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Recyclage et industrie : rien ne se perd, tout se transforme

Virginie Pavie

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Recyclage et industrie : rien ne se perd, tout se transforme

Lancée l'an dernier, Isover Recycling est la première filière de recyclage de laine de verre. L'unité pilote d'Orange a déjà recyclé 100 tonnes sur l'année 2018. Le gisement est estimé entre 75 000 et 100 000 tonnes.

© Isover

La valorisation des déchets du bâtiment est intimement liée aux solutions de collecte et de traitement mises en place par les industriels. Tour d'horizon des principales filières existantes ou émergentes.

Le bâtiment est l'un des principaux pourvoyeurs de déchets. Chaque année, ce sont, selon l'Ademe (1), 42,5 millions de tonnes qui sont générées au travers des chantiers, principalement de démolition et de réhabilitation. Depuis la directive européenne de 2008, beaucoup a été fait pour les recycler et réduire leur enfouissement, mais il reste du chemin à parcourir avant que ne soit atteint l'objectif de valorisation de 70 % des déchets du bâtiment d'ici à 2020. Une étude en cours, pilotée par quatorze organisations professionnelles (2), devrait prochainement permettre un état des lieux précis des filières. En attendant, la Fédération française du bâtiment (FFB) estime le taux de valorisation actuel entre 40 et 60 %. Des chiffres qui cachent cependant de profondes disparités régionales et d'importantes variations selon les matériaux pris en compte.

Le projet Recybéton va dans le sens d'une augmentation des taux de granulats de béton recyclé dans la construction.
Transport du plâtre collecté à l'atelier de recyclage dédié.

Les métaux bien pris en charge

Sur la vingtaine de flux de déchets attribués au bâtiment, certains sont fortement valorisés. C'est le cas des métaux, dont la récupération se pratique depuis de nombreuses années et permet un recyclage à plus de 90 %.

Parmi eux, le zinc laminé est valorisé à 98,9 %. « Le matériau a un prix très attractif et il est facilement récupérable du fait de son utilisation en enveloppe », atteste Cécile Roland, responsable applications environnementales chez VM Building Solutions. Recyclé, il est utilisé dans des applications moins exigeantes que le laminage, notamment la galvanisation ou la fabrication des laitons de robinetterie. L'aluminium, qui est, lui, collecté à hauteur de 95 % (lire encadré p. 54), peut être recyclé en boucle fermée sans perdre ses caractéristiques techniques. « Nous cherchons à utiliser des billettes issues à 75 % du recyclage. La demande est forte, mais on ne trouve pas suffisamment de matière », remarque Stéphane Bedu, responsable amélioration continue chez Kawneer.

Le béton en bon élève

Parmi les inertes, « le béton pose peu de problème, car il est rarement mélangé aux autres flux. Les déchets sont souvent issus de la déconstruction où leurs quantités importantes impliquent de les gérer à part. On estime à plus de 90 % leur valorisation », note Sylvain Bordebeure, ingénieur à la direction économie circulaire et déchets de l'Ademe.

Le béton de démolition peut être recyclé sous forme de granulats après avoir été finement concassé et trouver des applications en techniques routières. Il peut également faire l'objet d'une valorisation à haute valeur ajoutée en bétons de structure, comme l'a démontré le projet national Recybéton. Bien qu'elle reste encore expérimentale, cette piste est aujourd'hui explorée dans le cadre de bâtiments démonstrateurs et d'appels à manifestation d'intérêt (ex : Grand Paris Aménagement, Euroméditerranée, etc. ). « Pour aller plus loin, tout l'enjeu est d ' intégrer les recommandations du projet Recybéton dans le champ normatif, dont les textes de référence NF EN 206-1/CN pour le béton de structure et 13 369 pour les produits préfabriqués », souligne Philippe Francisco, adjoint au directeur matériaux et technologie du béton du Cerib.

 

Déchets bois : vers une nouvelle classification

Le bois représente, quant à lui, un gisement de 2 millions de tonnes de déchets par an, dont 43 % sont recyclés en matière, 34 % en énergie, le reste partant principalement en enfouissement. Comme le souligne Gérard Deroubaix, directeur du pôle environnement, économie et bioressources du FCBA, « la valorisation matière est fortement portée par les fabricants de panneaux de particules. En France, ces produits incorporent jusqu' à 35 à 40 % de bois recyclé, dont une part importante est issue du bâtiment, une autre de l'ameublement où il existe une filière REP (responsabilité élargie des producteurs) et une plus faible proportion de broyats de palettes et de chutes de production ». La valorisation énergétique, elle, s'opère en chaufferie bois ou en installation spécifique. Mais si le bois se réutilise bien dans son ensemble, toutes[…]

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