Surélévation en bois et métal pour un lycée parisien

Sujets relatifs :

PHOTO - 839911.BR.jpg

Une charpente mixte en acier et bois lamellé-collé, associée à des murs à ossature bois, a permis de surélever une aile d’un lycée parisien situé dans le 13e arrondissement. Ce choix constructif allie souplesse et légèreté, deux atouts sur un site soumis à de multiples contraintes.

Le lycée privé Le Rebours, fondé en 1868 à Paris (13e), a connu au fil des ans de nombreuses extensions et transformations. Le terrain est aujourd’hui bâti à 90 % et les accès s’effectuent par le bâtiment en alignement sur le boulevard Blanqui. Le maître d’ouvrage a souhaité exploiter ses droits à construire avec une dernière opération d’agrandissement. L’atelier ED Architectes a proposé la réalisation de deux surélévations indépendantes pour créer 1 200 m2 de surface Shon. L’opération s’est déroulée en trois phases : une restructuration de l’existant, avec notamment la mise aux normes d’accessibilité de 50 % des locaux, et les deux extensions (RT 2005). La première, étirée en longueur, a été livrée en septembre 2014 ; la seconde, sur quatre niveaux, est toujours en chantier.

Baptisée « Le Village », la première surélévation mesure 662 m2 Shon (864 m2 Shob) répartis sur un niveau pour trois quarts du bâtiment, et deux niveaux pour le quart restant. Sept salles de classe, des bureaux (59 m2), un foyer et une salle des professeurs (119 m2), ainsi que des sanitaires (19 m2) y ont été aménagés. Un ascenseur dessert l’ensemble des niveaux existants et créés. Ces nouveaux équipements coiffent un bâtiment des années 1950, construit sur un terrain présentant un fort dénivelé, et dont le toit-terrasse a été densifié au maximum compte tenu des contraintes rencontrées : poids, hauteur limitée, accessibilité du chantier, stockage des matériaux.

Filière sèche

Le lycée est bâti sur des carrières avec des zones de contraintes admissibles allant de 3 à 8 bars. La déclivité naturelle du terrain et la découpe des parcelles de l’îlot impliquaient des retraits et une hauteur de façade discontinue par rapport aux constructions voisines. Le chantier devait par ailleurs se dérouler en site occupé, en tenant compte des cours dispensés. Enfin, les approvisionnements ne pouvaient pas se faire depuis le lycée. Le maître d’ouvrage a donc passé des accords avec le voisinage, notamment avec Paris Habitat pour recourir à une grue mobile.
« La mise en forme des surfaces constructibles découlant du règlement urbain et du programme a mis en évidence des volumes avec des décrochés, des porte-à-faux et des portées dépassant 8 m de long, explique Sylvain Piron, architecte chez ED Architectes. Nous avons tout de suite introduit dans la conception un système constructif à ossature bois, car il permet une grande souplesse pour absorber les contraintes. » Facile à transporter, le bois simplifie l’approvisionnement ; une livraison hebdomadaire a pu pallier le peu de place pour le stockage. Bien sûr, le matériau a aussi été choisi pour sa légèreté. « Une construction en ossature bois évitait les grosses reprises en sous-œuvre, ajoute Sadoun Sadhek, chargé d’affaires chez Poulingue. Tous les travaux de gros œuvre, réduits à la seule création des cages d’ascenseur, cage d’escalier et la mise en place de quatre micropieux, ont ainsi pu être réalisés pendant les vacances scolaires. » Le travail de préfabrication réalisé en atelier par l’entreprise (murs à ossature bois, pannes et solives en bois lamellé-collé Douglas et épicéa français) a permis une mise en œuvre rapide en maintenant un chantier propre. Autre atout : l’absence de délai de séchage, comme c’est le cas avec le béton banché.
Grâce à ce système constructif léger et sec, l’opération a été réalisée en quatorze mois, tous corps d’état, compris, sans mobiliser les espaces existants sous le toit-terrasse en période scolaire. Les charpentes en lamellé-collé offrent de grandes portées, adaptées aux trames des classes. La préfabrication et l’assemblage des éléments à ossature bois ont également généré de faibles nuisances sonores.

N°341

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°341

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2015 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Nous vous recommandons

Aquarel empile ses bureaux en porte-à-faux

Aquarel empile ses bureaux en porte-à-faux

La morphologie particulière de ce bâtiment a nécessité la mise en œuvre de deux techniques atypiques de reprise des porte-à-faux. Situé en bordure de Seine et en face du parc de l'île[…]

22/06/2017 | Gros oeuvreChantier
Reconversion d'envergure à Charenton-le-Pont

Reconversion d'envergure à Charenton-le-Pont

Dalles post-contraintes pour parking aérien

Dalles post-contraintes pour parking aérien

L’hippodrome de Longchamp monte ses tribunes

L’hippodrome de Longchamp monte ses tribunes

Plus d'articles