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Robinetterie : une technologie de pointe pour des besoins diversifiés

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Robinetterie : une technologie de pointe pour des besoins diversifiés

Le bec extractible du mitigeur monocommande pour évier (Zedra) déploie un long flexible métallique résistant et pratique.

© (Docs. Grohe.)

Garantissant fiabilité, sécurité, durabilité et hygiène, les systèmes électroniques et thermostatiques intégrés deviennent incontournables dans les établissements publics et investissent progressivement l’habitat.

Sous forme de mélangeurs et de mitigeurs, la robinetterie équipe aussi bien le logement (salles de bains, buanderie, cuisines…) que les établissements de collectivités (écoles, hôtels, hôpitaux…) avec des besoins relativement différents. Les critères d’usage intensif ou d’anti­vandalisme nécessaires aux collectivités ne sont pas de mise dans les logements qui ont toutefois des besoins communs en termes d’hygiène et de sécurité de l’usager. L’usage intensif se traduit par des formes qui limitent les ruptures possibles des pièces mobiles, tandis que l’antivandalisme se résout essentiellement par la non-démontabilité du matériel. Dans les deux familles, la robinetterie est le plus souvent réalisée en laiton chromé (alliage de cuivre et de zinc), un matériau inusable et dénué de plomb, donc inoffensif pour la santé des usagers. De plus, le laiton est un matériau « coulable », facilement usinable, non corrodable ­(contrairement à l’acier qui doit être inoxydable) et donc moins cher que ce dernier. Ainsi formes, robustesse accrue des fixations ou du montage et présence d’une cellule de détection intégrée font actuellement la différence entre produits « logement » et produits pour ERP (établissements recevant du public). On retrouve cette dicho­tomie dans l’offre de certains fabricants (Porcher ou Piel).

Robustesse, hygiène et sécurité

Très utilisés et en plein essor, les mitigeurs thermostatiques ou électroniques offrent des techniques qui sont pourtant connues depuis plusieurs années. Monotrous ou bitrous, ces robinets sont équipés de composants techniques combinables. Ainsi, les modèles de la gamme ­Débitronic (Porcher) proposent des mitigeurs monotrous à becs fixes ou orientables se connectant sur des flexibles de raccordement en inox tressé. Le débit automatique, constant mais modulable, est assuré par un système électronique à ouverture temporisée. Un capteur infrarouge, placé sous le bec, détecte la présence et/ou le mouvement des mains. Cette ouverture ­temporisée offre un lavage hygiénique, sans contact ni propagation de germes. La temporisation après le retrait des mains est réglable de 1 à 10 s ou préréglée en usine à 3 s. Même modularité pour le champ de détection, variable de 8 à 25 cm, et qui se règle en usine à une moyenne de 15 cm. Ce mitigeur est alimenté par un boîtier indépendant IP55 et antichocs, muni d’une carte électronique à micro­processeur intégrant un système de sécurité, et fonctionnant avec piles ou transformateur. Le robinet intègre des disques à céramique très résistants aux chocs thermiques, et produit des performances atteignant plus de 500 000 cycles.

Autre produit, le mitigeur thermostatique de la gamme ­Precitherm (Porcher) ou encore Pieltherm (Piel), un robinet bitrou à pose murale équipé de deux poignées. Alimentée en eau chaude (EC), la poignée gauche graduée est munie d’une touche ECO qui ajuste la température de l’eau et évite tout gaspillage. Une butée de protection anti­brûlures préréglée à 40°C évite le réglage involontaire au-delà de cette température. Pour obtenir une température plus élevée (de 45 à 50°C), il suffit d’introduire un insert de réglage.

Économiser 50 % d’eau

De plus, la poignée se trouve à proximité de l’arrivée d’EC et de la cartouche monobloc thermostatique, afin que l’eau froide, puis l’eau mitigée, circulent dans le corps de l’appareil sans risque d’échauffement. Cette ­cartouche, complétée d’une grille antitartre, est enrobée d’une capsule de cire liquide enrichie de particules de cuivre, pour réguler l’eau. Située à droite et à côté de l’arrivée d’eau froide (EF), la seconde poignée de débit possède aussi une touche ECO avec butée de blocage et tête 1/4 de tour à disques céramique. Ce système réduit jusqu’à 50 % le volume d’eau employé pour une douche, par exemple. Lors d’une variation subite du débit de 6 à 12 litres, l’écart de la température est seulement de 1°C en quelques secondes. La pression étant de 2 bar mini/5 bar maxi, avec une moyenne conseillée de 3 bar. Sous les canalisations d’arrivée d’EC et d’EF, sont incorporés des filtres évitant d’endommager les clapets antiretour menacés par les particules en suspension dans l’eau. Le gain global obtenu est de l’ordre de 20 % par rapport à un mitigeur traditionnel, et de 60 % par rapport à un mélangeur.

Dans le logement, la donnée économique dominant, les gammes proposées par les fabricants (Piel, Grohe, Ideal ­Standard, Hansa…) se composent toujours des traditionnels mélangeurs et de mitigeurs mono­commandes. Ces robinets sont majoritairement réalisés en laiton chromé, certains modèles haut de gamme utilisant l’acier inoxydable. Si le corps est en laiton massif, les poignées sont en laiton ou en zamac (alliage d’aluminium et de zinc), pour résister à une montée en température. Les mitigeurs équipent les salles de bains et les cuisines, avec quelques particularités pour ces dernières. Ainsi, le bec du robinet peut pivoter suivant une grande amplitude, pour nettoyer facilement les recoins de l’évier. Comme pour le modèle Hansaronda de Hansa, il s’accompagne d’une douchette extractible à double jet, très utile pour un nettoyage au-delà de l’évier.

Bec extractible et douchette amovible

De même, le modèle Zedra de Grohe est pourvu d’un bec ­extractible pouvant déployer un long flexible métallique, pratique notamment pour récurer des faitouts. Et le fait qu’il soit réalisé en inox massif le rend particulièrement résistant. D’autres ­mitigeurs monocommandes sont pourvus d’une douchette amovible séparée, pouvant être placée à une distance de 30 cm du bec. Celui-ci, en forme de bec de cygne mobile sur 360°, est agrémenté d’un mousseur antitartre, comme le modèle Blancomaster de Blanco. Certains mitigeurs présentent deux ou trois trous, en modèle mural. À propos du mitigeur thermostatique, la nouveauté est qu’il n’est plus réservé aux seules collectivités et fait son apparition dans l’habitat, indifféremment pour le lavabo, la douche ou la baignoire. L’un de ses avantages est qu’il convient aussi bien aux chauffe-eau à accumulation ou électriques, qu’aux chaudières mixtes d’une puissance égale ou supérieure à 18 kW, ou à accumulation de 300 litres.

Par souci d’économie, les mélangeurs sont encore utilisés, surtout en rénovation, dans les salles de bains et les cuisines. Ce type de robinet (monotrou) possède un bec orientable ou fixe muni de l’un des deux systèmes possibles. Le premier est constitué de têtes à disques en céramique, le déplacement horizontal du disque supérieur assurant l’ouverture et la fermeture de l’eau afin de régler le débit d’EC et d’EF. Le second comporte des têtes à clapet guidé qui gèrent l’ouverture et la fermeture de l’eau par le déplacement vertical du clapet. Ce système est adapté aux eaux chargées de particules ou de calcaire, donc aux installations anciennes. La robinetterie à détection infrarouge, pratique, hygiénique mais coûteuse, est réservée aux logements de standing. Ainsi, le système innovant haut de gamme à champ magnétique dispose d’un détecteur électronique invisible. Il se met en marche en approchant les mains du bec du robinet, à 2 ou 3 cm, l’arrêt s’effectuant automatiquement lors d’un second passage. Dans cette gamme de luxe, le récent modèle ­Hansacanyon (de Hansa) est attrayant, car entièrement électronique. Ce mitigeur de lavabo monotrou chromé, à l’esthétique soignée, possède un bec ouvert en longueur dans lequel s’écoule l’eau. La version pour douche ou baignoire s’élargit en un bec cascade intégré chromé, complété d’une commande électronique très sophistiquée.

À savoir une touche sensitive de chaque côté, marche-arrêt pour l’une, réglage de température pour l’autre, cette dernière offrant un utile repérage coloré grâce à des diodes LED : rouge pour le chaud, bleu pour le froid et violet pour la position intermédiaire. Enfin, le mitigeur voué au bain et à la douche est souvent mural, bitrou et complété d’un ensemble de douche, avec la douchette disposant de trois sortes de jets : moussant, pluie et massage.

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