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Sécurité du brouillard d’eau en protection incendie

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Si les bonnes pratiques inscrites dans le guide D2 de l’Apsad servent de références pour la profession, les essais demeurent indispensables pour valider une installation qui utilise une brumisation d’eau afin d’éteindre un début d’incendie.

Les systèmes de protection incendie par décharge de brouillard d’eau s’installent de la même manière que les systèmes sprinkler traditionnels, à la différence que la tuyauterie de distribution est plus fine.À cela s’ajoutent un nombre de buses et unstockage d’eau fortement réduits.Par rapport au sprinkler, le brouillard d’eau produit un effet de refroidissement plus important sur l’ambiance et bloque la chaleur radiative.La vaporisation d’eau, très efficace pour absorber la chaleur du feu est, en effet, facilitée par la taille microscopique des gouttelettes. De plus, dans une pièce fermée, comme la salle des machines d’un navire ou une chambre d’hôtel, le brouillard d’eau agit comme un gaz, en chassant l’oxygène qui alimente la combustion. En revanche, le refroidissement de solides (surfaces métalliques chaudes, braises) est lié à la quantité d’eau utilisée, ce qui n’est pas le point fort du brouillard d’eau qui fonctionne mieux sur les feux de faible puissance.

Une diversification croissante

 
Il y a vingt-cinq ans, le constructeur Marioff avait construit sa réputation en équipant de protection incendie à brouillard d’eau les salles de machines des navires. Depuis, les applications se sont diversifiées et l’offre commerciale s’est élargie. Le brouillard d’eau est apprécié dans les tunnels (Eurotunnel est équipé de brumisateurs Fogtec depuis le début 2011), dans l’environnement industriel (cabines de peinture pulvérisée, fours industriels, fosses hydrauliques, friteuses industrielles…), mais aussi pour les salles informatiques (data centers), dans les salles d’archives, les bibliothèques et les musées, les hôtels de luxe ou les IGH. Le système Hi-Fog de Marioff va équiper entièrement le Zoofenster, une tour de trente-deux étages en construction à Berlin. « Le brouillard d’eau s’est développé sur des marchés de niches comme les endroits qui disposent de peu d’eau, ou des lieux à contenus fragiles comme les data centers ou les salles d’archivage. Les essais en archives ont montré que les documents demeurent récupérables après une décharge d’une demi-heure. Nous sommes d’ailleurs en train d’équiper les Archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine (93 », confirme Stéphane Coquard, ingénieur projet chez Fogtec. Une première limite de la technique est de ne pas fonctionner sur les matériaux réagissant violemment avec l’eau ou avec des produits chimiques incompatibles, par exemple les feux de métaux ou les produits cryogéniques.
 
Le brouillard d’eau est toujours généré in situ, généralement par diffusion d’un flux d’eau à haute pression entre 70 et 100 bars dans des buses pourvues de micro-orifices. Outre Fogtec et Marioff Corporation Oy (groupe UTC Fire and Security) avec son produit Hi-Fog, les principaux fabricants présents en France sont Tyco (partenaire du danois Danfoss Semco) avec son produit MicroDrop, Protec-Feu (partenaire de la société autrichienne Aquasys) et TBD (Techni Brume Diffusion). Siemens Industry Building Technologies joue la différence avec Sinorix H2O Jet, un système à basse pression (moins de 15 bars) et diphasique (eau et gaz), qui cible les feux ouverts et à développement rapide. « Nous avons introduit sur le marché en octobre dernier le Sinorix H2O Jet spécifique à l’extinction des incendies sur les groupes électrogènes, mais aussi bancs moteurs, postes d’usinage, transformateurs ou escalateurs », confie Patrick Fernandes, responsable Support technique extinction, chez Siemens. Cette technologie est le fruit d’un brevet commun Siemens avec le Laboratoire Legi du CNRS. La physique est complexe, l’expansion du gaz vient cisailler les gouttes, du fait de la différence de vitesse entre le gaz et l’eau, cependant la technologie reste simple. La portée est d’environ huit mètres avec des buses directionnelles, de type Fixao (TDJB pour Tuyère diphasique à jet de brouillard) avec un jet porté pénétrant. Le volume est de 28 m2 avec la buse volumétrique Bucefao (saturation du volume protégé).
 

Une commercialisation par étapes

 
Le standard américain NFPA 750 organise les systèmes à brouillard d’eau en trois classes, en fonction de la distribution du diamètre de leurs gouttelettes.La classe I regroupe les brouillards les plus fins, ceux dont 90 % du volume de la pulvérisation ont un diamètre inférieur à 200 µm. Ils sont préconisés pour refroidir l’ambiance, alors que ceux de classe III (entre 400 et 1000 µm), aux gouttelettes plus grosses, sont mieux adaptés pour refroidir des combustibles solides.Les systèmes diffèrent aussi par leur pression, à distinguer de l’énergie cinétique donnée aux gouttes, par la directionnalité éventuelle du jet et par le recours à de l’eau seule (avec ou sans additif) ou mélangée avec un gaz (mélange diphasique). L’efficacité du système va aussi être conditionnée par la géométrie des lieux, espace clos ou ouvert, ventilé ou non, présentant ou non des obstacles. Ceci explique que chaque application demande un système adapté, dont les performances doivent être « évaluées, de préférence par tierce partie, en prérequis indispensable à toute mise en œuvre » (Document technique D2 du CNPP).
 
En ce qui concerne les ERP, la situation était bloquée en France du fait de réticences émises par la brigade des Pompiers de Paris. La déstratification des fumées par le brouillard d’eau réduirait la visibilité, ce qui[…]

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