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Sécurité : de la lutte anti-incendie aux techniques antivol

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Sécurité : de la lutte anti-incendie aux techniques antivol

Quatre chapitres différents se déclinent dans ce domaine : la lutte anti-incendie, les précautions antivol, les mesures anti-intrusion et la sécurité des personnels et des clients.

Bien plus complexe qu’on ne l’imagine, la première idée qui se présente concerne les mesures antivol. Elles sont naturellement différentes selon que l’on évoque la lutte contre la « démarque inconnue », c’est-à-dire le vol par la clientèle durant les heures d’ouverture, ou bien les cambriolages pendant les heures de fermeture. La première relève de la surveillance et fait appel à des circuits vidéo simples, à des portiques de détection et à des marqueurs détectables. Tandis que la prévention des cambriolages est fondée sur des mesures passives, c’est-à-dire des moyens de fermeture efficaces (grilles, ­rideaux de fer, portes et serrures) et sur des technologies actives de détection de présence programmée, avec activation de sirènes dissuasives et report d’alarme à distance. La sécurité inclut également tout l’aspect lutte anti-incendie : détection de fumées, moyens d’extinction du feu et d’extraction des fumées, circuits d’évacuation non-encombrés et clairement marqués.

Assurer la sécurité des personnels et clients

En 2005, une enquête de la Sofres montrait d’ailleurs qu’en cas d’incident grave, 87 % des Français ont peur de l’incapacité de la foule à garder son calme, et 58 % de l’incapacité à trouver facilement les issues de secours. De plus, 98 % craignent l’enfermement dans les magasins. Enfin, la sécurité des personnels et des clients est un aspect trop négligé, mais dont plusieurs ­organisations professionnelles de commerçants se sont préoccupées depuis quatre à cinq ans. La « famille commerce » est vaste. Certains d’entre eux, les bijouteries, par exemple, voire les boutiques de vêtements de luxe, ont les moyens d’investir dans des technologies coûteuses tandis que d’autres ne peuvent se le permettre. Après le nécessaire respect des réglementations, le premier critère de choix est économique.

Technologie magnétique ou radio fréquence

Le 5 septembre 2006, le Conseil du commerce de France (voir encadré) a publié en quatorze pages ses recommandations sur la sécurité de la clientèle dans les magasins. Elles ne traitent pas des risques liés aux incendies, renvoyant pour cela à la réglementation concernant les ERP.

Pour les commerces offrant un parking, le document insiste sur la nécessité d’organiser les ­zones de circulation des piétons et des véhicules pour éviter les accidents, de dégager les allées de circulation, de vérifier le bon état des sols, de mettre les équipements défectueux en sécurité (éclairage, barrières, etc.) et de les remplacer très rapidement, de rendre visible les escaliers, rampes, marches grâce à des avertissements visuels. Si un magasin est équipé de portes automatiques, il importe de vérifier quotidiennement le bon fonctionnement et de rendre très visibles les baies vitrées pour éviter que les clients ne cognent dans des vitres trop transparentes.

En matière de vol, les portiques de détection ne constituent que l’un des trois éléments d’une solution de protection. Il faut y ajouter les étiquettes qui sont détectées et les systèmes de désactivation. Certains portiques utilisent une technologie magnétique, tandis que d’autres reposent sur la radio fréquence. Les portiques antivol d’un système magnétique sont hauts et encombrants. Ils sont gênants près des caisses et préjudiciables à une bonne visibilité. Les antennes des portiques des ­solutions radio fréquence sont plus fines et peuvent être peintes dans n’importe quelle couleur assortie à l’environnement du magasin. Un système magnétique protège les marchandises en collant dessus des étiquettes ou bandes magnétiques : elles ­peuvent tomber, et facilement enlevées. Les étiquettes RF sont disponibles dans diverses formes et dimensions : boîtiers antivol de protection CD et de DVD, serre-cols pour alcools coûteux, etc.

Jusqu’à 14 m de détection linéaire

Les étiquettes de détection HF se trouvent à l’intérieur des boîtiers et ne peuvent être ôtées. Les boîtiers de protection et les étiquettes sont réutilisables, ce qui est plus économique que des ­étiquettes jetables. Selon Sidep, un industriel français qui propose les deux solutions, le taux de détection d’un système RF (plus de 90 %) est de loin supérieur à celui d’un système magnétique (de 50 à 60 %). Il revendique un taux de détection avoisinant les 100 % pour sa propre solution HF. De plus, les étiquettes magnétiques sont en général incompatibles entre les différentes marques de détecteurs. Tandis que les solutions radio fréquence sont normalisées sur une fréquence de 8,2 MHz ou de 5 MHz. Ce qui permet d’associer des étiquettes et des détecteurs de différentes marques. Enfin, les étiquettes magnétiques ont besoin d’un contact proche du désactiveur avant que l’étiquette ne soit désactivée contrairement aux autres. Pour les petits magasins, Sidep propose une solution avec une seule antenne (au lieu de deux) fonctionnant sur 8,2 ou sur 1,95 MHz. Certains industriels, comme Exaqtworld, proposent des antennes capables de réagir aussi bien à des étiquettes magnétiques qu’à des étiquettes RF. Les antennes Exaqt Security Systems P 9000 MT détectent de façon simultanée les traceurs EAS de technologies électromagnétique (EM) et radiofréquence (RF). Différente du portique classique, la solution des Américains Xpondr, distribuée en France par XL Security, se compose de petits capteurs antivol, invisibles (s’il est possible de les encastrer) positionnables sur les côtés (sol ou plafond) d’un boîtier électronique, d’un fil de 2,5 mm sous gaine (installé en boucle autour du passage à protéger et émettant un signal basse fréquence de 132 kHz) de badges antivol. Soit de véritables émetteurs miniaturisés sans fil, qui reçoivent le ­signal émis par la boucle, et émettent vers les capteurs un message de 66 kHz, afin de déclencher le signal sonore. Cette solution présente l’avantage d’être invisible, puisque sans antenne, tout en offrant une très importante largeur de détection de 6 jusqu’à 13,7 m en combinant deux systèmes. L’ISO a édicté la ­série de normes 18 000 ­relative à ­l’interface radio reliant ­l’étiquette au lecteur pour différentes bandes de fréquences. Ces normes traitent à la fois de la couche physique et du protocole de communication. L’ISO a également validé la norme 15 963 qui spécifie un identifiant unique pour l’étiquette lors de sa fabrication.

Fin 2007, la Commission ­européenne devrait publier une recommandation relative à « la sécurité des ­données et au respect de la vie privée en matière d’étiquettes radios intelligentes ». Les puces RFID (Radio Frequency Identification) peuvent être miniaturisées à l’extrême. Hitachi commercialise des modèles dont la surface est seulement de 0,25 mm².

Il faut compter 1 500 e HT pour un système RF mono-antenne posé et au minimum 2 200 e pour un système bi-portiques d’entrée de gamme posé.

Il existe au moins trois types de rideaux métalliques, qui diffèrent par leur apparence. Tous trois peuvent être manuels ou motorisés et doivent être conformes à la norme européenne NF EN 13241-1. Ils s’installent soit côté rue devant la vitrine, soit à l’intérieur du magasin, laissant la vitrine exposée. Le rideau à lames est destiné à se fermer en totalité. Il est opaque et ­offre une grande sécurité contre l’intrusion et le bris de vitrine.

Le rideau métallique à mailles est constitué d’une grande grille métallique ajourée, permettant la visibilité du magasin depuis l’extérieur, tout en protégeant partiellement la vitrine.

Rideau et grille extensible : une tradition en sécurité passive

Les rideaux microperforés se ­ferment en totalité. Ils sont constitués de lames métalliques perforées sur la totalité de leur surface, permettant la visibilité du magasin depuis l’extérieur, tout en protégeant complètement la vitrine.

Existant en ­différents coloris, le système de rideau est très utilisé lorsque le magasin reste allumé durant la nuit.

Il existe également des rideaux métalliques autobloquants. ­Réalisés en aluminium, les lames se bloquent au niveau des coulisses grâce à un profil intermédiaire lorsque l’on essaye de remonter le volet de force.

Il y a donc plusieurs points de blocage, tout le long du tablier, sans forcer sur l’axe d’enroulement. Cela supprime la nécessité de serrures, de verrous de blocage au niveau de l’axe. Enfin, la grille articulée ou extensible est conseillée pour les magasins ne disposant pas de la place nécessaire à l’installation de l’enrouleur d’un rideau métallique. La grille articulée est en général composée de deux parties égales, permettant une fermeture centrale par rapport à la vitrine.

Lorsqu’il n’y a pas de linteau, la grille extensible est toujours le moyen le plus efficace de ­sécuriser une baie. Elle peut être réalisée cintrée devant une porte à tambour.

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