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Revêtement en zinc pour une enveloppe courbe

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Revêtement en zinc pour une enveloppe courbe

Au milieu des pavillons parallélépipédiques d’un quartier de Bures-sur-Yvette, dans l’Essonne, on croise une maison à la toiture tout en courbes. L’associant au bois, qui constitue l’ossature et le bardage de la maison, l’architecte a misé sur le zinc pour son adaptabilité.

Malgré un permis de construire déposé en mai 2011, le propriétaire souhaitait que cette maison particulière située à Bures-sur-Yvette (91) soit d’un niveau de performance énergétique équivalent à celui exigé par la RT 2012. « Nous ne visions pas spécifiquement un label BBC, explique Philippe Regelsperger, architecte associé chez CRE Architectes. C’était plutôt un choix militant du maître d’ouvrage. Il nous a logiquement conduits à concevoir une maison à la façade sud ouverte et lumineuse et à la façade nord fermée. D’où l’idée que, côté nord, la toiture devienne aussi façade. »

Pour couvrir cette toiture aux formes courbes, le choix s’est porté sur le zinc pour des raisons d’adaptabilité. La capacité du matériau à être façonné sur place assurait un traitement plus précis des détails, en particulier les profils de raccords entre les différentes vagues. Parce que la toiture descend jusqu’au sol sur un pan de la façade nord, c’est une trame de façade, 43 cm, qui a été retenue, plus étroite que la trame de 60 cm habituellement utilisée en toiture. Intérêt : éviter le « gondolage » de la tôle.

Joint debout

Toujours pour assurer une esthétique sans défaut, l’épaisseur du zinc prévue initialement en 0,7 mm a été augmentée d’un dixième à 0,8 mm. Les bacs cintrés, dont certains atteignent 9 m, sont préformés en atelier par l’entreprise Leroux Couverture équipée de cintreuses numériques.
Les tôles sont liaisonnées par joint debout. « Ce type de joint est plus fragile que la traditionnelle couverture à tasseaux que l’on rencontre beaucoup à Paris, mais la maison est en retrait de la rue et il y a donc très peu de risque que les joints soient abîmés du fait de chocs, explique Philippe Regelsperger. Esthétiquement, celui-ci est plus fin et donc la toiture plus uniforme. » Techniquement, le choix du joint debout évite la pose de tasseaux et, de facto, la facture est moindre. L’assemblage des bacs consiste à poser la partie femelle du bac sur le bourrelet mâle du bac contigu. Le joint est alors serti sur toute sa longueur. La liaison avec le bac en amont se fait, elle, par agrafure. « Une agrafure simple avec un recouvrement sur 18 cm convient bien, puisque la pente est suffisamment forte à la jonction entre les bacs », détaille Thomas Leroux, gérant éponyme de la société de couverture. Peu de risque de voir l’eau aspirée à l’intérieur, du fait de la ventilation de la toiture.
Sous les bacs en zinc, on trouve des voliges disposées en continu perpendiculairement à la pente. Un temps envisagé, le voligeage croisé - une première couche de voliges est disposée à 45°, la seconde à 135° - n’a finalement pas été nécessaire. « Ce type de configuration évite au zinc de faire ressortir les points durs de la charpente comme les pannes, explique Thomas Leroux. Dans notre cas, la toiture restait parfaitement lisse. Nous avons donc abandonné la solution à voligeage croisé. » Sous les voliges, une lame d’air a été réservée à l’aide de tasseaux.
On trouve, ensuite, le pare-pluie, une isolation phonique constituée de panneaux de fibres de bois et des panneaux-sandwich de toiture à base de polystyrène. « L’un des inconvénients de la toiture zinc, c’est qu’elle répercute le bruit de la pluie, constate Philippe Regelsperger. Les panneaux polystyrène n’assurant aucune isolation phonique, nous avons donc complété avec de la fibre de bois. »
Côté performance thermique, avec des R respectifs de 6,11 et 1,22, on atteint 7,33 (m 2 .K)/W. Le strict respect de la RT 2012 aurait réclamé 8 (m 2 .K)/W (valeur pour des combles aménagés). « L’autre avantage de la fibre de bois tient dans son inertie thermique, dont est dépourvu le polystyrène », souligne Christophe Vincent, gérant de la société Greenstep en charge des lots charpente et ossature bois.

N°326

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