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Sols coulés décoratifs : l’esthétique se conjugue avec le technique

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Sols coulés décoratifs : l’esthétique se conjugue avec le technique

1. Le sol lisse et coloré de cette entreprise a été traité avec du Résithan THP de Résipoly Chrysor, un autolissant à base de résine polyuréthanne très résistant. (Doc. Résipoly Chrysor.)

Adaptés à la plupart des supports, les différents procédés de sols coulés décoratifs apportent résistance et durabilité aux revêtements, tout en les enrichissant d’une infinie possibilité de créations picturales.

Les revêtements de sols coulés sont représentés par deux grandes familles de produits : les industriels et les décoratifs. Les premiers, utilisables en intérieur et/ou en extérieur, sont constitués d’une résine mélangée à du ciment ou des granulés divers. Très résistants aux UV, aux produits chimiques, aux agressions mécaniques, aux remontées d’humidité ou à la chaleur, ils sont particulièrement bien adaptés aux locaux industriels à trafic intense. Leur aspect importe peu, pourvu qu’ils soient robustes et pérennes. De composition similaire, les sols coulés décoratifs ont une vocation esthétique affirmée, doublée d’une résistance accrue. Chaque revêtement créé est personnalisable, par une coloration dans la masse ou par la réalisation d’effets décoratifs liés à divers procédés de fabrication. Assimilables à des peintures de sols, ces produits se présentent sous une forme liquide pour les résines et sont conditionnés en bidons. Pour les autres constituants, comme les poudres cimenteuses ou les granulats, ils sont conservés dans des sacs ou dans des seaux. Variables d’un fabricant à l’autre, ces produits associent une résine spécifique avec différents produits. Le plus souvent bicomposants, ils peuvent allier une résine époxydique et un durcisseur. À partir d’une résine polyuréthanne, sont ajoutés des granulats de caoutchouc qui confèrent au mélange résilient une certaine souplesse. Une résine époxydique peut aussi être mélangée à des granulats de céramique, ou bien de marbre, ou encore de quartz naturels ou colorés. L’alliance de ces divers composants, change nettement l’aspect et la texture du revêtement obtenu qui est plus ou moins lisse, mat ou granuleux. Quant au mode d’exécution, il se déroule à froid, à température ambiante. De façon générale, température du sol et température ambiante doivent être comprises au mieux entre 18 et 20 °C, au pire entre 15 et 30 °C. La mise en œuvre varie en fonction des produits et des procédés fournis par chaque ­fabricant. Avant de procéder à leur pose, il est nécessaire de préparer soigneusement le support soumis au DTU 59-3.

Un support impérativement impeccable

Ancien ou neuf, le support peut être une chape ou une dalle à base de liant hydraulique, comme une chape en ciment ou anhydrite, une dalle en béton, mais aussi, un ancien carrelage, de la pierre, du grès, de la terre cuite, et même un plancher chauffant. Il doit être impérativement sec, ­solide, stable, cohérent, propre, dépourvu d’impuretés et exempt de taches, graisses, ou autre pollution. Après un diagnostic de son état, le support nécessite un nettoyage. Ce dernier peut être chimique, avec un décapage ou un dégraissage du sol, ou bien mécanique par grenaillage, rabotage, meulage, sablage ou encore ponçage diamanté. Lorsqu’il présente des fissures, celles-ci doivent être aspirées, purgées, puis rebouchées à l’aide d’un mélange spécial. La mise en œuvre du revêtement coulé peut alors avoir lieu. Elle est sensiblement la même, à quelques variantes près, pour une chape mince ou plus épaisse. Un primaire d’adhérence est appliqué, en une ou deux couches, à l’aide d’un rouleau ou d’une raclette crantée en caoutchouc. Dans certains cas, ce primaire peut aussi se doubler d’un tiré à zéro, soit un ragréage étalé, à épaisseur quasiment nulle. Pour le système Pandomo Stone (Ardex Noval) et pour un support existant (carrelage, pierre), le primaire utilisé est constitué de résines époxy à deux composants. Il est appliqué au rouleau, en une seule couche, et suivi d’un sablage. Alors que pour un support neuf (chape en béton, etc.), selon ce même procédé, le primaire est composé de résines synthétiques en dispersion (en phase aqueuse). Il est apposé en deux couches croisées, avec un temps de séchage d’une heure entre chacune.

En cas de prescription complexe, un designer attitré

Cette phase de pose peut être suivie d’un débullage effectué au rouleau, afin d’éviter toute apparition néfaste de bulles ou pour assurer la bonne mise en place des particules colorées. Ensuite, pour une chape mince, le revêtement est coulé en une seule passe et présente une épaisseur entre 1 et 5 mm environ. Plusieurs passes successives sont nécessaires pour une chape plus épaisse, dont l’épaisseur varie entre 5 et 10 mm, voire 20 mm. Ce revêtement peut être teinté dans la masse en même temps par l’incorporation de pigments naturels ou synthétiques. Après le coulage, un traitement au durcisseur par pulvérisation ou applicateur peut être effectué pour rendre le sol encore plus robuste. Suit la phase de finition ou l’application d’une couche de protection. Variant en fonction de chaque produit, elle donne au sol coulé son aspect particulier : brillant, satiné, mat, texturé, uni ou à dessins. En effet, la surface peut être poncée à sec ou à l’eau, puis couverte de plusieurs couches d’huile ou de cire, pour obtenir un aspect lustré et brillant. Elle peut aussi recevoir une ou plusieurs couches de vernis, à l’aide d’un rouleau mousse ou d’un laqueur, pour un aspect mat, satiné ou brillant. Grâce à certains vernis, le revêtement peut se protéger contre les rayures et les salissures et rendre l’entretien plus aisé. ­Certains fabricants vont encore plus loin dans la recherche créative et réalisent des mélanges de couleurs, des figures géométriques, des motifs divers ou des logos, ou encore des effets moirés ou nuancés. Lorsque la prescription se complexifie, le fabricant fait appel à un designer spécialisé. Il en est ainsi de la société BASF qui collabore avec l’artiste indépendant Jeanet Hönig pour la conception, à la demande, de dessins et autres compositions. Le sol sert alors de support de création. Pour le procédé ­Mastertop 1326 (BASF), l’intégration des dessins est réalisée au moment de l’application de la couche de masse de fond (résine polyuréthanne), qui a lieu après l’étalement et le ­sablage du primaire. Les motifs et les ­couleurs superposés ne génèrent ni surépaisseur, ni débordement ou mélange, à cause de la consistance de la résine qui est autolissante et visqueuse.

Une soixantaine de nuances

De plus, le pouvoir colorant accru des couleurs ajoutées garantit la stabilité des teintes. La gamme proposée est très étendue : une soixantaine de nuances (RAL et NCS). Dans un autre registre, le décor personnalisé du sol peut prendre des formes plus classiques. Le fabricant Kemco Design, inspiré de la tradition italienne (stucco italien ou terrazzo à la vénitienne) propose trois types de revêtements d’aspect minéral, constitués d’un mortier à granulats de marbre et d’une résine acrylique.

Le mortier est teinté dans la masse par l’incorporation de pigments naturels. Un principe qui permet de créer de multiples motifs et effets décoratifs. Par ailleurs, chaque type de revêtement, continu et dénué de joint, s’avère très solide et durable. En fonction de sa composition, il est capable de résister aux chocs, à l’usure, à l’abrasion, au poinçonnement, à la brûlure de cigarette, aux rayures, aux UV ou aux agressions chimiques et ­mécaniques, etc.

Il peut recéler d’autres propriétés et être, par exemple, antiglissant, antifongique, antibactérien ou participer à un affaiblissement acoustique performant, de ­l’ordre de 18 à 20 dB, dans le cas d’ajout de granulats de caoutchouc. Les champs d’application sont donc nombreux, majoritairement en intérieur, pour des bâtiments neufs ou en réhabilitation, ­privés ou publics, d’habitation ou administratifs.

Le revêtement s’adapte à l’utilisation des locaux et au ­trafic ­piétonnier qu’elle génère (moyen ou fort) : son degré de résistance varie selon la nature de l’ouvrage : logement, hall d’entrée ou d’exposition, magasin, ­restaurant, bureau, salle de réunion, hôtel, musée, hôpital, mairie, etc.

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