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Siège social à énergie positive

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Siège social à énergie positive

Pour ses 100 ans, le groupe Cesbron, entreprise de génie climatique, a fait construire son nouveau siège social selon les critères les plus exigeants en matière d’économie d’énergie. Un suivi détaillé des consommations et leur affichage permettent de faire participer tous les utilisateurs aux performances globales du bâtiment.

Cesbron s’est installé en décembre 2010 dans les murs de son nouveau siège social à Saint-Sylvain-d’Anjou (49). Le groupe a fait construire un bâtiment à énergie positive (Bepos), avec l’aide de son architecte, Géraldine Jean du cabinet Bodreau Architecture de Nantes (44). Pour atteindre son but, Cesbron, en tant que maître d’ouvrage, s’est attaché à cinq points fondamentaux :

• un bâti performant et construit avec soin ;
• des besoins en énergie réduits au maximum ;
• des équipements thermiques pour le chauffage, la ventilation, le rafraîchissement et l’éclairage très performants pour minimiser les consommations ;
• plusieurs installations photovoltaïques assurant une production d’énergie sur site ;
• les consommations d’énergie comptées usage par usage, les installations pilotées par une GTB. Les résultats sont publiquement affichés en temps réel dans le hall d’entrée de l’entreprise.

Construction d’un bâti simple, mais très performant

Le nouveau siège du groupe est construit à proximité immédiate d’Angers, à Saint-Sylvain-d’Anjou, sur un campus de 5 hectares. Il comporte deux bâtiments : 2 900 m² de bureaux sur trois niveaux et une salle de réunion en forme d’œuf de 200 m². Seul le bâtiment principal est un Bepos. L’œuf répond à la RT 2005, voire plus. Selon ses concepteurs, il est très probablement plus performant que les exigences de la RT 2005, mais ne fait pas l’objet d’un suivi des consommations.
Le bâtiment principal, en forme de parallélépipède offre des façades principales nord-sud et deux façades réduites à l’est et à l’ouest. Il est construit en béton, isolé par l’extérieur et recouvert d’un bardage en mélèze huilé dans la masse. Le bardage n’est pas peint, ce qui minimise les coûts d’entretien. En vieillissant, il prendra une teinte gris clair.
L’isolation par l’extérieur est du polyuréthanne Efigreen d’Efisol, en plaques de 1 200 x 600 x 60 mm, avec un ? de 0,024 W/(m.K) et une résistance thermique R de 5 m².K/W. Au total, la résistance globale des murs atteint ou dépasse 9 m².K/W, en prenant en compte le béton et les revêtements plâtre intérieurs. Le toit-terrasse est isolé à l’aide de plaques de laine de roche haute densité de 26 cm, posées sur le béton et sous l’étanchéité. Des rupteurs de pont thermique ont été utilisés pour l’accrochage de chacun des pieds des châssis supportant l’installation photovoltaïque. Sous les machines installées en toiture (CTA, pompe à chaleur, aéro-réfrigérant), des barres de maintien ont été placées dans l’isolant, en compensant la perte d’épaisseur ainsi générée, par des plaques de polyuréthanne. Toutes les huisseries portent du triple vitrage. Ce bâtiment ne présentait pas de difficultés techniques particulières et ne fait pas appel à des technologies de pointe. La dernière vérification de l’étanchéité à l’air du bâtiment, juste avant sa livraison, a montré une valeur q4 = 0,25 m 3 /(heure.m²).

Priorité : réduire les besoins en énergie

Au cours de la conception, avant le lancement des travaux, l’architecte, le BE et le groupe Cesbron ont imaginé toutes les mesures concevables pour réduire les besoins d’énergies. Tout d’abord, six mesures réduisent les besoins de rafraîchissement. Un bassin extérieur est disposé devant la façade sud du bâtiment. Il humidifie l’atmosphère et réduit la température le long du bâtiment côté sud. Un mur végétalisé intérieur est aménagé au rez-de-chaussée du patio central. Il humidifie l’air intérieur et réduit la température du patio. Des protections solaires extérieures, coulissant horizontalement, masquent l’ensemble des ouvertures de la façade sud. Les ouvrants sont conçus pour une ventilation traversante et une surventilation nocturne. L’ossature de béton du bâtiment, associée à l’isolation thermique par l’extérieur apporte une inertie thermique importante et augmente l’efficacité de la surventilation nocturne. Ensuite, cinq points de la conception du bâtiment et de son aménagement favorisent l’éclairage naturel. Tous les bureaux ont un accès direct à l’éclairage naturel. Toutes les cloisons intérieures donnant sur les circulations sont en verre, de manière à ce que la lumière du jour traverse les bureaux et éclaire d’un « second jour » les couloirs des trois niveaux. Trois patios avec verrière sont aménagés, afin d’apporter un éclairage zénithal au centre du bâtiment.
Le noyau central du bâtiment n’abrite que des locaux techniques occupés, de manière extrêmement discontinue, et donc aveugles. Les locaux de reprographie, les machines à café, etc. se trouvent dans des zones éclairées directement par la lumière zénithale, ainsi que par un « second jour ». Deux mesures contribuent à réduire les besoins de chauffage. L’entreprise est équipée d’un centre de calcul, installé au rez-de-chaussée du bâtiment dans un local spécialement climatisé. En hiver, au lieu de dissiper toutes les calories produites par cet équipement dans l’atmosphère extérieure à travers un aéro-réfrigérant, solution classique, l’armoire de climatisation à condensation par eau du centre de calcul alimente un échangeur eau/eau qui récupère la chaleur pour contribuer au chauffage des locaux. Toutes les CTA (Centrales de traitement d’air) sont équipées d’échangeurs rotatifs pour la récupération de chaleur. Dernière idée des concepteurs, après concertation avec les occupants du bâtiment, les sanitaires sont alimentés uniquement en eau froide, à l’exception des douches pour le personnel de maintenance du bâtiment.

Bepos en temps réel

Toutes les consommations et la production d’énergie sont mesurées, agrégées, archivées, analysées si des dérives surviennent et présentées dans le hall d’entrée en temps réel. Le calcul et la simulation thermique du bâtiment prévoient une consommation de 34 kWhEP/(m².an), soit un total de 98 600 kWhEP/an pour l’ensemble du bâtiment. Comme la seule énergie utilisée est l’électricité, en appliquant le coefficient de transformation de l’électricité en énergie primaire de 2,58, on prévoit une consommation d’énergie finale de 38 217 kWhEF/an. L’installation photovoltaïque devrait en moyenne produire 47 000 kWhEF/an. Soit un bilan positif prévu (47 000 - 38 217) de 8 783 kWhEF/an. L’installation photovoltaïque a été raccordée au réseau par EDF seulement le 12 juin 2011. Le coût total du projet est de 8,1 M€, soit un coût moyen de 1 620 € HT (honoraires et construction, sans foncier).
Le groupe estime que le surcoût par rapport à un bâtiment simplement RT 2005 ne dépasse pas 10 % et devrait être amorti en trois à cinq ans, aux prix actuels de l’électricité. Si l’augmentation de 30 % en trois ans du prix de l’électricité, prévue par divers oracles, intervient réellement, la durée d’amortissement chute à deux-trois ans.

N°312

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