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Sécurité incendie : problématique d’évacuation et de désenfumage

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Sécurité incendie : problématique d’évacuation et de désenfumage

Classés en fonction de la nature de l’exploitation, les ERP sont soumis à une stricte réglementation. (Doc. DR.)

Toutes les exigences normatives concernant les établissements recevant du public (ERP) sont applicables à un espace commercial. Seul le choix des solutions techniques est guidé par le fait que cet espace soit en sous-sol.

Deux principes gouvernent l’application du règlement de sécurité dans les ERP, qu’ils soient sous le niveau du sol extérieur ou au-dessus : la protection des personnes et la distance par rapport au sol ­extérieur. La protection incendie en France a développé une très forte normalisation des produits techniques, des entreprises qui les distribuent et les installent, des procédures de maintenance et des agents habilités à l’exécuter. Toute cette normalisation a débouché sur des certifications de produits, de leurs fabricants et distributeurs et des entreprises qui les mettent en œuvre. Le CNMIS (1) pour le compte de l’Afnor, gère à la fois la marque NF Sécurité Incendie, le marquage CE des produits de sécurité incendie relevant de la Directive produits de la construction et la certification NF–Matériels Sapeurs-pompiers, ainsi que les certifications de service dans le domaine de la sécurité incendie sous la marque Apsad (2), pour le compte du CNPP (3) et sous la marque NF-Service pour le compte d’Afnor Certification. Sans qu’il existe de numerus clausus, le secteur de l’étude et de l’installation de dispositifs de prévention ainsi que de la lutte contre l’incendie, est relativement clos.

Une vingtaine d’entreprises certifiées en France

Bien entendu, il suffit à une entreprise ou à un bureau d’études de réunir les compétences et les équipements nécessaires, de soumettre une demande de certification de métier – I7 pour l’installation, F7 pour la maintenance, etc. – au CNMIS et de franchir les étapes de l’audit que cet organisme mènera. Mais, pour justifier cette procédure, de sa durée et de son coût, il faut que l’entreprise candidate bénéficie d’un large volant d’affaires en protection incendie. C’est probablement ce qui explique qu’une vingtaine d’entreprises seulement soient certifiées en France. Ce sont, d’une part, les fabricants de matériels, d’autre part les plus grosses entreprises françaises d’installations électriques. Ce marché est très concentré : les deux premiers acteurs – Cerberus du groupe Siemens et Chubb de United Technologies – représentent 75 % des ventes de détecteurs en France. Le troisième acteur est le groupe Novar, le quatrième est le français DEF. À eux quatre, ils couvrent plus de 95 % du marché de la détection incendie.

Les constructions en sous-sol relèvent du classement en ERP, qui s’applique aux magasins de vente, centres commerciaux, musées, bibliothèques et centres de documentation, salles de danse et salles de jeux… construits en sous-sol, de la même manière que s’ils se trouvaient en surface. Les ERP sont classés selon la nature de leur exploitation (classements de J à Y) et, pour l’application du règlement de sécurité, en deux groupes : ERP des catégories 1 à 4, d’une part et de la catégorie 5, d’autre part. Pour cette dernière, cela sera en fonction de l’effectif des personnes constituant le public et de celui des autres personnes se trouvant à un titre quelconque dans les locaux (accessibles ou non au public) et ne disposant pas de dégagements indépendants de ceux mis à la disposition du public. En ce qui concerne la sécurité incendie, les points clefs à traiter sont la détection, l’alarme, le désenfumage, l’évacuation des personnes, la circonscription du sinistre, l’extinction. L’ensemble des textes applicables se trouve sur le site preventionniste.com (4) dont une partie est librement accessible. Leurs dispositions plus précises sont contenues dans une base de données, via un abonnement. Il semblerait que ces règles ne soient pas appliquées sur le terrain avec toute la rigueur nécessaire. L’obligation d’entretenir les détecteurs, par exemple, serait mise en œuvre dans environ 50 % des cas ­seulement.

Reliée à la supervision générale du bâti

Constitués de matériels certifiés, les trois systèmes clefs dans la protection des personnes sont le SDI (5), le CMSI (6) et les dispositifs de désenfumage. Sauf exception, il est impossible de mélanger des composants de deux fabricants différents. ­Chaque industriel utilise encore des protocoles de communication propriétaires et des réseaux dédiés. Dans les grandes installations, le système de protection incendie – et non les composants – est relié à la supervision générale du bâtiment. Il ne s’agit pas d’une situation d’intégration – qui se développe pourtant assez rapidement en Allemagne et en Grande-Bretagne – dans laquelle un même bus de terrain porte des sondes de toutes natures – température, ensoleillement, détection de présence, fumée, etc. – et renvoie leurs informations vers les différents automates concernés.

Cela tient notamment au fait que l’ensemble de l’installation devrait se situer, en terme de résistance au feu, par exemple, au niveau du plus exigeant des sous-systèmes. Si le bus véhiculant les informations doit résister au feu ­pendant une heure, utiliser un seul bus ­général dans le bâtiment implique qu’il satisfasse en totalité à cette exigence. Ce n’est pas nécessairement un choix justifiable sur le plan économique. SDI et CMSI ne sont pas modifiés par le fait qu’un ERP soit en sous-sol. Seul le dispositif de désenfumage est susceptible de l’être, notamment en raison du débit de désenfumage qui résultera du calcul, dans la mesure où la tota­lité doit être ramenée à la surface extérieure, sans possibilité d’évacuation latérale en façade. L’aspect souterrain est donc ramené à une notion d’encombrement des ouvrages de désenfumage et d’évacuation des personnes.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°249

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