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Serrurerie Contrôle d’accès : sécurisation d’un hôpital

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Serrurerie Contrôle d’accès : sécurisation d’un hôpital

La puce électronique intégrée dans la clé contient les droits d’accès de son détenteur. Présentée devant une tête de lecture reliée au système de gestion centralisé, elle autorise ou non l’ouverture de la porte pour pénétrer dans un bâtiment ou dans un local. La partie mécanique de la clé sert pour ressortir.

Suite au drame survenu dans l’établissement en 2004, l’accès et la sécurité des bâtiments de l’hôpital psychiatrique de Pau ont été complètement repensés : serrures électriques, clés à puce et logiciel de suivi centralisé.

Le centre hospitalier des Pyrénées (CHP), situé à Pau (Pyrénées-Atlantiques) et spécialisé en santé mentale (psychiatrie), est un établissement d’envergure puisqu’il couvre un territoire d’environ 350 000 habitants. Sa structure pavillonnaire – propre à la psychiatrie – de 60 bâtiments répartis sur 42 hectares, se caractérisait en terme de contrôle d’accès par des huisseries bois de plus de vingt ans et par un système de clés mécaniques. Reproductibles à volonté, elles ne permettaient plus du tout de contrôle. Si le changement des accès était évoqué depuis plusieurs années, il était systématiquement reculé, au vu des montants à investir. Une problématique de sécurisation du personnel et des patients devenue une priorité pour l’établissement au ­lendemain du drame de décembre 2004. Deux membres du personnel y ont été assassinés de nuit, par une personne extérieure.

Dès début 2005 et en deux mois et demi, les services techniques ont réalisé un relevé exhaustif des portes des bâtiments, et ont défini le cahier des charges de leurs besoins en matière de contrôle d’accès. Sur ce sujet, la réglementation incendie impose, soit d’alimenter les serrures électriques en câble résistant au feu (hors budget), soit, en cas d’alimentation classique, d’avoir un déverrouillage mécanique prioritaire. Cependant, une circulaire spécifique au milieu psychiatrique autorise le verrouillage de toutes les issues à condition que tout le personnel ait une clé. En s’appuyant sur ce texte, l’hôpital a ­décidé de mettre en œuvre des serrures électriques à émission de courant, permettant de sortir mécaniquement.

Un contrôle d’accès adapté à la vie des bâtiments

L’appel d’offres, lancé consécutivement en avril, a sélectionné l’entreprise Dény Fontaine pour toute la partie contrôle d’accès. Seul à répondre totalement au cahier des charges (serrures électriques 1 et 2 points, réseau et système de gestion centralisé, pose de l’ensemble), le fabricant bénéficiait également d’une expérience antérieure similaire sur l’hôpital de Sainte-Gemmes-sur-Loire (Maine-et-Loire). Le marché, d’un coût total de 410 Ke HT, mettait en œuvre 276 serrures 1 point et 68 serrures 2 points, réparties sur 18 bâtiments et toutes motorisées. Elles sont équipées de contacts de position et d’alarme, offrant ainsi une visualisation immédiate de l’état de la porte sur le logiciel central de gestion du contrôle d’accès (voir encadré). Parallèlement, chaque clé mécanique intègre une puce électronique (ou tag) qui permet, lorsque la clé est présentée devant une tête de lecture, d’ouvrir une porte. Trois types de serrures ont été mises en œuvre. Une serrure en applique 1 point à pêne dormant, adaptée aux cadences de passages importantes (de l’ordre de 150 à 200 par jour), équipe d’abord les portes d’accès principales aux bâtiments. Une serrure encastrée 1 point à pêne ­dormant, convenant à des cadences moindres de 60 passages par jour, est dédiée aux circulations intérieures et locaux spécifiques ou sensibles (pharmacie, bureau infirmière…). Enfin, la dernière serrure dispose de 2 points pour verrouiller les portes à deux vantaux. Le principe de contrôle d’accès défini par l’hôpital différencie d’abord deux familles de bâtiments. Les unités fermées, qui accueillent des patients hospitalisés sous contrainte, sont sous contrôle d’accès en permanence, avec des droits qui varient selon les fonctions du personnel. La fonction mécanique de la clé est dans ce cas active uniquement pour sortir. Alors que les unités ouvertes, caractérisés par une hospitalisation libre, ménagent une plage horaire en accès libre pour les visites. Les portes, verrouillées par défaut, s’ouvrent en actionnant un bouton-poussoir, celui-ci devenant inactif à partir d’une certaine heure pour revenir au mode de contrôle d’accès des unités fermées. Un organigramme des autorisations d’accès de l’ensemble du personnel a parallèlement été établi par les services techniques. Chaque personne possède ainsi une clé correspondant à ses droits d’accès, le service sécurité étant seul habilité à entrer mécaniquement partout.

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