièce par pièce, les éléments en bois qui sont ensuite préfabriqués, au sein de l’usine autrichienne Santner.

Un procédé constructif modulaire

Une grande précision s’impose, sachant que les panneaux, découpés par des automates, sont tous dotés de leurs réservations propres (percement pour fenêtre et porte, languette, etc.). Finis, ils sont ensuite transportés par camion et livrés sur le site. Puis, ils subissent d’ultimes découpes d’adaptation dans les ateliers de l’entreprise Les Hommes du Pays, à savoir les feuillures basses des murs et les gorges pour les incorporations électriques. Pour chacun des chalets projetés, le chantier se déroule en deux phases. La première consiste à réaliser les deux niveaux de sous-sol ou le rez-de-chaussée en béton armé, avec le système préfabriqué Fehr. Celui-ci comprenant des murs précoffrés (deux parois minces en béton reliées par des raidisseurs métalliques) et des prédalles classiques. De plus, les cages d’escaliers et les refends ­séparatifs (de 250 mm) sont aussi réalisés en béton, par souci de confort acoustique. Cette ­assise bien plane offre ainsi une base solide supportant les terres, pour la réalisation en bois des étages supérieurs. Sur cette dalle en béton, sont d’abord chevillées des semelles en bois massif de 60 x 80 mm calées en planimétrie, sur lesquelles sont agrafés des joints élastomères étanches et acoustiques. Ces lisses accueillent les murs porteurs. Ceux-ci, composés de panneaux en bois de 208 mm ou 232 mm d’épaisseur et d’une hauteur d’étage de 2,50 m, sont pourvus de feuillures en pied. Ainsi, le premier panneau, bloqué latéralement, est incorporé dans la semelle, grâce à sa feuillure basse. Il est ensuite maintenu verticalement par un étai ­métallique. Tous les panneaux sont déplacés et positionnés à l’aide d’une grue.

Montage et assemblage performants

Puis, les autres panneaux, munis de rainures sur leur chanfrein, sont posés et assemblés entre eux, à l’aide de fausses languettes en bois de 54 x 27 mm. De plus, un joint élastomère vertical y est inséré, afin de rendre les panneaux étanches à l’air et à l’eau. Ils sont ensuite vissés latéralement, en partie inférieure, sur les lisses. Seuls les panneaux des murs d’angle sont assemblés verticalement par des tire-fonds, tous les 25 cm : la tranche visible « couturée » étant habillée d’une planche.

La pose des dalles débute lorsque tous les murs sont mis en œuvre, sur le pourtour du bâtiment. Pour assurer la portée requise de 4,50 m, les panneaux employés mesurent ici 1,25 m de largeur et 144 mm d’épaisseur. L’épaisseur de l’élément est définie en fonction de la portée et de la charge prédéterminées. Les panneaux sont posés horizontalement sur le haut des murs en bois périphériques et contre les refends en béton, grâce à des corbeaux de support. Puis, ils sont assemblés entre eux par des couvre-joints en bois de 27 x 110 mm, apposés et collés sur le dessus des panneaux rainurés. Ils sont fixés sur les murs par des tire-fonds. Ensuite, tous les murs du second étage sont mis en place sur la dalle en bois, suivant la même technique employée pour le premier étage.

Alliance du bois et du béton

Les planchers sont ensuite achevés. Ils sont recouverts d’une dalle coulée de 100 mm, sur laquelle est appliqué un isolant phonique en laine de verre ­Domisol de 40 mm qui accueille une chape allégée de 60 mm.

Cette dernière intègre un plancher chauffant. Le dessus du plancher reçoit comme revêtement de sol, ou un parquet ou bien un carrelage de 15 mm d’épaisseur. La dalle finie joue en fait un rôle de contreventement, pour l’ensemble du bâtiment. Et pour ce qui est des cloisons, elles sont mises en place lorsque chaque plancher et plafond sont achevés. Elles ne sont pas réalisées en panneaux Santner, trop onéreux, mais en plaques Placostyl de 72 mm d’épaisseur garantissant l’isolation acoustique. Quant aux toitures, elles sont traitées de façon traditionnelle, sans l’emploi de panneaux Santner, trop coûteux. La charpente en lamellé-collé est composée d’arbalétriers, pannes et chevrons. Sur les chevrons, est cloué un plancher en sapin de 22 mm d’épaisseur qui sert de support au complexe d’étanchéité. Sur cette nappe de bois, sont appliqués un pare-vapeur et une couche de laine de roche dense de 145 mm. Celle-ci reçoit des contre-lattes trapézoïdales de 27 mm, un contre-liteau de 40 mm et un second plancher ajouré de 27 mm soutenant des tuiles tavaillons en Red cedar. Enfin, pour les finitions, les monomurs en bois sont recouverts, sur leurs faces intérieures, d’une lasure protectrice, sorte de patine imitant du vieux bois. Alors que leurs faces extérieures ne subissent aucun traitement et restent tel quel. Grâce au montage rapide des éléments préfabriqués, effectué par du personnel très qualifié, le chantier s’est avéré performant, puisque le délai d’exécution de chaque chalet n’aura duré que six mois.

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