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Suspendre, cacher, isoler, aménager : les quatre fonctions du bâti-support

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Suspendre, cacher, isoler, aménager : les quatre fonctions du bâti-support

Pour les installations en coin, voici un bâti-support WC apparent et autoportant à finition en plaques de verre. Il supporte la cuvette et contient le réservoir de chasse. (Doc. Missel.)

Les bâti-supports – des armatures métalliques pour la suspension des appareils sanitaires – ont plusieurs avantages. Ils dissimulent alimentations et évacuations, facilitent la pose des robinetteries encastrées et le nettoyage, réduisent la transmission des bruits et permettent des aménagements inédits.

E n dix ans, les marques de bâti-supports sanitaires se sont multipliées. Largement confiné au secteur tertiaire dans l’Hexagone, ce produit permettrait – dans l’habitat – de dissimuler les ­canalisations, tout en favorisant le développement d’appareils sanitaires suspendus. Des canalisations apparentes pouvant être perçues comme inesthétiques, rendant plus difficile le nettoyage et propageant les bruits d’éventuels coups de ­bélier ou de siphons drainés. Mais la ­France vit sous le régime de la garantie décennale, un cas unique en Europe : ailleurs, elle est biennale. Les entreprises, devant une garantie de 10 ans pour toute canalisation encastrée et non-­récupérable, ont donc pris l’habitude de poser les tubes chauffage et sanitaire en apparent. Il existe pourtant deux moyens de dissimuler les ouvrages, tout en restant en garantie biennale. Le premier, applicable aux alimentations de radiateurs et à la distribution sanitaire, consiste à utiliser sous fourreaux des tubes semi-rigides sans aucun raccord entre les extrémités du fourreau (voir encadré).

Avec les multifaces, des aménagements originaux

Le second est de dissimuler tout le sanitaire technique derrière des bâti-supports. Cela dit, il est toujours possible d’engraver évacuations et alimentations dans la maçonnerie et de poser de longs tire-fonds pour supporter les ­appareils sanitaires. Mais c’est difficile, l’ouvrage final est naturellement en garantie ­décennale et il faut des murs d’une épaisseur respectable.

Il existe quatre types de bâti-­supports : pour WC (avec ou sans réservoir encastré), pour lavabo, pour urinoir et pour bidet. Certains constructeurs proposent des bâti-supports « universels » qui permettent de tout suspendre. D’autres (Comap et Missel notamment) commercialisent des bâti-supports multi­faces qui offrent des possibilités d’aménagements originaux : des banquettes séparatives ou un pan de cloison avec un lavabo sur une face, une cuvette de WC sur l’autre, des solutions en colonnes à trois faces… Relativement courants en Europe du Nord ou en Italie, ces systèmes sont peu connus des prescripteurs. Ils trouvent aussi leur utilité en rénovation, lorsque des cloisons ont été abattues pour agrandir la salle de bains sans avoir pu modifier, par exemple, l’emplacement des chutes et des ­alimentations. Des bâti-supports de jonction ­peuvent assurer une continuité esthétique de la paroi et dissimuler colonnes et raccordements dans l’aménagement de salles de bains « complètes ».

Tous se posent en applique, ­entre ossature métallique, au sol autoportant, au sol autoportant double fonction (deux faces). Selon Comap, les bâti-supports WC représentent plus de 90 % du marché français, celui-ci ­évoluant du bâti en applique vers le bâti autoportant, et commençant à s’étendre au logement haut de gamme.

Plaques prépercées pour la fermeture

Les bâtis WC en applique nécessitent un mur porteur et trouvent plutôt leur marché en rénovation. En construction neuve, comme la tendance est d’isoler par l’intérieur, les murs périphériques des logements sont inutilisables et les cloisons intérieures sont souvent non-porteuses. En revanche, les bâtis autoportants sont plutôt utilisés dans le neuf, car ils exigent une dalle de bonne qualité pour enfoncer solidement les tire-fonds au minimum de 6 cm.

Un bâti-support de WC à marquage NF (voir encadré) rassemble trois éléments principaux : un châssis métallique supportant la cuvette et le réservoir encastré ; un réservoir composé d’une coque stockant l’eau, d’un robinet flotteur pour le remplissage et d’une cloche assurant l’évacuation. Enfin, une plaque de déclenchement pour actionner la chasse d’eau.

Les constructeurs ajoutent des accessoires aux trois éléments principaux : manchon de raccordement en PEHD (polyéthylène de haute densité) ou PVC, coude d’évacuation PVC, manchettes de raccordement désaxées pour faciliter la ­connexion à la chute, ou commandes de robinetterie et de chasse d’eau déportées (au sol, au mur pour une action par le pied…), aussi bien mécaniques, électriques qu’électroniques. Delabie et Presto ont particulièrement développé des gammes étendues de commandes automatiques et sans contact.

Comap dispose d’un coude d’évacuation orientable pour raccordement direct sur PVC sans collage, grâce à un double joint torique. Une installation esthétique supposant une finition élégante des fermetures des bâti-supports, certains constructeurs (dont Geberit et Missel) proposent des plaques spéciales prépercées. Quant au produit de ­Missel, il apporte un affaiblissement acoustique supplémentaire. D’autres recommandent l’utilisation de plaques de plâtre hydrofuges conçues pour les ­pièces humides.

Lavabos : hauteur ajustable et siphon déporté

Ce type d’installation apporte plusieurs avantages à l’utilisateur : meilleure hygiène du fait d’un nettoyage facilité (pas de nid à poussières avec une cuvette suspendue), meilleure adaptation aux usagers puisque la hauteur de la cuvette est réglable à l’installation et réduction du bruit grâce à l’encastrement du réservoir et de l’évacuation.

L’aspect esthétique peut également jouer, avec la dissimulation de l’alimentation en eau, de l’évacuation et du réservoir, et la possibilité de personnaliser la plaque de déclenchement (couleur, forme et emplacement).

En outre, la forme des bâti-­supports WC s’adapte à diverses configurations : contre un mur, dans les angles, posés sous une fenêtre ou en combles, pour personnes handicapées avec des plages latérales étendues pour la fixation de barres et des ­poignées de maintien.

Et la plupart sont assez profonds pour abriter, en sus du réservoir de chasse, un broyeur domestique posé au sol ou suspendu dans le bâti-support. Le bâti-­support lavabo est particulièrement intéressant pour les personnes en fauteuil roulant. On peut ­régler sa hauteur à l’installation, de telle sorte que le fauteuil puisse s’insérer sans difficulté. Il autorise l’installation du siphon dans son épaisseur, ce qui supprime tout obstacle sous le lavabo. Si le réservoir est réservé à l’habitat, la chasse directe est pour l’usage en collectivités.

Delabie en propose des pré-équipés pour chasse directe et robinetterie temporisée ou automatique : le réservoir de chasse est remplacé par un tube et une robinetterie prémontés. Dans l’hôtellerie et les hôpitaux, les bâti-supports de toutes sortes permettent des aménagements en locaux techniques : l’appareil sanitaire, sa commande et sa robinetterie sont dans la salle de bains, tandis que le bâti-support, le réservoir de chasse, les alimentations, les évacuations, les robinets d’arrêt… sont dans ce local dédié. Ce dernier étant accessible depuis le couloir, il n’est plus nécessaire de pénétrer dans la salle de bains pour ­réaliser la maintenance.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°258

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