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Sanitaires : quelles solutions pour aménager les petits espaces

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Sanitaires : quelles solutions pour aménager les petits espaces

Bâti-supports dans les combles ou sous les fenêtres, douches à l’italienne… gagner de la place dans les salles de bains devient un enjeu. Une tendance accentuée par les meubles dont la profondeur diminue.

La salle de bains comme espace de vie et de bien-être est ­encore un privilège. Si, en habitat dispersé, cette pièce devient un lieu de vie à part entière atteignant jusqu’à 9 m2, en ville, elle reste de dimension modeste, avec une taille moyenne de 4 m2. Devant ce constat, les industriels s’adaptent et proposent des solutions d’aménagement dédiées aux petits espaces, qui privilégient l’hygiène et le confort des utilisateurs, mais aussi la facilité d’installation pour les professionnels. Les bâti-supports – ces armatures métalliques pour la suspension des appareils sanitaires – intègrent dans les parois techniques les arrivées et évacuations d’eau et les raccords correspondants et s’imposent comme solution pour gagner de l’espace. Acteur phare du secteur, Geberit développe des produits dédiés aux petits espaces. C’est le cas en particulier des bâti-­supports pour WC adaptés aux hauteurs ­réduites, qui s’installent sous les fenêtres ou dans les combles et dont la hauteur n’excède pas 82 cm. La marque propose également le Duofix extraplat dont l’épaisseur ­totale, coude compris, s’élève à 9 cm, soit moitié moins qu’un réservoir classique. Suivant la même logique, le constructeur a mis au point un réservoir plus étroit – 42,5 cm de largeur, contre 46 cm habituellement – qui s’installe en angle. L’évolution la plus générale en matière de bâti-support concerne leur installation, avec la généralisation de l’autoportant.

« Il y a 10 ans, ces systèmes étaient toujours adossés à une cloison maçonnée. Aujourd’hui, les produits autoportants deviennent standards », remarque Alain Couty, responsable marketing technique chez Allia. Cette mise en œuvre exige de fixer les pieds sur la dalle avant de les noyer ensuite dans la chape. Une évolution qui a des conséquences sur les pieds en acier des bâti-supports qui deviennent deux à trois fois plus épais.

Esthétique et occultation des canalisations

L’évolution en matière d’aménagement s’accompagne de changements et d’adaptations sur le bâti-support lui-même. Ainsi, Allia met l’accent sur le réglage rapide de l’aplomb grâce à des vis situées de part et d’autre de la façade ou sur les coudes d’évacuation articulés en PVC. Orientables verticalement, ­latéralement et horizontalement, ces coudes facilitent la mise en place du bâti-support. De la même façon, Geberit propose trois types d’évacuations et un coude en S qui s’adapte à la configuration du lieu. Des solutions particulièrement adaptées en rénovation. Si les bâti-supports concernent avant tout les WC, ils sont aussi utilisés pour les urinoirs en collectivités, les lavabos et les bidets. Les ventes de lavabos suspendus ont ainsi augmenté de 20 % depuis 2004. D’où l’intérêt de décliner la formule à l’ensemble des éléments sanitaires. C’est ce que propose Viega avec le Steptec, une cloison technique sur laquelle viennent se fixer facilement aussi bien les WC que le lavabo ou le bidet. Conçu pour les salles de bains des particuliers, comme pour les locaux commerciaux ou pour le tertiaire, le Steptec comprend les rails de fixation en acier zingué et les accessoires nécessaires aux raccords eau chaude, eau froide et aux évacuations. Le calcul précis du nombre d’éléments nécessaires est effectué par l’industriel en fonction de la surface du mur et des éléments à installer. Cette solution de banquette technique est également disponible chez Geberit avec le Duofix System. Le bâti-support offre des avantages en terme d’esthétique par l’occultation des canalisations, et d’hygiène, le sol dégagé se nettoyant plus facilement.

Les bâti-supports apportent une solution adéquate aux personnes à mobilité réduite, comme à la ­population vieillissante. En effet, ils facilitent l’installation de cuvettes plus longues et le réglage de la hauteur. Avec sa solution adaptabilité, Geberit propose un système où la hauteur de la cuvette peut être réglée après l’installation finale du bâti-support. L’ajustement varie entre 41 et 49 cm et s’effectue par la trappe d’accès située au niveau de la plaque de déclenchement.

Étanchéité et évacuation : 2 points-clés des douches à l’italienne

Adapter la salle de bains aux personnes à mobilité réduite est aussi un argument en faveur de la douche à l’italienne. En effet, ces douches de plain-pied, caractérisées par l’absence de seuil, séduisent les personnes âgées qui s’affranchissent ainsi des contraintes d’une baignoire, sans renoncer à l’esthétique. Libérée du receveur en céramique traditionnel et de ses limites en termes de ­dimension et de couleur, la douche à l’italienne ouvre de multiples possibilités de décoration. C’est aussi un choix pour les primo-accédants qui y voient un moyen de personnaliser facilement une petite salle de bains. Mais si l’esthétique et l’accessibilité motivent le choix des prescripteurs, cette solution exige d’apporter un soin particulier à l’étanchéité et à l’évacuation de l’eau.

Différentes possibilités existent aujourd’hui sur le marché afin d’assurer la parfaite étanchéité du sol. Ainsi, Schlüter Systems propose des systèmes de protection à l’eau sous carrelage avec sa gamme Kerdi pour locaux humides : la natte du même nom est un produit non-tissé dense en polyéthylène souple épais d’environ 1 mm. Imperméable, elle est conçue pour résister aux contraintes chimiques qui apparaissent généralement au niveau des revêtements en céramique, où elle se met en œuvre aussi bien au sol que sur les murs. L’offre est complétée par le siphon Kerdi-drain qui permet des sorties horizontale et verticale et par un mortier colle bicomposant adapté. Ce produit se met en œuvre en neuf comme en rénovation et permet de s’affranchir de la dépose de l’ancien carrelage. Si ce dernier est correctement posé, seul un primaire d’accrochage est nécessaire avant de poser la natte. Le nouveau carrelage vient ensuite se poser de façon traditionnelle sur la natte. Autre solution : les panneaux prêts à carreler. Wedi a ainsi développé des panneaux en polystyrène extrudé à cellules fermées, recouverts sur les deux faces par un treillis de verre marouflé dans un ciment adju­vanté. Les receveurs étanches sont livrés prépentés à 2,5 % et fournis avec le siphon adapté de marque Dallmer.

Ces panneaux s’installent toujours avec un revêtement céramique. Leur mise en œuvre nécessite une réservation dans la dalle ou dans la chape, en fonction de l’épaisseur du receveur. La marque a mis au point récemment le Mini max, un receveur mince dont l’épaisseur est de 10 cm au lieu de 13. Les panneaux Wedi s’installent aussi au mur en épaisseurs différentes. Les plus minces facilitent les rénovations puisqu’ils évitent la dépose du carrelage, tandis que les plus épais servent aussi bien à rattraper un faux aplomb qu’à renforcer l’isolation thermique. Enfin, les panneaux à cintrer de Wedi, prédécoupés tout les 25 mm avec des entailles de 27,5 mm pour une épaisseur de 30 mm, servent à la réalisation de formes courbes, telles que colonnes ou habillages de baignoires. De la même manière, Lux Eléments propose une gamme en polystyrène expansé dédiée aux douches à l’italienne. Hydrofuges, les receveurs de douches à l’italienne sont recouverts d’un enduit d’étanchéité à base de produits cimentiers à faible teneur en chromate.

Une profondeur réduite pour les plans de toilette

Le principal argument de ces fabricants est le sur-mesure et la souplesse de mise en œuvre, puisque les dimensions et les épaisseurs des panneaux se déclinent dans une large gamme et autorisent différents types de revêtements, qu’il s’agisse de carrelages, de mosaïques, ou de galets. L’évacuation de l’eau est également un point important dans une douche à l’italienne. Les fabricants fournissent tous les siphons adaptés à leurs produits et les bondes idoines. En général, le débit d’écoulement est important, compris entre 0,6 l/sec et 1,4 l/sec. Cette dernière valeur correspondant davantage aux besoins des douches collectives.

Les douches à l’italienne sont souvent choisies comme solutions pour personnaliser un petit espace et ouvrir les possibilités en matière de décoration. Ce choix se retrouve également pour les meubles de salles de bains. Les fabricants proposent le plus souvent des produits dédiés aux petits espaces avec des plans qui ne dépassent pas 40 cm de profondeur, voire même 30 cm. De même, les vasques semi-­encastrées constituent une réponse esthétique.

Elles s’accompagnent parfois de meubles d’angles, qui tirent parti de l’espace disponible. Ces modules offrent un large choix de meubles et se déclinent à l’envi avec des façades et des boutons de portes inter­changeables. Des tendances se dégagent au ­niveau des matières avec un goût marqué pour des matériaux nobles tels le bois et le verre.

Augmentation du prix de l’eau et prise de conscience de la fragilité de cette ressource essentielle font émerger de nouvelles solutions en premier lieu pour limiter les quantités utilisées, mais aussi pour la ­recycler. En matière de WC, des solutions sont commercialisées depuis plusieurs années avec des doubles réservoirs : le plus petit volume comprend 3 l au minimum contre 6 l au maximum. La capacité des plus grands volumes est comprise entre 6 et 9 l en fonction des fabricants. Autre solution possible : arrêter la chasse d’eau grâce à une touche qui interrompt le débit d’eau. La réduction des volumes d’eau nécessaire à l’évacuation pose toutefois des problèmes d’évacuation dans les canalisations dont le diamètre reste important (100 mm). Face à ce problème, Geberit a développé le Powerflush, un réservoir étanche dans lequel l’air se comprime lors du remplissage du réservoir, ce qui permet grâce à l’air comprimé de propulser l’eau de façon plus forte et plus rapide que dans des toilettes classiques.

Outre la réduction des quantités d’eau nécessaires, une autre ­manière de réduire les consommations consiste à récupérer et à recycler les eaux grises, ce que propose Hansgrohe avec l’Aquacycle. Commercialisé sous la marque Pontos, ce système recycle les eaux usées du lavabo et de la douche. Une fois traitées, elles sont ensuite réutilisées comme eaux techniques et alimentent les chasse d’eau et le lave-linge ou servent pour l’arrosage du jardin et le nettoyage des locaux.

Adapté aux hôtels, aux logements collectifs et aux terrains de campings, le système convient également aux centres de remise en forme, aux salles de sports et à tous les établissements dans lesquels des douches sont installées. L’appareil filtre l’eau avant son recyclage et son nettoyage biologique et mécanique. Les sédiments ainsi générés sont évacués automatiquement vers le tout-à-l’égout tandis que l’eau est désinfectée aux UVC, ce qui la rend inodore et autorise son stockage en vue de sa réutilisation. La qualité de l’eau ainsi traitée est conforme à l’article R. 1321-55 du Code de la santé publique visant les parties de réseau de distribution d’eau réservées à un autre usage que la consommation humaine.

Elle répond aux exigences de la ­directive CEE concernant la qualité des eaux de baignade du 8 décembre 1975. Le fabricant estime les économies d’eau à environ 100 l par an pour les particuliers pour atteindre près de 1 500 l pour les installations plus importantes des logements collectifs, par exemple. Le système présente également l’avantage de ne pas rejeter davantage d’eau dans le réseau public, qui n’est en général pas dimensionné pour traiter en plus les eaux pluviales.

L’Aquacycle est conçu pour s’installer aussi bien en neuf qu’en rénovation, certaines configurations empêchent toutefois sa mise en œuvre dans l’existant.

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