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Salles de propreté : un lieu d’apprentissage de l’autonomie

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Salles de propreté : un lieu d’apprentissage de l’autonomie

De Nombreux accessoires, conventionnels ou plus ludiques, sont proposés par les fabricants. (Doc. France Équipements.)

Les sanitaires des écoles maternelles doivent répondre une contrainte spécifique, à savoir la petite taille des utilisateurs. En amont, l’aménagement doit intégrer des paramètres de confort et d’intimité.

Lécole maternelle ­accueille des enfants pour lesquels l’acquisition de la propreté est récente, et dont la conquête de l’autonomie passe d’abord par la maîtrise du corps. C’est ­notamment pour cette raison que l’on utilise le terme de « salles de propreté », car ces lieux dépassent dans leur fonction le simple rôle de sanitaires, tel qu’on le conçoit pour des adultes. L’école joue en effet un rôle éducatif dans ce domaine. L’enfant doit être en sécurité dans ces lieux et apprendre à se « gérer », sans être totalement assisté. Le ministère de l’Éducation nationale édite à ce sujet un document Construire des écoles qui donne les grandes orientations, rappelle la réglementation, mais reste très ouvert sur la façon de concevoir ces espaces.

Implantation : faciliter l’accès

Les mentalités évoluent, la société aussi. Les projets les plus récents sont le résultat de concertations souvent très pointues entre la maîtrise d’ouvrage, le concepteur du projet, le corps enseignant et les parents d’élèves. Le ministère indique les ­surfaces minimales à respecter pour les salles de propreté. Pour chaque classe (appelée salle d’exercices), la surface de ces dernières est de l’ordre de 16 à 17 m2 par classe, et ce jusqu’à 3 classes. Cette surface atteint 50 m2 pour 3 classes, on rajoute ensuite 5 m2 par classe supplémentaire. Il est également possible de fractionner cette surface, afin de disposer d’un sanitaire d’appoint près de la salle de repos, mais aussi d’un sanitaire plus vaste, commun à plusieurs classes et à l’aire de jeux. La ­localisation des salles de propreté prend également en compte des paramètres de logique de circulation, afin que les enfants y accèdent sans détours compliqués. Les professionnels de l’éducation insistent beaucoup sur la simplicité de ce parcours, afin que l’enfant apprenne progressivement à « gérer sa propreté », et passe spontanément par les sanitaires avant/après les repas ou avant/après le passage en salle d’exercices. Il est souhaitable que les salles de propreté soient suffisamment spacieuses pour dissocier la zone « sanitaires » de la zone « lavabos ». De plus en plus d’enseignants souhaitent pouvoir disposer d’un bac à douche, et mieux encore d’une baignoire-sabot, surtout pour les petites sections où les « petits accidents » ne sont pas rares. Enfin, lorsque l’école comporte plusieurs niveaux, des sanitaires doivent être prévus à chaque étage, ­indépendamment des critères précédents.

Aménagement : confort et intimité en hausse

L’aménagement des salles de propreté prend en compte des paramètres d’échelle, de sécurité, d’hygiène, d’entretien, mais aussi de confort et d’intimité. Les revêtements de sols sont constitués de carrelages antidérapants, avec des formes de pente et des siphons encastrés dans le sol. Pour les murs, les recommandations indiquent seulement qu’ils doivent être lavables et résistants à l’humidité. Dans la réalité, la plupart des concepteurs prescrivent de la faïence, et mieux encore du grès cérame, plus résistant aux chocs. Les angles de murs et de cloisons sont systématiquement arrondis et traités avec des éléments quart-de-rond en faïence ou en grès cérame. L’aspect décoratif n’est pas en reste. Les teintes les plus sombres sont généralement situées en partie basse, les plus claires vers le plafond. Les frises et ­liserés qui permettent d’animer un mur sont placés suffisamment bas pour se trouver dans le champ de vision des enfants. Les sanitaires (cuvettes de WC, urinoirs, lavabos) sont adaptés à leur taille. Aux trois sections de maternelle (petite, moyenne et grande) correspondent des tailles d’enfants différentes. Dans le cas d’une maternelle qui comporte au moins trois classes (une classe par section), la hauteur des lavabos sera graduelle : environ 50 cm pour les petites sections, 65 cm pour les moyennes et 80 cm pour les grandes. Si la surface disponible est importante, les lavabos peuvent être remplacés par des fontaines équipées de six points d’eau. Les deux systèmes sont parfois mixés en fonction des contraintes du lieu. Cinq points d’eau doivent être prévus par classe, les robinets sont thermostatiques avec ­système de sécurité, et réglés à des températures comprises entre 35 et 45 °C. Les ­cuvettes de WC sont positionnées à une hauteur fixe, dictée par le modèle retenu, la plupart des fabricants d’appareils sanitaires ayant une gamme dédiée à cette fonction. Pour des raisons de coût ou d’habitude, les cuvettes classiques sont les plus répandues, mais les cuvettes suspendues commencent à faire leur apparition. Les cuvettes ne comportent jamais d’abattant, et elles sont systématiquement placées dans des alvéoles, de telle sorte que les enfants puissent bénéficier d’une certaine intimité. Ces alvéoles, de dimensions 60 x 60 cm environ, sont isolées les unes des autres par des séparations de 60 à 80 cm de hauteur. Pour des raisons d’hygiène et d’entretien, les ­séparations ne vont pas jusqu’au sol, elles sont posées sur pied. Toujours dans une démarche d’hygiène et d’entretien, les ­matériaux utilisés sont lisses, faciles à nettoyer et à structure fermée. Les stratifiés répondent bien à ces ­contraintes. Les fabricants en profitent pour proposer des séparations ludiques en forme de lapin, de locomotive, de voiture…. Les larges gammes de teintes disponibles apportent ainsi de la couleur autour d’appareils sanitaires uniformément blancs. Les chasses d’eau, qui doivent être accessibles aux enfants de toutes tailles, sont équipées de boutons-­poussoirs. Les automatismes ne sont pas retenus pour des raisons de coût, mais surtout pour obliger l’enfant à se prendre en charge. Les urinoirs sont de plus en plus prescrits, sauf dans les petites sections car il n’en existe pas de spécifiques. Par la suite, on utilise des urinoirs classiques, mais positionnés plus bas, à environ 40 cm du sol. Seuls les urinoirs à coquille sont retenus, les urinoirs droits (stalles) n’étant pas adaptés à de jeunes enfants.

Éclairage, ventilation et acoustique

Le ministère conseille un bon éclairage naturel de la zone fontaine ou lavabos, si des activités pédagogiques ou ludiques se déroulent dans cet espace. Dans ce cas, l’éclairement naturel est équivalent à celui d’une salle d’exercices. La ventilation est conforme aux règlements d’hygiène, dont les articles 64 et 65 du règlement sanitaire départemental et/ou au code du travail, vis-à-vis de la qualité des ambiances. Les recommandations définies par le ministère conseillent le recours à la ventilation mécanique, seul moyen de gérer avec régularité le renouvellement de l’air. Compte tenu des conditions d’utilisation des locaux, ces textes prônent la simple extraction. Le double flux et la climatisation ne sont proposés que pour des cas particuliers. La simple aération par ouverture des fenêtres n’est pas retenue, car elle ne permet pas de contrôler les quantités d’air renouvelé, et d’assurer une ventilation permanente des locaux.

Elle n’assure pas non plus un taux d’humidité relative de l’air compris entre 40 et 60 %, des valeurs admises pour se situer dans un confort normal. Enfin, l’acoustique doit être particulièrement soignée, du fait des matériaux très réverbérants utilisés dans ce type de local. L’isolement acoustique préconisé doit être supérieur ou égal à 52 dB(A). Dans les locaux entourant les sanitaires, le niveau de bruit perçu (bruit d’impact) doit être inférieur ou égal à 67 dB(A). Enfin, les niveaux de bruits d’équipements (robinetterie) ne doivent pas dépasser 38 dB(A) en fonctionnement continu et 43 dB(A) en fonctionnement intermittent.

Des demandes en évolution

Les recommandations du ministère laissent heureusement une certaine liberté dans les aménagements et sont ouvertes aux évolutions de la société. Par exemple, l’installation de baignoires-sabot ou de bacs à douche est de plus en plus demandée par les enseignants, particulièrement en petite section pour les « imprévus ». Les baignoires-sabot sont préférées aux bacs à douche, car elles permettent à l’enseignant de laver l’enfant sans se mouiller. Les architectes rajoutent une desserte surélevée et carrelée en prolongement de la baignoire, afin d’assurer le confort de la personne en charge de l’enfant. Une évolution plus récente concerne la mise en ­place dans chaque salle de propreté d’au moins une cabine isolée. D’après les architectes consultés, il s’agit d’abord d’une demande des parents. Les causes peuvent être religieuses, et peuvent également être liées à une sensibilité exacerbée vis-à-vis des problèmes de pédophilie. Autre évolution, les portes de communication, dont celles menant aux sanitaires, sont souvent équipées d’un double oculus : un en partie haute pour surveiller ce qui se passe dans le local ; un autre en partie basse pour s’assurer qu’un enfant ne se trouve pas derrière la porte au moment de son ouverture.

D’une façon plus générale, une école maternelle neuve n’est plus un objet standardisé comme il l’était auparavant. C’est vrai sous l’angle architectural, mais plus encore au niveau des aménagements. En amont de chaque projet, la concertation est devenue très forte entre la mairie, les enseignants, l’architecte et les parents d’élèves. Lorsque l’école sera mise en service, les enseignants qui auront participé à son élaboration ne seront peut-être plus là, ni même les parents d’élèves, mais chacun aura fait profiter le projet de son expérience et de sa vision de ces premières expériences de vie en collectivité.

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