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SOL Une dépollution constante ressuscite une halle classée

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SOL Une dépollution constante ressuscite une halle classée

Du fait d’émanations toxiques, l’ancienne usine à gaz s’est retrouvée dans l’impossibilité d’être démolie et utilisée pour une quelconque activité.

Le système de dépollution installé sous cet édifice classé a permis sa réaffectation en bureaux viables malgré la présence, en sous-sol, d’une forte contamination en hydrocarbures volatils.

Datant de 1884, l’ancienne usine à gaz, réinvestie par les bureaux d’EGF, filiale du groupement EDF-GDF, est implantée non loin du centre de Rennes. D’une superficie de 2 400 m2, l’édifice est constitué de trois halles industrielles à murs de brique qui soutiennent des charpentes construites par Gustave Eiffel. Le bâtiment, à l’architecture remarquable très caractéristique de la fin du xixe siècle, a été classé « Monument historique ». Cela a entraîné l’interdiction de toute intervention de type démolition. Après avoir réalisé une expertise du site, sur la base d’un audit, l’étude a constaté un haut degré de pollution du lieu, avec la présence, en sous-sol, de polluants volatils, de type hydrocarbures (benzène, etc.). Enfermés dans l’air du sol, ils se retrouvent en grande partie au cœur du bâtiment, c’est-à-dire sous la halle centrale et le patio, et sous la halle ouest limitrophe. La mise en place d’un dispositif « in situ » de dépollution et de prévention des risques est alors décidée. Il est géré par l’entreprise HPC Envirotec SA, pour un coût de travaux de 140 000 e HT (incluse la maîtrise d’œuvre). Le but étant de pouvoir préserver au maximum le bâtiment et la santé du personnel qui y travaille (risques d’émanations de vapeurs) et des lourds travaux de dépollution à engager.

Trois réseaux enterrés

À partir d’un ordinateur central dans la halle est, un poste de commande automatisé contrôle les évacuations de vapeurs, la ventilation et le traitement lui-même, à partir de détecteurs de polluants et d’électrovannes. Afin de procéder à l’évacuation sans toucher au bâtiment, trois sortes de réseaux différenciés ont été mis en place. Le premier s’appuie sur quatre puits de venting, à canalisations verticales de quatre pouces de diamètre (4 x 2,50 cm, soit 10 cm) par 6 m de profondeur, placés sous la halle centrale, le patio et le long de la façade sud. Ces puits sont reliés entre eux par un réseau de raccordement en Pehd (polyéthylène de haute densité). Le second réseau présente un drainage périphérique d’évacuation des gaz sous pression, par aspiration, mis en place sous le bâtiment. Il est complété par un troisième réseau qui traite l’évacuation de l’air provenant du vide sanitaire totalement étanché. Ces trois réseaux sont branchés sur une unité de traitement, dans un local technique hors du bâtiment. Équipée d’un extracteur, l’unité aspire les gaz qui sont ensuite traités dans des colonnes de charbon actif. Leur déclenchement est assuré par un détecteur qui se met en marche à partir d’un certain seuil de concentration. L’ordinateur pilote toute l’opération, en déclenchant la turbine d’aspiration. Au final, tous les gaz traités sont évacués et rejetés à l’air libre, à l’extérieur du local technique. En complément, chaque réseau comprend d’autres ­détecteurs capables de mettre en route une ventilation couplée à une extraction, en cas de dépassement du seuil toléré. Pour éviter toute panne, le dispositif du local technique est doublé. Il en résulte une disponibilité du traitement 24 h sur 24 en cas de panne de l’équipement de base, ou simplement lors du changement de ses filtres. Ces travaux de dépollution ont duré deux mois et demie et l’édifice, sécurisé, a pu ensuite être réhabilité en profondeur.

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