Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

Dossier

Revêtements de sols et murs : confort, créativité et hygiène

Sujets relatifs :

Revêtements de sols et murs : confort, créativité et hygiène

1. La mise en œuvre d’un sol PVC sur sous-couche d’interposition, après « gommage » de la colle.

Le choix des revêtements de sols et de murs des lieux destinés à la petite enfance obéit à des contraintes spécifiques, tant pour les matières que pour les teintes retenues.

E n construction neuve et en rénovation, les approches sont différentes. Dans le premier cas, les concepteurs ont une vision globale des aménagements et choisissent les matériaux en fonction des lieux (salles de classes, zones de repos, lieux de restauration, bureaux…). Le choix d’un ­revêtement dur, facile d’entretien mais peu performant acoustiquement, est compensé par le choix d’un plafond acoustique. Lors d’une rénovation, le remplacement des sols ne s’accompagne pas systématiquement de travaux sur les autres parties de l’espace. Il y a une quinzaine d’années, des expériences ont été tentées pour mettre en œuvre des sols textiles dans les salles de classes. Le confort et les résultats acoustiques étaient probants, mais les maîtres d’ouvrage, tout comme les utilisateurs, n’ont jamais été convaincus. Néanmoins, les moquettes en dalles et surtout les produits de type Flotex ont su parfois s’imposer grâce à leur facilité d’entretien, à leurs atouts techniques et à leur résistance. Malgré les performances de ces sols textiles, les sols souples – PVC et, dans une moindre mesure, linoléum – restent privilégiés dans les écoles maternelles. La résistance à l’usure est élevée et les fabricants proposent des gammes de produits adaptées à toutes les contraintes (voir encadré). Les éventuelles chutes au sol sont bien amorties, et l’hygiène adaptée aux jeunes enfants qui jouent à terre. Les gammes de teintes et d’aspects des linoléums sont plus importantes comparées aux sols PVC et les possibilités d’incrustation quasiment infinies. Leur succès relatif semble surtout provenir d’un manque d’entreprises qualifiées, alors qu’il s’agit d’un revêtement ­extrêmement durable et valorisant. Tous compatibles avec des systèmes de chauffage par le sol, les sols souples sont collés en plein avec une colle acrylique. Selon les performances acoustiques à atteindre (bruit d’impact et bruits de marche), les sols PVC et les linoléums reçoivent une sous-couche acoustique : mousse surdensifiée, sous-couche liège…

Peintures, stratifiés et faïences sur les murs

Dans les lieux destinés à la petite enfance, les sols souples couvrent 70 % des surfaces (dont 7 à 10 % de linoléum) ; le carrelage, 25 à 30 % des surfaces. Soit 2 à 3 % pour les sols textiles sous toutes leurs déclinaisons.

La protection des revêtements de sols, quelle que soit leur nature, doit être assurée dès l’entrée des locaux par des tapis de propreté rigides et suffisamment longs (au minimum 2 m) pour être utiles. Leur fonction est de retenir la majorité des éléments abrasifs et de limiter la pénétration des détritus humides et salissants. Les tapis de propreté amovibles, montés sur fosse et constitués de structures ajourées, sont très ­efficaces pour les lieux en contact direct avec un extérieur très pollué (boue, neige, gravillons…). D’autres systèmes plus simples (ex. mélange de laine et de fibres dures) permettent de retenir une part importante de l’humidité et de saletés. Dans les régions difficiles, par exemple en zone de montagne, certains concepteurs prescrivent en amont la mise en place de caillebotis qui permettent d’aborder les tapis de propreté avec une partie de la boue et/ou de la neige en moins. Le choix d’un tapis de propreté adapté évite le passage après la pose d’un film complémentaire de protection sur les sols. Les fabricants proposent également des contrats de maintenance, aux cycles d’interventions adaptés à la fréquentation des lieux.

Décor, couleur et luminosité

Par leurs qualités de durabilité, d’hygiène, de formes, mais aussi d’esthétique, les revêtements stratifiés sont plébiscités. Cela concernait au départ des zones plutôt « sanitaires » et nécessitant un nettoyage fréquent. Actuellement, les concepteurs et les fabricants cherchent à étendre les domaines d’application. Ces produits permettent toutes les combinaisons esthétiques. La feuille supérieure (qui constitue le décor) peut prendre des aspects très variés. Ces revêtements sont très résistants aux sollicitations mécaniques, aux rayures et aux dégradations de toutes sortes. Ils sont également ­durables, lavables, résistants à l’humidité, mais aussi aux bactéries. Enfin, la tenue au feu permet de répondre sans difficultés aux normes en vigueur en milieu scolaire. Néanmoins, leur coût relativement élevé les cantonne à des zones limitées, et les surfaces simplement peintes restent très majoritaires. Les produits solvantés sont quasiment abandonnés. Les maîtres d’ouvrage imposent des peintures sans odeur présentant le moins possible de substances nocives.

Les marquages « Ange bleu » pour les produits en provenance d’Allemagne, ou « NF Environnement » en France, garantissent aux applicateurs comme aux utilisateurs les produits les plus sains. Dans les locaux sanitaires, le carrelage au sol et la faïence au mur sont omniprésents pour des raisons d’hygiène et de ­facilité de maintenance. L’usage de ­carreaux de grandes dimensions est une tendance, autant pour des raisons de rapidité de pose que de limitation des joints, car ces derniers sont les plus difficiles à maintenir propres dans le temps. Enfin, pour éviter les ­incidents que peuvent provoquer les angles vifs, les parties ­saillantes situées dans les circulations et les aires de jeux doivent être éliminées ou protégées sur une hauteur de 1,50 m. Pour éviter de provoquer des chutes et des blessures, les sols des espaces de jeux et de récréation ne doivent pas présenter d’obstacles, tels que marches ou bordures.

Dans ces lieux, l’importance des couleurs et des formes est primordiale, qu’il s’agisse des murs et plus encore des sols. Les enfants des classes maternelles disposent de capacités visuelles qui n’ont pas encore atteint leur maturité, et sont donc particulièrement fragiles. D’autre part, ces enfants pratiquent des activités d’éveil et non de travail : l’ambiance, l’éclairement et l’éclai­rage doivent y être spécifiquement étudiés. Les concepteurs doivent éviter les forts contrastes de luminance, qu’ils peuvent remplacer par des contrastes de couleurs, pour créer une ambiance gaie et récréative. Les différentes publications liées à la conception des écoles maternelles conseillent des murs plutôt neutres et apaisants alors que les teintes vives, les décors et les dessins sont mis en avant pour les sols. En effet, l’univers du petit enfant se situe d’abord à ces niveaux. De ce fait, les ­fabricants de sols souples et de linoléums proposent des gammes de teintes très larges, avec d’immenses possibilités d’incrustations, de dessins et de logos.

Dans les lieux destinés à la petite enfance, les orangés et les jaunes dominent au sol. En revanche, ­certains spécialistes déconseillent le bleu dans les zones de restauration, car cette teinte aurait une influence négative sur l’appétit !

Classement UPEC requis dans les écoles maternelles

Bien que théoriquement supplanté par la réglementation européenne, le classement Upec est toujours d’un usage courant en France. En fonction des zones, les performances minimales suivantes doivent être respectées.
Repérage Désignation Classement Upec
S1 Hall d’entrée, aire d’accueil et de détente U4 P3 E2 C1
S2 Escaliers et paliers U4 P3 E2 C1
S3 Circulations, dégagements à rez-de-chaussée U4 P2 E2 C0
S4 Salle de classe, salle de repos et d’exercice ouvrant sur l’extérieur U4 P3 E2 C0
S5 Salle de classe n’ouvrant pas sur l’extérieur U3 P3 E2 C0
S6 Circulations, dégagements en étage U3 P2 E2 C0
S7 Salle de repos ne donnant pas sur l’extérieur U3s P3 E1 C0
S8 Local ouvert : rassemblement, abri et détente (préau ) U4 P4 E3 C2
S9 Vestiaire, atelier… U3 P2 E2 C2

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°264

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2006 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news hebdo Cahiers techniques du batiment

Nous vous recommandons

Les gares passent en classe confort

Dossier

Les gares passent en classe confort

Conjuguant projet de transport et projet urbain, les gares françaises, rénovées ou nouvellement construites, doivent s'adapter à l'évolution des usages - intermodalité, mobilité,[…]

21/12/2018 | ERP
Dossier gares (5/5) - Le bruit à l'épreuve des grands espaces

Dossier

Dossier gares (5/5) - Le bruit à l'épreuve des grands espaces

Dossier gares (1/5) - Nécessaires cures de jouvence

Dossier

Dossier gares (1/5) - Nécessaires cures de jouvence

Dossier gares (2/5) - Espaces à vivre et à parcourir

Dossier

Dossier gares (2/5) - Espaces à vivre et à parcourir

Plus d'articles