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SECOND ŒUVRE Découpage acoustique en plaques de plâtre

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SECOND ŒUVRE Découpage acoustique en plaques de plâtre

5 & 7. Selon le type de salle (claustras latéraux ou en plafond), diverses solutions de plafonds ont été adoptées pour assurer une acoustique optimale, tout en répondant aux choix architecturaux du concepteur.

Trois raisons ont présidé au choix des plaques de plâtre de grande hauteur dans cette reconversion en cinéma multisalle : impossibilité de surcharger les structures existantes, recherche d’un confort acoustique maximal et nécessité d’une protection incendie draconienne.

Communiquant avec les extensions en espaces restauration et loisirs du centre commercial des 4 Temps, à deux pas de la grande Arche (Hauts-de-Seine), le ­nouveau multiplexe Ciné Cité La Défense ne comporte pas moins de 16 salles pouvant simultanément accueillir 3 700 spectateurs.

La réalisation de ce nouveau « temple du cinéma », souhaitée par le distributeur UGC, s’est faite dans le cadre des anciens ­locaux du musée de l’Auto­mobile (la colline de l’Automobile) et de son dôme hémisphérique Imax (cinéma en 3D). La conception de ce projet d’ampleur a fait l’objet d’une étude rigoureuse, menée conjointement par l’archi­tecte, Alberto Cattani et par la direction des travaux de UGC. Elle aura duré environ 2 années. Une fois démoli l’ensemble des infrastructures de l’ancien ­musée (dont plusieurs milliers de m2 de planchers en mezzanine), il ne restait de l’édifice qu’une immense coque vide, à découper en 15 salles. Une problématique moins évidente qu’il n’y paraissait comme l’explique Alberto Cattani : « La principale difficulté pour cet aménagement était d’harmoniser les cloisons et la structure métallique qui allait assurer le report des surcharges des aménagements sur les points porteurs de la structure existante, une structure poteaux-poutres de trame 8 m x 8 m ». En ­pratique, et sachant que la dalle ne pouvait supporter que le poids d’exploitation (500 kg/ m2), une ­charpente métallique (poutre PRS) de très forte section a été dimensionnée, calculée et installée par l’entreprise ­Castel & Fromaget. Elle supporte la plus grande partie des aménagements et répartit les surcharges sur les poteaux-­poutres du bâtiment : celles des gradins, de la quasi-totalité des cloisons dont les cloisons de grande hauteur Megastil (12,65 m), celles des cabines de projection et de certains foyers.

En toiture, plusieurs poutres existantes ont également dû être renforcées pour permettre l’accrochage des têtes de cloisons. Une difficulté supplémentaire justifiée, selon Guillaume ­Trubert, architecte délégué sur chantier, « par des raisons de sécurité incendie mais aussi d’acoustique des salles. Nous avons choisi de faire monter les cloisons au-delà de la hauteur utile des salles et jusqu’en sous-face de couverture ». Face au ­risque de dilatation de la toiture et du risque de décollement de cette dernière avec le haut des cloisons, une solution astucieuse a été retenue. Les têtes sont prises dans un fourreau qui leur permet de coulisser librement, tout en assurant une étanchéité acoustique parfaite et le degré coupe-feu requis.

Ventilations fixées sur les cloisons Mégastil

L’ensemble des cloisonnements des salles, mis en œuvre par l’entreprise Sud-Est Plâtres (SEP), comporte des cloisons de grande hauteur en plaques de ­Placoplâtre, montées sur des ossatures Megastil qui enferment la charpente métallique pour en assurer la protection ­incendie. Associant légèreté, grande hauteur (plus de 12 m) et performance acoustique en jouant le rôle d’un système masse–ressort–masse, les épaisseurs de ces cloisons varient de 220 à 575 mm selon les hauteurs et la nécessité ou non d’englober les poteaux de la structure et de ses contreventements, afin d’en assurer notamment la protection incendie. La protection passive des structures est de 1 h 30. Elle est assurée par flocage, peinture intumescente et encoffrement en plaques de plâtre ou carreaux de plâtre. Le coupe-feu des cloisons est de 1 h.

Pour Olivier Ansiaux, responsable de l’entreprise de pose SEP : « Le choix de la solution ­Megastil vient de la disponibilité d’un grand nombre de PV de résis­tance au feu (une quinzaine) qui couvrent quasiment l’intégralité de la gamme et portent sur plusieurs solutions de doublage et de cloisons ». Les performances CF vont de 1 à 4 h, jusqu’à des hauteurs de 24 m. On notera par ailleurs que des clapets et des volets coupe-feu sont incorporés dans les cloisons. Dans les cloisons séparatives des salles constituées de 2 BA 13 et 1 BA 18 sont également intégrés six Réseaux incendie armé (RIA). L’épaisseur et la nature de la laine minérale (Isover) contenue dans ces cloisons dépendent des performances acoustiques exigées. Elles vont de 65 à 74 dB, pour un spectre descendant à 50 Hz.

Entre salles, les cloisons sont composées de profilés ­Megastil de différentes largeurs, 100, 140, 170, 200 et 260 mm ; de parements en plaques de plâtre : 3 BA 13 et 2 BA 18 ; de laine de verre Monospace 36 semi-rigide Isover d’épaisseur 100 à 200 mm selon la localisation de la salle et la contrainte acoustique (produits semi-rigides embrochés sur des pattes type PB Fix facilitant la pose et améliorant la tenue).

Autre première autorisée par le choix de cette cloison pour ce chantier, la charpente de la toiture ne supportant pas plus de 40 kg au m2, les gaines de ventilation sont fixées directement sur les cloisons Megastil. Le fonctionnement propre de la cloison et ces surcharges exceptionnelles (contrainte d’environ 150 kg/ml) ont été pris en compte pour définir le dimensionnement des profilés.

Un découpage des volumes très étudié

L’aménagement intérieur des ­salles a fait l’objet de soins particuliers. Certaines d’entre elles bénéficient de parois latérales ajourées (de type claustra à ­lamelles bois), qui dissimulent les haut-parleurs et autres équipements techniques. Elles sont équipées d’un plafond composé de plaques de plâtre BA 13 fixées à une ossature Placostil Prim par des suspentes anti­vibratiles ­WinFix dB pour améliorer la performance acoustique et faciliter le réglage du plafond. Une laine de verre de 100 mm d’épaisseur complète l’isolation acoustique.

D’autres salles reçoivent ce claustra au plafond. Hori­zontal, il est dans ce cas réalisé aux ­dimensions du gradinage et de la même largeur que l’écran. Il ­définit en quelque sorte l’espace du spectateur. Le plafond ­précédent (2 BA 13 sous suspentes Winfix dB) n’est alors installé qu’en périphérie.

L’absence de plaque de plâtre sur la partie claustra a fait l’objet d’une étude particulière du cabinet d’acoustique Peutz & associés en charge du projet. Son responsable, Marc Asselineau, a réalisé des tests pour valider l’importance des pertes de charges et le niveau sonore nécessaire dans la salle. La pose d’un ­Monospace 36 en épaisseur 200 mm ou d’un IBR Isover en 200 mm, au-dessus, permet de garantir cette performance acoustique.

Outre la laine des cloisons et des plafonds, d’autres solutions développées par la filiale de Saint-Gobain ont aussi été mises en œuvre pour assurer la correction acoustique des salles. On peut aussi mentionner les panneaux roulés Panolène façadier de 100 mm de couleur noire, avec voile de verre noir qui sont posés en parois latérales et derrière l’écran. En fond de salle, la correction acoustique est également assurée par une laine minérale derrière un parement perforé. Dans les choix effectués pour la correction acoustique, on ­notera que le tissu tendu améliore l’absorption en haute fréquence et que le doublage plaque de ­plâtre   laine s’avère efficace à basse fréquence. La ­diminution du niveau sonore est minime entre l’avant et l’arrière de la salle.

Démarrés en juin 2005, les travaux d’aménagement intérieur ont mobilisé une équipe de 30 plaquistes jusqu’en septembre 2005, puis jusqu’à 80 personnes entre les compagnons de SEP et ceux des entreprises sous-traitantes.

Environ 35 000 m2 de plaques de plâtre ont été posées. Autre performance pour l’entreprise en charge de la mise en œuvre, logistique celle-là : l’approvisionnement du chantier n’était possible que par un monte-charge assez spacieux (il était auparavant utilisé pour monter les voitures dans le musée) mais unique… Cela a notamment nécessité de livrer les profilés de grande hauteur Megastil en plusieurs tronçons, assemblés ensuite sur place.

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