Revêtements de sols Des dalles en sulfate de calcium testées au centre Pompidou

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Revêtements de sols Des dalles en sulfate de calcium testées au centre Pompidou

Utilisé comme plenum de ventilation, le plancher doit être bien étanché au niveau joint. La coloration des dalles obéit au choix de l’architecte. Pour le prototype, le client a choisi une teinte plus sombre que celle retenue par SBA pour les dalles actuellement en test à Paris.

Destinées au centre Pompidou de Metz et actuellement testées à Paris, ces dalles de plancher technique, utilisées avec un revêtement de protection, sont ici utilisées nues avec 324 trous de ventilation.

En empruntant le sas de sortie du centre Georges-Pompidou à Paris, les visiteurs du bâtiment participent, depuis le 5 août dernier, à un test. Des dalles en sulfate de calcium ont été posées à cet emplacement car il enregistre le plus grand nombre de passages. L’agence Shigeru Ban Architects Europe, envisageant de les mettre en œuvre dans les galeries d’exposition et la grande nef – espace dédié à la présentation d’oeuvres de très grande dimension – du Centre Pompidou-Metz actuellement en construction, souhaitait une mise à l’épreuve du produit en le soumettant à un flux de public important.

Deux options s’offraient aux architectes : la première prévoyait la mise en œuvre d’un plancher monolithique constitué de dalles jointoyées et collées les unes aux autres. Des trappes de visite réparties sur la surface assuraient l’accès aux équipements situés dans le plenum (câbles électriques, registres de ventilation, etc.) pour le nettoyage et la maintenance. Seconde solution : fixer des dalles amovibles, permettant d’accéder en n’importe quel point aux équipements électriques ou aux registres de ventilation.

Encore fallait-il que les déformées du bâtiment ne soient pas trop importantes, ce qui est le cas. Cette option a donc été retenue.

Mise en place de deux prototypes

En vue de valider le choix du matériau, deux prototypes de sols ont été réalisés in situ dans la première galerie d’exposition, début octobre. Sur les 14 m de largeur du tube, des dalles pleines en aggloméré renforcées d’une plaque de tôle en sous-face ont été posées d’un côté. Dans cette solution, quatre rangées de dalles métalliques perforées seront ménagées sur la longueur de la galerie, de manière à assurer la ventilation via un soufflage en vrac depuis le plenum du faux plancher. De l’autre côté, des dalles en sulfate de calcium ont été posées.

Ces dalles présentent une particularité : des perforations de 6 mm de diamètre disposées selon un pas de 32 mm entre axes. Chacune comporte ainsi 324 trous. « Ces perforations, réparties sur toute la surface du sol, permettent la mise en place d’un plancher soufflant à faible débit. Par convection, la couche d’air ainsi formée remonte doucement du sol vers les bouches d’extraction situées en plafond », explique Rahim Danto Barry, architecte chef de projet chez Shigeru Ban Architects Europe. À l’origine de cette idée, les maîtres d’œuvre ont suscité l’adhésion d’Auguste de Meyer, pdg d’AEG Belgium qui développe le produit.

Composées de plâtre, de fibres de cellulose non blanchies et d’un liant alpha hémihydrate, les matières premières des dalles sont sans émissions et recyclables entre 90 et 97 %. De 60 x 60 cm par 40 mm d’épaisseur, chaque dalle, d’environ 20 kg, est posée sur vérins en acier galvanisé réglables en hauteur. Les chants, équipés de protection en PVC noir évitant l’abrasion latérale, sont biseautés selon un angle de 5° pour une pose et un retrait aisés, facilitant ainsi l’accès aux équipements pour la maintenance. En perçant les dalles, le fabricant en affaiblit la résistance. Pour répondre au cahier des charges du centre Pompidou-Metz, l’industriel met en œuvre un vérin supplémentaire au centre de chaque unité ; il assure ainsi une résistance de 2 tonnes/m2 pour la grande nef et de 1 tonne/m2 pour les galeries-tubes. Les dalles seront ici laissées apparentes et simplement recouvertes d’une couche de peinture à base d’une dispersion copolymère d’un aspect mat velouté protégé par un vernis d’où l’impératif de procéder à un test d’usure. Le test dans le sas de sortie du Canopy au centre Pompidou de Paris offre les conditions d’usage les plus drastiques. « Les conditions d’essai sont plus sévères que dans le cas d’un usage normal car le sas concentre tous les passages. Dans les salles d’exposition, les visiteurs se répartissent sur toute la surface du plancher », précise Auguste de Meyer. Fin octobre, plus d’un million de visiteurs avaient déjà foulé les dalles en place au centre Pompidou ­Paris. Entre 12 000 et 24 000 visiteurs par jour, la moyenne est de 17/18 000 passages. Lorsque le seuil de 1,1 million sera franchi, un laboratoire agréé délivrera une garantie décennale pour ce type inédit de mise en œuvre. Sachant que 120 000 visiteurs annuels sont attendus pour ­visiter les salles d’exposition de Metz, ce système de plancher innovant devrait pouvoir passer l’épreuve haut la main !

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