Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

Sèche-serviettes : du séchoir au chauffage piloté à distance

Sujets relatifs :

Sèche-serviettes : du séchoir au chauffage piloté à distance

1. Babyla, de Cordivari, n’existe qu’en version chauffage central. (Doc. Cordivari.)

Raccordée au chauffage central ou chauffée par une résistance électrique baignant dans un fluide caloporteur, la classique échelle à barreaux en acier s’émancipe : nouvelles formes, technologies innovantes et pilotage évolués.

Apparus dès la fin du xixe siècle au Royaume-Uni, les appareils en gros tubes de laiton poli et aux raccords extérieurs avaient disparu. Aujourd’hui furieusement rétros, ils font un retour spectaculaire avec des noms renvoyant à leur origine : Buckingham chez Acova, London ou Wembley pour Zehnder, BR chez l’italien Brandoni, etc.

À partir des années 80, le grand essor du sèche-serviettes revient à Acova. Mais il a fallu plusieurs années pour que professionnels et public s’emparent de cette nouveauté. L’essentiel du marché se trouve dans l’existant, la rénovation au coup par coup. Le sèche-serviettes est aussi devenu un équipement standard des salles de bains en hôtellerie. En France, le nombre de marques dépasse 70. Tous les fabricants de radiateurs en proposent, des industriels de la chaudière (De Dietrich, Chappée, Idéal ­Standard, Chauffage Français, etc.) en ont ajouté à leur catalogue. Parmi les grands industriels du chauffage, seuls Buderus et Saunier-Duval y ont renoncé après avoir testé le marché français pendant plusieurs années. Pour eux, le jeu n’en valait pas la chandelle : pour satisfaire leurs clients, il fallait une gamme étendue, un choix de couleurs et de finitions, soit un large stock et de nombreuses références pour une rentabilité trop faible.

On peut distinguer les offres de sèche-serviettes sous deux angles : du point de vue fonctionnel d’abord – chauffer et/ou sécher les serviettes – selon la technologie de l’appareil ensuite.

Trois types d’appareils

En effet, certains appareils sont capables de chauffer la pièce et de sécher les serviettes, d’autres ne peuvent prétendre aller au-delà du réchauffage de serviettes. Ce qui est confortable, mais ne dispense pas d’installer un vrai système de chauffage dans la salle de bains. Une salle de bains est en effet la pièce que l’on souhaite chauffer le plus dans le ­logement : là où les autres pièces se contentent de 19°C, la salle de bains doit atteindre 22 ou 23°C. Mais seulement à des moments précis et courts (en général une heure ou deux, le matin et le soir): la possibilité de programmer la température de la pièce devient importante. Du point de vue de la fonction, on peut distinguer trois types d’appareils, sans tenir compte de leur technologie : ceux qui sèchent les serviettes seulement, les radiateurs sèche-serviettes à proprement parler et les radiateurs que des accessoires transforment en sèche-serviettes.

Généralement électriques, les simples sèche-serviettes ont une puissance qui ne dépasse pas les 400-500 W. Sous forme de torsades de tubes acier ou ­aluminium, ils sont simplement branchés à une prise électrique. Leur installation en pièce humide nécessite de ce fait de veiller à leur indice de protection IP et à leur classement électrique (classe II, pas de mise à la terre ; classe I, mise à la terre obligatoire). Les sèche-serviettes en laiton chromé tels que les Sailing et Nauting d’Acova sont alimentés soit par le circuit d’eau chaude sanitaire (leur matière est alimentaire), soit par le circuit de chauffage central. Leur puissance est limitée à 240 W pour le Nauting et 269 W pour le Sailing, suffisamment pour sécher les serviettes, trop peu pour chauffer les salles de bains à 22-23°C. En comparaison, le premier modèle de radiateur sèche-serviettes Clipper d’Acova commence à 542 W et le plus puissant atteint 1 200 W.

Radiateurs à fluide : l’inventivité des formes

Le modèle Elance d’Airélec est pour sa part disponible en 1 000 ou 1 500 W. Ces émetteurs spécifiquement conçus pour sécher les serviettes en chauffant la salle de bains sont équipés de vrais thermostats, programmables par fil-pilote ou par radio HF. Les radiateurs traditionnels qu’un accessoire – barre, rond ou patère – transforme en sèche-serviettes, sont pratiquement sans limites de formes, le modèle de base étant l’échelle à barreaux (ronds, plats, ovales, semi cylindriques, etc.). Notons que ni la forme, ni le choix de l’acier ou de l’aluminium n’ont d’incidence sur la performance du radiateur. On trouve ensuite l’échelle dont les montants verticaux sont rapportés d’un seul côté. L’invention de Zehnder (Yucca) facilite l’insertion des serviettes. Ensuite, tout est possible. Antrax, une marque italienne, propose un radiateur (Fakir, en 120 ou en 150 cm de large) qui ressemble à un banc ou à un porte-bagages en tubes acier, fixé au mur. Il fait office de support pour un lavabo et pour un miroir avec éclairage. Selon la largeur du lavabo et le modèle de radiateur retenu, il offre une ou deux plages horizontales pour suspendre les serviettes et un ou deux espaliers le long du mur, pour d’autres serviettes ou pour les gants de toilettes. ­Purmo renouvelle l’idée de l’échelle : les montants verticaux sont au centre, les barreaux en boucles se déploient de part et d’autre en formant un angle droit. Le radiateur s’installe dans un ­angle et offre deux plages latérales, une sur chaque mur. Jaga a développé le Geo Mosis, un modèle en pierre reconstituée, avec des tubes de circulation de chauffage noyés à l’intérieur. Le radiateur, suspendu au mur, fait office de dosseret à un équipement de toilette complet : éclairage, lavabo, miroir et barres porte-serviettes.

L’esthétique des sèche-serviettes chauffage central est pénalisée par leur raccordement au sol. Il faut donc encastrer les canalisations dans le mur et utiliser des prises hydrauliques murales, dans lesquelles viendront se visser té de réglage et robinet. De plus, ces appareils sont en général conçus pour un fonctionnement en bitube. Pour les utiliser en monotube (rarement), il faut soit réaliser un disgracieux by-pass entre entrée et sortie en partie basse, soit utiliser une robinetterie monotube spéciale avec canne d’injection. Certains constructeurs, dont Kermi et Arbionia, proposent des caches qui dissimulent les raccordement monotubes. La plupart des fabricants de robinetterie de radiateur, dont Comap, Giacomini et Heimeier, disposent des robinetteries équerres nécessaires pour raccorder ces appareils en monopoint à un réseau monotube.

Une technologie très française

L’échelle à barreaux, avec résistance thermoplongeur et fluide caloporteur, fut longtemps la seule solution électrique possible. Il faut dire que le marché du sèche-serviettes électrique demeure, encore aujourd’hui, très français. Le reste de l’Europe ne connaît guère le chauffage électrique direct par effet Joule. Les constructeurs étrangers proposent des modèles mixtes ou exclusivement électriques, avant tout pour le marché français. Il est cependant suffisamment porteur pour qu’ils développent des produits spécifiques. Le constructeur italien Cordivari a ainsi présenté lors du dernier salon Interclima elec, son radiateur Stefania, un prototype exclusivement électrique, classe II, à commande radio HF, qui sera commercialisé en France début 2007. Les fabricants issus du chauffage électrique pur ont introduit les émetteurs électriques « secs ». Les premiers étaient des panneaux rayonnants verticaux – le ­Stellio bain à deux barres ­d’Applimo – ou des soufflants de salles de bains, auxquels les constructeurs avaient ajouté d’une à trois barres porte-serviettes. Le soufflant de salles de bains Vaillance de Noirot est, par exemple, disponible avec une barre porte-serviettes placée en dessous de la soufflerie, tandis que le convecteur Acapulco d’Applimo pousse jusqu’à trois barres. Le Novabain d’Applimo se contente d’une barre, mais c’est un appareil de classe C. Les technologies sèches permettent de reproduire les formes des échelles à barreaux avec des ­tubes plats. Les constructeurs de ces appareils ont été les premiers à remonter les commandes en façade, ce qui les rend nettement plus accessibles.

Les deux vraies nouveautés techniques en sèche-serviettes électriques concernent l’ajout d’une soufflerie aux émetteurs « secs » et le fort développement des possibilités de programmation. L’ajout d’une soufflerie, en ­partie basse comme sur les modèles ­Samoa Bains et Colombo de ­Noirot, ­Hydra, Corfou et Héra chez Applimo, Zanzibar pour Atlantic permet de monter rapidement en température la salle de bains. Il suffit de la mettre en route pour bénéficier d’un convecteur motorisé de 1 000 W de puissance thermique le plus souvent. Cette option est particulièrement intéressante lorsqu’elle est associée à une programmation qui porte la salle de bains à la bonne température, au moment souhaité par l’utilisateur.

Arrivée de la programmation radio HF

Les radiateurs à soufflerie peuvent se passer d’une programmation, car leur puissance supplémentaire permet de remonter très rapidement la température. Mais comme il s’agit ­d’appareils récents, ils sont tous équipés de régulations programmables, souvent 6 ordres. Un radiateur sèche-serviettes se pilote de manière différente selon qu’il est électrique ou à eau chaude. Dans une salle de bains raccordée au chauffage central, il ne doit pas être équipé de tête thermostatique : cela ne présente aucun intérêt. En effet, on demande une surchauffe par rapport aux autres pièces de la maison et le temps de réaction d’une tête thermostatique – 15 à 20 minutes, dans ce cas – ne s’y prête pas. Les constructeurs introduisent d’ailleurs des robinetteries manuelles spécifiques, chromées et polies pour accompagner leurs produits. Il est possible d’équiper le radiateur d’un robinet motorisé (Hager, Theben, Heirmeier, etc.), programmable par courant porteur depuis une centrale de programmation classique. Les radiateurs électriques équipés d’une régulation électronique double fonction sont munis de 3 fils pour le câblage (fil marron : phase ; fil bleu : neutre ; fil noir : fil pilote). Le fil pilote permet un raccordement à une centrale, pour la mise en marche et le choix des températures selon les pièces et les moments de la journée. Toutes les centrales de programmation fil-pilote sont compatibles avec tous les radiateurs électriques sèche-serviettes à fil-pilote. Certaines marques, comme Acova avec Home Prog, proposent aussi une centrale de programmation par courant porteur, permettant d’avoir une programmation 3 zones.

Enfin, la programmation par ­radio HF a fait son apparition au salon Interclima elec 2006, notamment avec Cyclope de ­Kalirel. Cette société y présentait une solution de pilotage de ses émetteurs sous le protocole radio HF Zigbee (voir encadré).

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°260

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2006 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Nous vous recommandons

Membranes d'étanchéité (1/2) - En voie de traditionnalisation

Enquête

Membranes d'étanchéité (1/2) - En voie de traditionnalisation

L'usage courant d'un grand nombre de produits d'étanchéité pour toitures terrasses conduit aujourd'hui à leur intégration dans les règles de l'art. Sur le marché de[…]

11/12/2018 | ProduitInnovation
Membranes d'étanchéité (2/2) - Bitumineuses et synthétiques

Enquête

Membranes d'étanchéité (2/2) - Bitumineuses et synthétiques

Enquête- Sols sportifs

Enquête

Enquête- Sols sportifs

Répondre aux besoins des salles multisports

Enquête

Répondre aux besoins des salles multisports

Plus d'articles