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Surélever A la (re)conquête de l'air

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Un doux rêve consisterait, comme dans les logiciels de maquette numérique 3D, à prendre le volume d’un bâtiment et à utiliser la fonction « extrusion » pour que s’ajoute la hauteur qui manque. Mais là, non, c’est la vraie vie. Ajouter un niveau, c’est anticiper la capacité de l’existant à le supporter. C’est faire en sorte que les réseaux se connectent. On est loin de la génération spontanée.

Pour une fois, personne ne mettra en doute la volonté politique de voir s’élever les bâtiments. Les objectifs sont multiples : densifier la ville pour consommer moins de transports, augmenter la mixité, offrir une ressource pour rénover les bâtiments et économiser de l’énergie. Les enjeux sont bien compris et la réglementation s’est assouplie dans ce sens. « Y a plus qu’à ! » pourrait-on dire.
Reste que surélever, c’est rénover. L’analyse de l’existant est donc un préalable. Certes les ressources pour l’analyse sont multiples, mais l’hétérogénéité des bâtiments est grande, surtout dans des centres-villes construits de longue date. Sondages, essais de traction, de chargement, les méthodes sont nombreuses pour observer comment répond la structure. Après un bon examen, le médecin peut établir le diagnostic et envisager les remèdes. Une reprise en sous-œuvre ici, une structure autonome là. Ou alors rien. Le surdimensionnement étant une pratique assez répandue, l’ajout d’un niveau en structure légère (acier ou bois) peut ne poser aucun problème.
Enfin, tout ça, c’est sur le papier, parce qu’ensuite il y a la réalité du chantier. Et puisqu’il s’agit de rénovation, les surprises ne sont pas rares. La réactivité des entreprises est essentielle. Par ailleurs, le recours à la préfabrication ne semble pas, aux yeux de certains, la meilleure solution. Les temps consacrés à la préparation du support et aux finitions sont en effet longs, en particulier dans l’ancien.
Quant aux réseaux de fluides, force est de constater que le projet de surélévation offre souvent l’opportunité d’une rénovation thermique globale. La nécessité que les niveaux supplémentaires soient conformes à la RT 2012 amène généralement à revoir les sources de chaleur et les réseaux. Leur passage dans les structures existantes n’est pas aisé. Mais ce peut être aussi l’occasion d’explorer le recours aux énergies renouvelables. Solaire en particulier. Une conférence de l’Institut national de l’énergie solaire (Ines) en juillet avait montré tout l’intérêt d’une telle démarche.

N°346

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