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Revêtements Maladies nosocomiales : prévenir plutôt que guérir

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Revêtements Maladies nosocomiales : prévenir plutôt que guérir

Selon les spécialistes d’épidémiologie et d’hygiène hospitalière, il devient impératif d’utiliser des matériaux réduisant la charge bactérienne dans l’environnement.

Des infections nosocomiales, contractées en milieu hospitalier, pourraient être évitées. Les professionnels de la santé et les directeurs d’hôpitaux sont de plus en plus nombreux à se tourner à titre préventif, vers des équipements architecturaux adaptés, assurant hygiène et sécurité. Cela leur permet de combattre cette contamination qui s’avère souvent mortelle, pour des malades par ailleurs affaiblis après une intervention. Des recherches démontrent qu’un simple contact de cinq secondes avec une surface contaminée suffit pour recueillir 99 % des bactéries présentes sur ladite surface. Outre le matériel médical, les hygiénistes sont confrontés à d’autres foyers d’infections, tels que sols et parois, vitrages, sanitaires, appareillages ou rideaux. Certains matériaux peuvent contribuer à les éradiquer. Ils peuvent être répartis selon la nature du produit anti­microbien ajouté. Soit le matériau est enduit du produit, soit le produit y est incorporé. L’action antimicrobienne peut également être inhérente au matériau même, comme pour certains métaux. Ces différents matériaux sont :

•des substances inorganiques telles que l’hydroxyde de calcium ou la chaux hydratée qui peuvent être ajoutées aux peintures. L’oxyde de zinc ou l’oxyde de titane peuvent être ajoutés aux textiles et aux enduits. L’oxyde de cuivre est utilisé pour imprégner ou enduire le coton ou les fibres polyester.

•Des composés organiques aux propriétés bactéricides ou bactériostatiques (ex. le triclosan, le dichlorophène, l’hexachlorophène, le triclocarbone, les composés d’isothiazoline) peuvent être ajoutés aux rideaux de douche, aux lamelles ­synthétiques, au lin…

•Des composants naturels tels que le liège, la résine, la sciure de bois, ou les métaux tels que l'argent, le titane ou le cuivre (voir encadré).

Les propriétés antibactériennes de l’argent sont bien connues et maîtrisées depuis la seconde partie du xixe siècle. Aujourd’hui, l’argent est fréquemment utilisé sous forme de nano-particules (entre 1 et 100 nm). Cette nanotechnologie est notamment utilisée pour donner aux peintures et aux enduits des propriétés fongicides et algicides. Par exemple, la peinture en poudre thermodurcissable Alesta AM de Dupont Powder Coatings, contient de l’argent élémentaire, ioniquement lié à de la zolithe, une matière céramique biocompatible. S’appliquant par procédé électrostatique, elle ralentit la croissance des bactéries et évite le développement des moisissures et champignons. Une nouvelle matière synthétique est conçue à base d’un support transparent en vitrocéramique et d’une liaison avec des ions argent. Certaines marques de flexibles de douches sont traitées à l’argent, l’industriel Hansgrohe parle d’une technologie “ Nano-Flash ” dans laquelle les ions argent positifs dégagent une charge électrique qui perturbe le métabolisme des bactéries.

Réduire la charge bactérienne dans l’environnement

Si l’action des ions argent a déjà fait ses preuves depuis longtemps, leur intégration dans un revêtement de sol souple est récente sur le marché. Mais le problème est plus complexe car un sol doit également répondre à d’autres exigences. Les professionnels de la santé interrogés sur ce sujet hiérarchisent leurs réponses. Première exigence, une grande résistance aux produits chimiques (bétadine, l’éosine, dakin, fluorescine et hibiscrub). Deuxièmement, la capacité de détruire les bactéries pathogènes et les virus tout au long de leur durée de vie . Ensuite, la résistance aux charges lourdes. Et enfin, les propriétés acoustiques. De plus, les protocoles d’entretien prévoient un nettoyage à la vapeur en alternance avec un bionettoyage désinfectant. C’est pour répondre à tous ces impératifs que Forbo Sarlino a conçu la gamme de sols PVC Sarlon Quartz Opus, intégrant un traitement antibactérien et antifongique (Bacteri’Protect) ainsi qu’un traitement de surface (Overclean). Ce dernier est insensible aux agents tachants et aux produits chimiques et supprime toute métallisation. Efficace dans le secteur hospitalier, le traitement antibactérien supprime jusqu’à 99,9 % des micro-organismes au bout de 24 h. De plus, il offre une résistance élevée à l’usure et au poinçonnement (pr = 0,08 mm) et une efficacité acoustique de 17 dB. Autre type de produit mural, ­lessivable et brossable, le revêtement en PVC sur envers papier Panoline de Muraspec est revêtu d’une couche de résine matifiante avec traitement antibactérien BioPruf. Les produits verriers peuvent également contribuer à préserver l’hygiène. Détruisant quasiment toutes les bactéries se déposant sur sa surface, le verre antibactérien AntiBacterial Glass proposé par AGC Flat Glass Europe élimine les micro-organismes dès qu’ils entrent en contact avec sa surface, grâce à un procédé consistant à diffuser des ions d’argent dans les couches supérieures du verre. Ces derniers interrompent le processus de division des bactéries, conduisant ainsi à leur destruction. La fonctionnalité du verre ne diminue pas au fil du temps. Ce verre peut être utilisé pour toutes sortes de surfaces, des vitrages aux revêtements de murs, en passant par les tables de travail, les paillasses de laboratoires…

Les revêtements se sols et de murs en céramique proposent une autre technologie. Par exemple, la technologie Hydrotect de photocatalyse à base de dioxyde de titane offre trois avantages aux céramiques de Agrob Buchtal : l’effet antibactérien, la facilité de nettoyage et la fonction désodorisante. Permanent, l’effet photocatalytique de cette finition – solidarisé par cuisson à très haute température – agit sous un éclairage ambiant normal qui active l’oxygène pour décomposer germes et bactéries.

Étant donné l’importance de l’offre en matériaux antimicrobiens, le choix de l’hygiéniste hospitalier est difficile.

Toutefois, si l’emploi de ces matériaux contribue à la prévention de la transmission de micro-organismes, cela ne rend pas pour autant superflues les procédures d’hygiène standardisées.

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