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Structure Bassins préfabriqués en acier inox

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Structure Bassins préfabriqués en acier inox

1. Le centre aquatique comprend deux halles accolées. La principale, située au premier plan, est orientée au sud et affiche une façade vitrée agrémentée de pare-soleil.

Les sinistres en matière de bassins de piscines étant fréquents, les concepteurs de cet équipement ont choisi d’installer un procédé breveté italien composé à partir de panneaux préfabriqués en acier inox et d’une membrane PVC, le long des parois.

Le bassin sportif de la ­halle principale du centre aquatique de sports du Jarnisy (Meurthe-et-Moselle), situé dans une zone à future urbanisation, a fait l’objet d’une réflexion poussée et d’une conception différente que celle menée jusqu’à ­présent par les architectes.

En effet, l’exécution imparfaite d’un bassin, due à la reprise de coulage et aux raccords effectués entre le fond et les parois, ­entraîne des fuites incontrôlables et génère de nombreux ­sinistres. Grâce à Myrtha Pools, un système italien breveté du groupe A&T Europe, ils peuvent désormais être évités. Ce centre couvre une surface utile de 2 357 m2 (hors locaux techniques), pour un coût d’investissement de 5 473 485 M Q HT (hors options). « Le terrain présentant une certaine pente, le bâtiment a été positionné en perpendiculaire, pour garder des vues vers le vallon et la rivière », précise l’architecte Thierry ­Nabères. ­Mesurant 82 m de longueur par 40 m de largeur et 8 m (maxi) de hauteur, l’édifice se développe suivant deux volumes ­accolés : une halle principale, orientée au sud, contenant les divers bassins, et une halle secondaire, orientée au nord, accueillant le hall d’accueil, l’administration, les vestaires, etc.

Résistance à l ‘eau chlorée

Le procédé retenu, industrialisé récemment en France, est utilisé depuis longtemps dans de nombreux pays d’Europe. Il comprend des parois verticales (ou bajoyers) composées de membranes en PVC très ­robustes laminées sur de l’acier inox, qui leur assurent étanchéité et durabilité. Ce PVC spécial, qui résiste aux rayons UV et à l’eau chlorée très agressive, présente le double avantage d’être facile à ­poser et à nettoyer. Les éléments standardisés sont prêts à être mis en œuvre sur une semelle périphérique en béton armé, coulée le long du pourtour du bassin. Ces modules en tôle pliée sont boulonnés entre eux, avec des joints. À chaque jonction ­entre les panneaux, la pose d’une pièce de renfort de contreventement permet de ­rigidifier la structure et d’assurer une ­résistance antisismique. Cette mise en œuvre efficace offre de nombreux avantages.

Une technologie industrielle adaptée

Le fait que la réalisation soit à la charge de la même entreprise (qui fournit aussi les ­panneaux et les pièces usinées) est une garantie. De plus, ce procédé préfabriqué, qui permet de monter tous les éléments sur site, est un gage de rapidité et de qualité. Et grâce à la ­structure indépendante du bassin, la paroi est rendue autostable et autonome, ainsi que celle de la plage en béton, limitant tout ­désordre ­ultérieur. Par ailleurs, en partie haute du bassin, est intégrée une ­goulotte en acier inox qui a un rôle primordial, car participant au traitement général de l’eau. Ce dernier consiste à injecter l’eau par les bords du bassin, entraînant un débordement s’effectuant dans la goulotte même, de façon uniforme. Quant au fond de la piscine, il est constitué d’une chape en béton qui ne sert que de support, sans fonction d’étanchéité. Sachant que la pression sur le fond est réduite, car l’eau pèse moins que le terrain ­déblayé. Ce fond est alors revêtu, par soudure, d’un liner en PVC, constitué de lés soudés entre eux, en membrane imperméable de 2 mm d’épaisseur.

Enfin, pour offrir une souplesse d’utilisation du bassin dévolu à différentes activités, un fond mobile de 10 x 15 m a été préconisé. Il permet de faire varier la profondeur de 0 à 2,50 m, selon les usages des baigneurs (aquagym, compétition, nage synchronisée, etc.). L’un des objectifs du maître d’ouvrage étant de rendre accessible le bassin à tous, y compris les handicapés et les gens âgés. De marque Varipool, ce plancher flottant, rigide et immergé, se compose de caissons en plastique ajourés laissant pénétrer l’eau.

Une prise en compte environnementale

Il est rangé et maintenu au fond par un réseau de câbles. En bordure, l’application d’une jupe en éléments mobiles et d’une barrière amovible empêche tout baigneur de passer au-dessous. L’inconvénient est son coût élevé (275 000 J). Concernant le choix des matériaux et les ­dépenses en eau, les concepteurs ont mené une démarche respectueuse de l’environnement. Ainsi, pour la toiture-­terrasse qui couvre l’ensemble du bâtiment, une technique particulière d’isolation a été mise en œuvre, bien adaptée au contexte d’humidité. Le procédé utilisé se compose de bacs acier revêtus de panneaux d’isolant en verre cellulaire Foamglas qui sont étanches à l’eau et à la vapeur. La suppression des fixations mécaniques traversantes assure à la couverture une étanchéité continue à l’eau. Le bois employé pour les parements intérieurs, la charpente, les brise-soleil et les isolants (fibre de bois) est issu de ­forêts gérées de ­façon durable. Et les peintures labellisées NF Environnement n’émettent ni gaz COV, ni formaldéhydes nocifs. Quant à la qualité de l’eau, dont les dépenses seront maîtrisées, la réglementation est très contraignante. L’eau est traitée avec du chlore, suivant des quantités précises définies. Sachant que l’apport d’eau ­neuve est de 30 l par baigneur, l’eau chlorée évacuée est recyclée, puis filtrée et récupérée pour être utilisée dans les ­sanitaires et pour l’entretien. La maîtrise des consommations d’eau doit être assurée par un comptage divisionnaire et un détendeur de pression par zone, des douches limitées en débit, et des WC à double ­déclenchement. De plus, l’usage d’une ­chaudière gaz à condensation réduira les émissions de gaz à effet de serre.

En façade, les vitrages à isolation renforcée et le traitement des ponts thermiques limiteront les déperditions thermiques. Enfin, dans le cadre d’un chantier « vert », les déchets sont triés et valorisés, et les nuisances réduites.

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