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Structure Réhabilitation lourde pour les Dames de France

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Structure Réhabilitation lourde pour les Dames de France

Abandonnés depuis 1989 en plein cœur de Perpignan, les 5 000 m2de l’enseigne Les Dames de France viennent de retrouver de nouvelles fonctions commerciales et tertiaires à l’issue d’un réaménagement qui redonne à ce bâtiment son image d’antan.

Construit en 1905 par l’architecte Debrie, le grand magasin Les Dames de France avait subi de profondes modifications au cours des années 60 et 80. Elles avaient notamment entraîné la suppression du dôme, de l’atrium et de son grand escalier central ainsi que la modification des derniers niveaux et la surélévation du toit par un hangar de stockage. Après une inscription des façades et de la toiture à l’Inventaire des monuments historiques en 1999, l’édifice a finalement fait l’objet d’un travail de rénovation visant à retrouver l’esprit d’origine avec une interprétation plus contemporaine.

L’hypothèse de reconstruction totale du bâtiment en préservant les seules façades a été écartée pour des motifs de coûts, notamment au regard des contraintes parasismiques. Culminant à ­environ 24 m, la structure R 4 du bâtiment reste donc inchangée sur les trois premiers niveaux à vocation commerciale avec des hauteurs d’étages de 4 m environ. Les façades acier/pierre de taille assurent la fonction de murs porteurs périphériques et sont associées à 12 poteaux centraux qui délimitent le puits d’un atrium central carré de 12,30 m de côté. Ces poteaux, de section 420 x 420 mm, sont constitués des poteaux en fonte creuse d’origine, noyés dans un coffrage béton réalisé précédemment. La reprise des charges est également assurée par des poteaux intermédiaires en fonte, de diamètres 120 à 200 mm, répartis sur une trame d’environ 4,40 x 4,10m. L’ajout d’une peinture intumescente leur assure une tenue au feu de 1 h 30 min (selon un procès verbal d’essais spécifique).

Compte tenu du bon état apparent et des analyses ­approfon­dies des matériaux d’origine, les planchers ont été préservés et adaptés. Au rez-de-chaussée, la structure, en poutres IPN 300 et poutrelles IPN 160 intégrant des hourdis céramique plâtrés, supporte une dalle béton d’épaisseur 11 cm ou une chape de mortier grillagé d’épaisseur 8 cm sur coffrage en tôle ondulée dans quelques secteurs modifiés. L’intervention consistait à ajouter un isolant en polystyrène extrudé de 80 mm d’épaisseur, recouvert d’une chape de finition en béton fibré de 10 mm.

Une lumière zénithale jusqu’au 1er sous-sol

Aux 1er et 2e étages, une trame de poutres IPN300 accueille des poutrelles bois en sapin 220 x 80 mm supports d’un parquet en chêne (épaisseur 24 mm). La sous-face des planchers comprend des hourdis céramique entre les profilés et une couche de plâtre de 15 mm. Ces anciens planchers acceptent correctement une surcharge de 600 à 700 kg/m2, supérieure aux 500 kg/m2 exigés sur l’essentiel des surfaces commerciales. Pour accueillir les revêtements sur une surface propre et homogène, les travaux ont consisté à enlever les lames de parquet abîmées et à les remplacer par du Ctbh (épaisseur 22 mm). Après un ponçage général et vissage de toutes les lames, le plancher a été recouvert d’un ragréage de 5 mm d’épaisseur moyenne à l’aide de Cegesol SB. Soit un mélange autolissant de ciment et résine armé de fibres synthétiques capable d’absorber la souplesse résiduelle du plancher.

Au 3e étage, l’ancienne couche d’asphalte de 20 mm, les chevrons et le plancher chêne ont été remplacés par une dalle de béton allégé fibrastyrène de 15 cm d’épaisseur et d’une chape liquide de finition de 30 mm. Les deux derniers niveaux, en béton de mauvaise qualité, ont été remplacés par une structure acier neuve et des planchers béton sur bacs collaborants tout en préservant la toiture courbe en ardoise sur la périphérie (voir encadré). Ces 3e et 4e étages surbaissés de 2,50 m de haut accueilleront des bureaux.

Au centre de l’édifice, une coupole coiffe de nouveau le bâtiment en lieu et place du hangar (voir encadré). Surmontant le toit-terrasse, ce dôme de verre (hauteur : 5,70 m et largeur : 11,31 m diffuse une lumière naturelle zénithale qui éclaire l’atrium central jusqu’au 1er sous-sol.

Ce dôme se prolonge sur les deux niveaux inférieurs par un mur rideau conique vitré de 6 m de haut. Pour atténuer les vis-à-vis entre les bureaux et les espaces commerciaux inférieurs, ce mur est le support d’une fresque, sablée dans le verre. L’ensemble dôme/mur rideau reprend le volume général du dôme d’origine avec la même base de départ.

Sous la coupole, le bâtiment retrouve un atrium central sur toute la hauteur, jusqu’au premier sous-sol. Ce volume accueille les escaliers mécaniques ainsi que des passerelles de verre sur les trois premiers niveaux (voir encadré). En extérieur, les façades sont restaurées selon les prescriptions des Bâtiments de France avec remplacement des menuiseries en maintenant les divisions d’origine. Enfin, le bâtiment retrouve des marquises en verre sérigraphié, en remplacement des auvents.

Vingt mois de travaux, avec un désamiantage et la suppression des peintures au plomb, auront été nécessaires à la réfection de ce bâtiment.

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