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Serrures à code : de la protection d’accès à l’autorisation de passage

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Serrures à code : de la protection d’accès à l’autorisation de passage

Programmable, la clé à puce de contact s’introduit dans la serrure à code comme une clé classique. (Doc. Winkhaus.)

Dans les domaines du contrôle des accès et de la protection contre l’effraction, le choix des produits et systèmes de serrures relève uniquement du volontarisme des maîtres d’ouvrage et non d’une obligation réglementaire.

H ormis quelques cas particuliers dans lesquels la sécurité publique est en jeu – par exemple, les accès pour le convoyage de fonds – la sécurité antieffraction des accès ne relève pas du domaine réglementaire. En revanche, la sécurité incendie est très encadrée. À une époque où la demande de sécurité s’est accrue, la qualité de l’offre produits ou systèmes n’est pas toujours facile à apprécier par l’utilisateur. D’autant plus que le choix s’opère entre deux solutions antinomiques aux priorités pas toujours conciliables : les systèmes de sécurité qui sont destinés à éviter l’effraction ou à retarder l’intrusion et les systèmes de contrôle d’accès qui privilégient la convivialité et la rapidité d’usage. Leurs fonctions sont opposées : les premiers sont utilisés pendant les temps d’absence des utilisateurs, alors que les seconds sont efficaces pendant leur temps de présence. La tendance actuelle de proposer des systèmes sophistiqués couvrant plus ou moins les différentes fonctions, risque parfois de modifier l’objectif principal recherché.

Les « mécaniques » à organigramme : systèmes à double fonction

Privilégiant la sécurité, les serrures à cylindre mécanique à clé ont évolué pour offrir une forme simplifiée de contrôle d’accès. D’une seule clé ouvrant la serrure, la technologie a permis d’ouvrir une serrure par un petit nombre de clés différentes. Mais, cette capacité à accueillir plusieurs clés de formes différentes – donc la multiplication des configurations d’ouverture du cylindre – réduit de manière significative la capacité de résistance à l’effraction par des cambrioleurs expérimentés. Sans compter les problèmes posés par la perte d’une des clés. De ce fait et depuis l’arrivée de produits électroniques, les systèmes de serrures mécaniques à organigramme sont pratiquement abandonnés dans les bâtiments neufs. Mais la serrure à cylindre demeure l’une des meilleures réponses aux besoins de protection de l’habitat individuel. Une certification de qualité significative pour l’utilisateur non professionnel s’est révélée nécessaire. Ainsi, depuis 1986, la certification A2P des serrures – garantissant la conformité aux normes – permet d’identifier les produits offrant de réelles capacités de résistance à des tentatives d’effraction par des méthodes destructives ou non. Elle les classe en 3 catégories – A2P 1, 2 ou 3 étoiles – qui vont des moins aux plus résistantes. (voir tableau).

Lorsque les serrures sont certifiées, la marque A2P, accompagnée du nombre d’étoiles correspondant au classement obtenu, est poinçonnée sur le pêne central, les clés et le cylindre. Le cylindre et la serrure doivent obligatoirement être de la même marque, faute de quoi la reconnaissance du niveau d’antieffraction n’est pas effective. Le parc des serrures classiques est important et les fabricants proposent des solutions sécuritaires et/ou de contrôle d’accès se posant en lieu et place des matériels existants. Deux types d’organisation des clés « mécaniques » sont proposés : centralisé ou à clé-maître. Bien connu, le type centralisé dans lequel la clé d’un appartement, par exemple, peut ouvrir un petit nombre de portes de services autorisés pour son habitant tels que local à poubelles, parking. Plus récent, le concept par organigramme et clé maître est un système de contrôle des accès qui permet de hiérarchiser les accès par une clé unique. Cette clé ouvre, pour chaque individu, les espaces autorisés par leur fonction. Par exemple, avec le système Y200 de Deny Fontaine, le maire d’une collectivité ouvrira tous les bâtiments de la commune, alors que le directeur d’école n’ouvrira que les locaux scolaires.

Serrures électroniques : en attente de la normalisation

Le problème de la perte d’une clé principale disparaît avec la technologie électronique. Nettement orientée vers les systèmes de contrôle d’accès, l’électronique permet de gérer un accès, dès lors que le nombre d’utilisateurs de « clés » devient important. Du simple digicode à la serrure électronique haut de gamme, de la serrure autonome à celle intégrée dans un organigramme, un large éventail de systèmes permet de s’adapter aux besoins des secteurs du bâtiment – résidentiel, tertiaire, hôpitaux, hôtellerie, industrie – chacun ayant des besoins spécifiques. Mais, la palette des solutions est large et rien ne semble réguler le choix et la qualité technique d’une serrure électronique. Les normes françaises et européennes restent assez floues sur la définition de la qualité de ces systèmes. Un premier groupe de travail se réunit depuis peu sur les cylindres dits « électroniques ». Pour ces serrures à code, le choix du système de clé prend toute son importance en fonction du nombre d’autorisations d’accès à délivrer et du risque sécuritaire entraîné par les forces et les faiblesses du système choisi. Une serrure électronique est composée d’un cylindre motorisé alimenté par un câblage ou une pile électrique et d’une « clé » de commande agissant par contact ou à proximité. Les systèmes câblés sont utilisés en neuf et sur des installations importantes.

Dans le secteur hôtelier, des programmations individualisées

La motorisation à pile est surtout conçue pour la rénovation. Les « clés » se présentent sous de nombreuses formes telles que platine à touches digicode, badge à insérer ou de proximité, clé mécanique avec puce, transpondeur et même téléphone portable. Très utilisées dans le secteur hôtelier, les platines avec poignées de manœuvre, commandées par badge magnétique, permettent une programmation individualisée dans l’espace et le temps : un nouveau badge d’accès à la chambre est programmé pour la durée du séjour de chaque client. Elles sont considérées comme des éléments de l’architecture intérieure et les fabricants privilégient le design du carénage et des clés. Ces systèmes sont axés sur la rapidité et la simplicité de la programmation fréquente des badges. Transposant dans la technologie électronique les systèmes « mécaniques » à organigramme, les systèmes numériques de fermeture opèrent au moyen d’un transpondeur actif qui remplace la clé mécanique sur un cylindre électronique placé dans la serrure de la porte. Dans ce cas, le transpondeur renferme des données individuelles relatives au plan de fermeture. En appuyant sur une touche de la « clé », un signal radio d’identification autorise – ou non – l’ouverture de la porte.

Jusqu’à 48 000 portes

Évitant de câbler les portes, ce type de système peut s’installer dans un bâtiment neuf ou en rénovation. Il peut aussi s’adapter aux évolutions ultérieures des locaux. Généralement modulaire, il peut se décliner depuis le simple système de verrouillage au système programmé par un transpondeur « maître », jusqu’au système complexe d’organisation géré par ordinateur. La perte d’une « clé » n’est plus un problème, il suffit de la déprogrammer sans autre intervention sur le système. Autre problème, la « clé » est-elle dans les mains du bon utilisateur ? Permettant d’augmenter la sûreté du contrôle d’accès, des transpondeurs récents intègrent un capteur biométrique en plus des touches normales. Ils réagissent positivement lorsque l’empreinte du « doigt autorisé » se pose sur le capteur. Suivant l’organigramme des autorisations, chaque transpondeur peut reconnaître plusieurs empreintes préenregistrées. Avec la MobileKey, Simons Voss convertit en quelques secondes un téléphone portable Nokia en transpondeur pouvant commander jusqu’à 48 000 portes. Elle ne modifie pas le logiciel du téléphone et en cas de perte de l’appareil, le transpondeur est bloqué. Cependant, on peut noter que la transmission à distance de la commande se fait par radio, mode séduisant pour le grand public mais qui ne garantit pas une sûreté absolue dans les installations à risques. De plus, ce système n’est intéressant que si chacun des utilisateurs dispose d’un portable. Ce qui n’est pas toujours le cas dans une même famille…

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